3/10 Stop pesticides : mobilisation à Saint-Pierre-la-Garenne

Convergeons vers le site de Syngenta
lundi 31 août 2026, par Collectif

Attac soutient la mobilisation du 3 octobre : faisons converger nos colères et nos luttes à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, pour une mobilisation internationale contre l’industrie des pesticides et l’usine de Syngenta (géant mondial de l’agrochimie.)

Retrouvez toutes les informations sur le site de la mobilisation : stop-syngenta3oct.com

Les pesticides de Syngenta, ni ici ni ailleurs !

Syngenta est un géant suisse de l’agrochimie racheté en 2017 par le conglomérat public chinois ChemChina. C’est le premier vendeur mondial de pesticides et le troisième vendeur mondial de semences commerciales, avec un portefeuille de brevets dépassant les 10 000. L’entreprise génère plus de 33 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an - dont près de 40 % proviennent de pesticides cancérigènes ou nocifs pour les abeilles, dont beaucoup sont déjà interdits en Europe.

En 2020, le groupe Syngenta a également racheté une entreprise israélienne de pesticides génériques, dont les produits ont été utilisés et développés dans des colonies israéliennes illégales et pulvérisés le long du mur de séparation pour détruire la végétation, affectant ainsi les champs et les sources d’eau palestiniens.

Nous connaissons leurs noms : paraquat, thiaméthoxame, chlorothalonil, atrazine, diquat — des poisons nés dans les laboratoires de Syngenta. Ces substances, ainsi que d’autres moins connues, tuent des êtres vivants dans plus de 90 pays où Syngenta a étendu son emprise.

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Notre campagne contre la production de pesticides

Les pesticides tuent, de plus en plus et depuis bien trop longtemps, en premier lieu les travailleurs et travailleuses agricoles. Les quelques multinationales qui en tirent profit intoxiquent toujours plus les terres et les populations. Depuis des années, nous accumulons pourtant les preuves, les alertes et les combats : dossiers de reconnaissance de maladies professionnelles, recours juridiques, enquêtes de terrain, rassemblements devant des points de captage d’eau pollués, manifestations, accompagnement des personnes contaminées...

Pourtant, nous ne sommes toujours pas entendues

Alors que les scandales sanitaires à ce sujet se multiplient, les pouvoirs publics et les instances européennes continuent de favoriser un modèle agricole soumis aux pesticides et de légiférer en ce sens. Ils installent ainsi une insécurité chimique sur la population entière, C’est pourquoi, en France, nous avons engagé une campagne d’actions pour désarmer les infrastructures de production des pesticides sur nos territoires et promouvoir une autre agriculture.

En France, pourquoi nous irons à St Pierre la Garenne

Un site qui contamine durablement

Le site de Saint-Pierre-la-Garenne illustre concrètement les dégâts de ce système. Depuis des décennies, Syngenta y produit de nombreux pesticides dangereux. Résultat : Les nappes phréatiques voisines sont fortement polluées. Les maladies dans les environs du site sont en augmentation, et depuis des années aucun permis de construire n’a été délivré dans le voisinage. Des travailleureuses ont des procédures judiciaires en cours contre le site. Au cœur de l’usine se trouve également un centre expérimental de semences, où de grandes quantités de semences brevetées sont traitées chimiquement avant d’être distribuées.

La production industrielle des pesticides est intrinsèquement liée à celle du contrôle des semences, et donc à la perte d’autonomie des paysannes. Nous refusons que les semences soient brévetées et génétiquement modifiées par ces firmes alors que nous les sélectionnons depuis des générations pour préserver une biodiversité cultivée indispensable à la souveraineté alimentaire.

Un secteur organisé en oligopole

Syngenta, aux côtés de BASF, Bayer-Monsanto et Corteva, domine un secteur organisé en oligopole. Depuis son rachat en 2017 par le conglomérat public chinois ChemChina, l’entreprise occupe une place centrale dans le marché mondial des pesticides et des semences. Ce pouvoir économique s’appuie sur une forte concentration industrielle et sur le soutien de grands actionnaires comme BlackRock, Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity. Ce système fragilise l’agriculture paysanne et entretient une dépendance structurelle aux intrants chimiques, au prix de la maladie des populations et de la disparition progressive des paysannes.

Le chantage à l’emploi

Lorsque ces enjeux sont soulevés, les entreprises agitent souvent le chantage à l’emploi et la menace de délocalisation. Nous répondons clairement à cet argument. Nous défendons des reconversions industrielles utiles aux salariées comme aux paysannes, mais nous ne voulons de ces productions ni ici ni ailleurs. Les mobilisations prévues dans d’autres pays le 3 octobre exprimeront elles aussi cette exigence commune et cette solidarité internationale.

