Plan de justice fiscale : 100 milliards pour financer les urgences sociales et écologiques
À l’ouverture des débats sur le projet de loi de finances de 2027 et alors que la jeunesse se mobilise dans la rue pour pouvoir étudier dans des conditions dignes, Attac publie un plan en 10 mesures de justice fiscale pour récupérer plus de 100 milliards d’euros afin de financer les urgences sociales et écologiques.
Nous sommes 69 millions de victimes de l’injustice fiscale en France. Après les pompiers et la fonction publique, ce sont désormais les lycéennes qui se mobilisent pour protester contre la destruction des services publics et un avenir bouché. Au-delà, c’est la société toute entière qui subit les conséquences des coupes budgétaires. Pourtant l’argent existe : les plus riches n’ont jamais été aussi riches et les dividendes distribués par les multinationales françaises n’ont jamais autant coulé à flot.
Des mesures simples et efficaces doivent être mises en œuvre pour mettre fin à l’injustice fiscale. Nos 10 mesures prioritaires permettraient de récolter au moins 100 milliards d’euros par an pour financer les besoins sociaux et écologiques. Il faut le dire et le redire : ce n’est pas l’argent qui manque, mais la volonté politique de faire payer à chacun sa juste part d’impôts. Face au front uni en défense des ultra-riches, du centre à l’extrême-droite, renforçons la mobilisation citoyenne pour la justice fiscale !
Le contexte
Face à la crise climatique, sociale, budgétaire et démocratique, la justice fiscale apparaît plus que jamais comme une nécessité. Une meilleure taxation des plus riches et des grandes entreprises permettrait de débloquer des moyens pour répondre aux urgences du moment et financer les besoins de long terme : renforcer les services publics, atténuer et s’adapter aux conséquences des dérèglements climatiques. C’est le sens de la mobilisation lycéenne ; c’est également le sens de la mobilisation des pompiers démunies face aux méga-feux et aux catastrophes climatiques.
Pourtant le gouvernement se cramponne à une politique outrageusement favorable aux ultra-riches et aux multinationales. Les cadeaux fiscaux aux plus fortunés ont pour contrepartie l’austérité budgétaire imposée aux services essentiels – aux soignantes, aux enseignantes et élèves, aux pompiers et toutes celles et ceux qui contribuent à rendre notre société vivable.
Aucune réponse à la hauteur des enjeux n’est apportée, ni à la crise climatique, ni à celle du coût de la vie résultant notamment de la hausse du prix de l’énergie. Pire : les politiques et allocations sociales, qui permettent de lutter contre l’extrême pauvreté, sont pointées du doigt comme responsables des déficits. Ce faisant, le gouvernement entraîne le pays droit dans le mur.
Il n’est pas le seul : libéraux et conservateurs s’accordent tous sur le refus d’augmenter l’impôt des plus riches et des multinationales au prix de coupes drastiques dans les dépenses publiques. L’extrême droite joue la surenchère dans la destruction des services publics : Marine Le Pen a annoncé que le RN mettrait en œuvre, s’il gouverne, un “effort radical” de 140 milliards d’euros d’économies d’ici à 2032. Sarah Knafo (Reconquête) appelle quant à elle à la suppression de 800 000 postes de fonctionnaires.
Dans le cadre de la préparation du budget 2027, ce sont 54 milliards d’euros d’économie supplémentaires qui ont été annoncés par le gouvernement. Le caractère massif des coupes annoncées dans les budgets sociaux et écologiques est justifié selon Sébastien Lecornu par la menace d’une dette toujours plus importante. Par aveuglement idéologique ou par cynisme (car de l’argent, il y en a pour augmenter de manière astronomique les dépenses militaires), le gouvernement refuse de voir l’évidence : cette dette est avant tout celle de l’injustice fiscale. Elle a été creusée par une politique fiscale qui accroît les inégalités au lieu de les corriger, et qui accompagne le séparatisme fiscal des ultra-riches.
Nous avions réalisé le calcul dans un précédent rapport : en tout depuis l’élection d’Emmanuel Macron jusqu’en 2023, les cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises comptent pour près de 207 milliards d’euros, soit près d’un quart de l’augmentation de la dette sur cette période. À ce manque à gagner s’ajoute la baisse des recettes fiscales due à l’effet récessif des politiques d’austérité. Au nom d’une prétendue lutte contre les déficits, le gouvernement s’accroche à une politique budgétaire inepte. Rompre avec cette politique délétère est désormais une urgence vitale.
Et le vent tourne : 86% des Françaises plébiscitent la taxe Zucman, 78% estiment que les entreprises qui utilisent des paradis fiscaux pour réduire leurs impôts ne doivent plus recevoir d’aides publiques… La population réclame la justice fiscale au-delà des clivages partisans. Au niveau international également cette dynamique gagne du terrain : référendum du 3 novembre 2026 en Californie pour mettre en place un impôt plancher sur la fortune des milliardaires de la Silicon Valley, élaboration d’une convention-cadre des Nations Unies sur la fiscalité… L’heure est venue de mettre réellement les multinationales et les ultra-riches à contribution.
Les mesures











