Sommet européen de Bruxelles : des milliers de citoyens disent non au TAFTA

vendredi 19 décembre 2014, par Collectif Stop TAFTA

Ce 19 décembre 2014 aux aurores, 4 500 personnes se sont rassemblées à Bruxelles, à l’appel de la coalition belge de mouvements sociaux et citoyens D1920 [1], pour protester contre les traités transatlantiques et les politiques d’austérité en Europe.

Face à un impressionnant dispositif policier, elles ont entrepris d’encercler le Sommet Européen - la réunion bi-annuelle des chefs d’État et de gouvernement européens où les grandes orientations de la politique des 28 sont décidées - d’abord par plusieurs rassemblements le long du périmètre de sécurité, puis par une marche qui a permis d’opérer la jonction entre ces rassemblements.

Une partie de ces organisations et citoyens a occupé ce matin le bâtiment de l’organisation Business Europe, un des principaux lobbies pro-TAFTA en Europe. Un second groupe s’était installé dans les locaux de FoodDrink Europe, le lobby européen de l’industrie agro-alimentaire, exigeant notamment la publication par la Commission Européenne des chapitres Agriculture et Produits sanitaires et phytosanitaires en l’état actuel du projet d’accord transatlantique. Tous ont réclamé l’arrêt des négociations.

Les chefs d’État et de gouvernement des 28 n’avaient cependant pas attendu ce vendredi, second jour du Sommet, pour quitter la capitale belge, satisfaits d’avoir réglé tous les problèmes de l’UE en moins d’une journée de travail commun.

Les politiques d’austérité imposées dans la plus grande partie de l’Europe jettent des millions de personnes dans la précarité et l’absence de protection sociale tant que l’UE radicalise sa politique de compétitivité internationale et s’échine à conclure des accords de libéralisation commerciale qui obligeront les peuples d’Europe à sacrifier encore un peu plus de leurs droits et de leur souveraineté. Des centaines de migrants meurent chaque année aux frontières de l’UE et la guerre entre la Russie et l’Ukraine se poursuit. Mais, qu’à cela ne tienne, les dirigeants de l’UE ont préféré regagner leurs capitales respectives plutôt que consacrer 12 heures de plus à des sujets de compétence pourtant largement communautaire.

Ce sont cet aveuglement et cette indifférence qu’étaient venus dénoncer les milliers de manifestants réunis sous la bannière du D1920 aujourd’hui à Bruxelles, afin que les chefs d’État et de gouvernement ne puissent plus mépriser leurs demandes, en premier lieu le renoncement aux accords de libéralisation avec le Canada et les États-Unis, et l’abandon d’une politique de libéralisation systématique du commerce et de l’investissement.

Présent aujourd’hui à Bruxelles via une centaine de militants, le collectif français Stop TAFTA - Non au Grand marché transatlantique [2] poursuivra sa mobilisation aux côtés des mouvements européens dès février prochain à Bruxelles, lors du prochain cycle de négociations entre l’UE et les États-Unis, et le 18 avril, pour une journée mondiale de protestation contre les accords de libre-échange.