[Rapport] Le Système Bolloré, édition 2026
Le diagnostic établi dans notre rapport Le Système Bolloré, de la prédation financière à la croisade politique, publié en 2025, s’est depuis confirmé et l’alignement entre le groupe Bolloré et l’extrême droite s’est accru. Attac et l’Observatoire des multinationales publient une version augmentée avec plus d’un an de mise à jour d’informations, pour mieux comprendre les rouages de ce système et le combattre.

Aujourd’hui, l’une des plus importantes fortunes de France, Vincent Bolloré, a mis une partie de son empire dans les médias, la culture et la communication au service de ses idées ultraconservatrices.
Il incarne en France une alliance de l’argent et de l’extrême-droite. Un système où la finance prend le pas sur l’économie, où les milliardaires mettent la main sur les médias et la culture et où les connivences politiques permettent d’engranger des profits juteux au détriment des peuples et de la planète.
Qu’est-ce qui a rendu possible ce système ? Comment fonctionne-t-il ? Quelles conséquences sur notre démocratie ? Qu’incarne-t-il aujourd’hui ? Ce sont quelques unes des questions auxquelles répond Le Système Bolloré, de la prédation financière à la croisade politique.
Ce document de 90 pages inclut de nouvelles infographies et informations venant compléter notre enquête publiée en 2025. Les principaux ajouts portent notamment sur la concentration de pouvoir que Bolloré a pu accumuler dans le secteur de la culture et des médias, sur ses déboires judiciaires ainsi que sur ses liens avec d’autres milliardaires favorables aux idées d’extrême droite.
Parce que le système Bolloré représente une menace démocratique de premier plan, il faut en comprendre les rouages pour mieux le combattre !
Les addendums principaux de l’édition 2026
- Le système Bolloré est une machine de guerre culturelle : en témoignent la sur-représentation des livres Fayard et la visibilité disproportionnée du JDNews dans les Relay, les recrutements de journalistes de la Bollosphère par le service public audiovisuel et les journaux de droite, la mise au pas des maisons d’édition (y compris dans la catégorie des manuels scolaires) et des magazines Prisma, la censure de projets dans le cinéma... Et ce n’est pas fini puisqu’on sait maintenant que Bolloré a tenté d’acheter les médias d’influence Konbini et Brut en 2025.
- Face au système Bolloré et aux menaces qu’il fait peser sur le monde de l’édition, du cinéma ou du journalisme, les lois sont inadaptées. Les autorités de régulation, comme l’Arcom, ne sont pas assez dissuasives. Dans les médias comme dans les autres secteurs, la culture du groupe Bolloré a toujours été de jouer avec les règles et d’aller aussi loin qu’il le pouvait tant qu’il ne faisait pas l’objet de véritables sanctions.
- Le secteur des médias et de la culture représente désormais 90% de l’empire Bolloré. Une partie de ces activités, en déficit, est mise au service de l’extrême droite, financée par la partie mainstream et rentable.
- Les relations entre Vincent Bolloré, la famille Dassault, Bernard Arnault et Pierre Édouard Stérin : les stratégies de chacun sont complémentaires et permettent aux uns de rendre services aux autres à travers les acteurs médiatiques et économiques qu’ils contrôlent, le tout en favorisant les idées d’extrême droite.
- Les affaires de corruption autour des entreprises Bolloré n’en finissent plus en Afrique. Les concessions du port de Lomé, au Togo, et de Conakry, en Guinée ont valu au milliardaire une mise en examen et un procès en 2026 liés aux activités d’Havas et aux élections présidentielles togolaises et guinéennes. Le 21 mai 2026, le milliardaire a quant à lui déposé plainte contre les juges du tribunal de Paris pour « association de malfaiteurs », « entrave à l’exercice de la justice », « abus d’autorité » et « manquement à la probité » !
- En avril 2025, la Cour d’appel de Paris donnait raison au fonds CIAM, en considérant que le groupe Bolloré contrôlait de fait Vivendi, même avec moins de 20% des actions, obligeant Bolloré à lancer une OPA. Mais les pourvois en appel et cassation se poursuivent. Aujourd’hui, le CIAM, dont le jugement a été renversé, poursuit la résistance en justice.
- La montée au capital de Rubis (acteur clé du stockage et de la distribution d’hydrocarbures en France et en Europe, mais aussi dans les Antilles et en Afrique) est représentative des méthodes de Vincent Bolloré et de ses investissements dans le secteur des énergies fossiles. Grâce à une de ses filiales luxembourgeoises, Bolloré s’est associé à un homme d’affaires proche de l’extrême droite, Patrick Mollis, pour prendre le contrôle de la structure et ainsi réaliser de larges plus-values. La famille Dassault est aussi actionnaire du groupe Rubis.
- Avec la cession de ses activités portuaires et logistiques, le groupe Bolloré est maintenant assis sur non pas 5,3 mais 5,6 milliards d’euros. On ignore aujourd’hui quels investissements en bénéficieront.
