Pour une conception matérialiste des biens communs
Dossier : les biens communs, , par
La crise du capitalisme mondial est à la fois une crise du régime d’accumulation qui s’est imposé à la fin du XXe siècle, dont la racine sociale est essentielle, et une crise du principe même d’accumulation infinie, dont la racine est écologique : le capital vient buter sur une difficulté accrue pour produire et réaliser de la valeur, c’est-à-dire arracher toujours plus de valeur à une force de travail surexploitée sur une base matérielle en voie de dégradation ou d’épuisement. L’extension de la marchandise ne peut donc être infinie. Ainsi s’explique la tentative des forces du capital de repousser encore plus loin la frontière de la propriété privée pour englober l’espace non marchand, les connaissances, les ressources naturelles et tout le vivant, en espérant recréer une dynamique durable de rentabilité. La résistance pratique à cette poussée a mis à l’honneur le renouveau de la discussion théorique autour des biens communs.