Ce que nous demandons

Un seul chemin est possible : la transformation du modèle agricole. Nous voulons cultiver, nourrir et vivre de notre travail sans nous empoisonner. Nous refusons que nos terres soient accaparées et leur fertilité brisée par les multinationales de l’agro-industrie. Nous nous opposons à ce que les semences paysannes soient brevetées et que la biodiversité cultivée soit réduite à une marchandise.Les alternatives agroécologiques aux pesticides existent, et leur généralisation suppose de lever les freins économiques et politiques qui maintiennent la dépendance à l’agrochimie. Nous devons sortir du système libéral qui tire les prix vers le bas et impose à une majorité de paysan.nes l’utilisation massive de pesticides utilisés comme moyens de survie à court terme sur le marché international. Les coûts cachés des pesticides en France (soutien financier public, coûts environnementaux, coûts sanitaires), estimés à 18 milliards d’euros par an, devraient au contraire être consacrés à la transformation du modèle agricole.

Changer la donne par l’action collective ! Réunies nos colères sont puissantes.

Le 3 octobre 2026 nous nous mobiliserons en France à St Pierre la Garenne, en Suisse, au Costa Rica, à Hawaii et dans tous les autres pays ayant rejoint notre mouvement. Pour mettre un terme à l’insécurité chimique, l’expression de la colère citoyenne est essentielle. Nous exigerons que soient établies les responsabilités dans la contamination de l’eau, des sols et des corps, que cessent les productions les plus toxiques, que les salariées soient justement indemnisé.es et soutenu.es dans la reconversion de ces secteurs.

L’omerta tout comme les crimes de Syngenta doivent cesser !

Informations pratiques

  • MANIF’ et FÊTE : Parce que face aux industrie de la mort, nous partageons une immense envie de vivre, notre mobilisation débordera de sons et de couleurs. Une grande fête paysanne aura lieu le samedi soir à l’issue de la manifestation
  • ACCUEIL : Il sera possible de camper dans des endroits dédiés la veille et le soir même de la manifestation -
  • SOIRÉE D’INFOS, BUS, COVOITURAGE : Des soirées d’information afin de se regrouper localement pour la mobilisation, ainsi que des bus s’organisent depuis diverses villes en France. Si vous souhaitez organiser une soirée de mobilisation dans votre ville ou village nous pouvons vous envoyer un kit de présentation.

À l’appel de la Confédération paysanne, Cancer Colère, le CSVPO (collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest), les Soulèvements de la terre.

Avec le soutien d’organisations syndicales, paysannes, décoloniales, écologistes, culturelles... : Le SNETAP-FSU, Générations Futures, Attac France, Scientifiques en Rebellion, Greenpeace France, la FSU, l’Union syndicale Solidaires, l’Alliance écologique et sociale, Agro en lutte, Génération Panasiatique, association Henri Pézerat, Alerte Pesticides, Secrets Toxiques, l’Alliance Santé Planétaire, Collectif Vietnam-Dioxine, l’Assemblée pour des Soins Antiracistes et Populaires, Alternatiba Rouen, FNE-Normandie...

Pour plus d’infos : stop-syngenta3oct.com


Les 10 exigences concrètes de la campagne d’action pour sortir des pesticides et défendre une agriculture paysanne

Nous demandons :

  • 1. L’accompagnement des fermes vers une transition agroécologique. Les politiques publiques et notamment la PAC 2028-2034 doivent soutenir des pratiques agricoles respectueuses de la santé, des sols et de la biodiversité et aider à l’emploi. Aucun fonds public ne doit aller à une agriculture mortifère ;
  • 2. L’instauration de prix minimum garantis qui visent à interdire l’achat des produits agricoles par les distributeurs alimentaires en dessous du prix de revient qui comprend les charges, la rémunération du travail et la protection sociale ;
  • 3. l’application de la décision rendue le 3 septembre 2025 par la cour administrative d’appel de Paris imposant la réévaluation des procédures d’homologation des pesticides du fait de leur impact environnemental et sanitaire désastreux ;
  • 4. l’interdiction effective des substances cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques et des perturbateurs endocriniens ;
  • 5. l’abandon des projet de loi Duplomb 2, du projet de directive omnibus et la mise à distance du lobby agrochimique vis à vis des espaces de décisions des politiques publiques ;
  • 6. la reconnaissance élargie des maladies professionnelles et des réparations pour les travailleurs et travailleuses agricoles malades de l’utilisation des pesticides ;
  • 7. la garantie d’une protection sociale pleine et entière pour tous les salariées de l’agrochimie, victimes ou exposées aux risques de leur activité et des mesures protectrice d’accompagnement à la reconversion de leurs secteurs d’activités ;
  • 8. l’arrêt de l’exportation de pesticides interdits en Europe sur d’autres continents, des réparations pour les victimes du chlordécone dans les Antilles, le paraquat en Guyane, ou le malathion en Te Ao Maohi - Polynésie, dépollution et la restitution des terres spoliées par l’empire constitué par le groupe Bernard Hayot (GBH) ;
  • 9. le refus des nouveaux OGM issus des Nouvelles Techniques Génomiques (NGT) et des varietées de semence brevetées qui engendrent une privatisation du vivant au dépend de l’agriculture paysanne et de l’autonomie alimentaire des populations ;
  • 10. la protection immédiate de tous les points de captage et cours d’eau, ainsi que la dépollution des sols et des milieux naturels.