Solidarité avec le peuple palestinien ! Non à la proposition de loi Yadan !

Mobilisons-nous pour le droit et pour nos libertés.
jeudi 8 janvier 2026, par Attac France, CNPJDPI

Les organisations du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, dont Attac est membre, appellent à une manifestation le 11 janvier à Paris (RDV 14h à République) et à un rassemblement le mardi 20 janvier à proximité de l’Assemblée nationale (RDV à 13h place Édouard Herriot).

En ce début d’année 2026, et malgré le cessez-le -feu annoncé le 10 octobre 2025, la population palestinienne de la Bande de Gaza continue de subir les attaques incessantes de l’armée israélienne, qui ont fait plus de 400 morts et près de 1200 blessés depuis le 10 octobre, et des conditions de vie inhumaines sous des tentes ou abris de fortune, aggravées par des conditions hivernales particulièrement dures. L’armée israélienne continue d’occuper plus de la moitié du territoire de la bande de Gaza et applique d’innombrables restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire pourtant indispensable. Israël, avec l’appui des États-Unis, menace de reprendre des bombardements à grande échelle. Les projets pour les phases suivantes du cessez-le-feu, exclusivement discutées entre Israël et les États-Unis, restent marquées par une logique coloniale et ne laissent aucune place au droit à l’autodétermination du peuple palestinien.

En Cisjordanie, dont Jérusalem-Est, la colonisation israélienne se poursuit à marche forcée, le territoire est en état de siège, avec des points de contrôle jusqu’au cœur des villages ; les expulsions d’habitants et les destructions massives d’habitations se poursuivent. Les colons surarmés, protégés par l’armée d’occupation, multiplient les exactions contre les Palestiniens, leurs récoltes, leurs plantations d’oliviers. Plus de 1000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis octobre 2023.

Plus de 10.0O0 prisonniers politiques palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes, dans des conditions inhumaines et au mépris du droit international.

Le gouvernement israélien vient d’interdire l’entrée à Gaza de 37 ONG internationales qui apportent un soutien indispensable à la population palestinienne. Le parlement israélien vient aussi de renforcer les mesures d’interdiction des activités de l’UNRWA, alors que cette agence officielle de l’ONU est un maillon indispensable à la survie de la population palestinienne. Alors que les ministres des Affaires étrangères de dix États dont la France ont pointé la gravité de la situation humanitaire à Gaza et les dangers d’une telle décision, le ministre des Affaires européennes Benjamin Haddad et la députée européenne Nathalie Loiseau ont relayé et amplifié les affirmations diffamatoires des officines israéliennes qui ont préparé à cette décision. Nous demandons leur démission. Faut-il rappeler aussi que les médias internationaux sont interdits d’entrée à Gaza depuis 27 mois, et que cette interdiction est maintenue trois mois après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu ?

C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale a mis à son ordre du jour la proposition de loi (PPL) présentée par la députée Caroline Yadan comme « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Cette proposition de loi étend très largement l’utilisation très controversée du délit d’apologie du terrorisme pour réprimer l’expression d’opinions sur des faits liés à des conflits armés. Elle introduit un nouveau délit, celui de la contestation de l’existence d’un État, muselant dans les faits toute critique de l’État d’Israël tel qu’il se définit aujourd’hui et de sa politique. Elle assimile au négationnisme toute « insinuation, comparaison ou analogie » que l’on pourrait faire s’agissant d’Israël. Alors que la lutte contre l’antisémitisme et toutes les autres formes de racisme est un sujet grave et sérieux qui devrait mobiliser dans l’unité l’ensemble de la population de notre pays, la PPL Yadan l’instrumentalise et la détourne pour en faire une arme contre notre liberté d’expression. Nous en demandons le retrait immédiat.

Au Royaume-Uni, huit militantes et militants, qui avaient mené une action contre l’industrie militaire israélienne, ont été arrêtés et trois d’entre elles et eux sont toujours en grève de la faim depuis le 2 novembre et maintenant en danger de mort. Nous leur manifestons notre solidarité et exigeons leur libération immédiate.

Nous exigeons :

  • L’accès complet et sans restriction à Gaza de l’aide humanitaire, des ONG internationales, de la presse internationale, et le retrait complet des troupes israéliennes,
  • La fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid, et l’exercice du droit au retour des réfugiés palestiniens,
  • Le respect du droit à l’auto-détermination du peuple palestinien, et la libération des prisonniers politiques palestiniens,
  • Des sanctions contre Israël, qui viole le droit international et les droits humains depuis des décennies,
  • Le respect des décisions de la CPI : Netanyahou, sous mandat d’arrêt, ne doit pas pouvoir survoler le territoire français sans être arrêté.

Nous refusons toute instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme et exigeons le retrait de la PPL 575 « Yadan » de l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

RDV à Paris

 

  • manifestation le dimanche 11 janvier à 14h00 au départ de République,
  • rassemblement le mardi 20 janvier à 13h place Édouard Herriot, à proximité de l’Assemblée nationale.