211 milliards d’aides publiques aux entreprises, reprenons le contrôle
TotalEnergies, multinationale française qui exploite, produit et commercialise pétrole, gaz et produits pétrochimiques, a annoncé ce 29 avril 5,8 milliards d’euros de profits au premier trimestre 2026, soit deux fois plus qu’il y a un an.
Pollution, évasion fiscale, atteintes aux droits humains et profits de guerre : la liste des critiques visant le groupe est longue.
Malgré cela, l’entreprise a perçu au moins 400 millions d’euros d’aides publiques en 2024.

TotalEnergies pompe l’argent public
TotalEnergies est la première entreprise du CAC40 en chiffre d’affaires et l’une des principales majors pétrolières mondiales. En 2024, le groupe a perçu au moins 400 millions d’euros d’aides publiques, un montant qui ne prend pas en compte l’ensemble des subventions d’investissement dont il bénéficie.
Malgré des bénéfices élevés, l’entreprise n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en France sur plusieurs années récentes, notamment en 2019, 2020, 2021 et 2023. Elle échappe également à l’impôt exceptionnel sur les grosses sociétés mis en place dans les budgets 2025 et 2026. Cette situation s’explique en partie par la localisation des profits dans des filiales situées dans des pays à fiscalité plus avantageuse.
En effet, le groupe TotalEnergies s’est construit de manière à contrôler toute sa chaîne de valeur, depuis le forage jusqu’à la commercialisation d’essence à la pompe et d’autres produits issus du raffinage et de la pétrochimie comme le plastique, en passant par le négoce et le transport. Cela lui permet de jouer sur les prix de transfert entre ses différentes filiales.
Sur le plan environnemental, le groupe a été condamné en 2025 pour pratiques commerciales trompeuses liées à sa communication sur la transition énergétique, alors que ses activités restent très majoritairement liées aux énergies fossiles.
À l’international, les activités du groupe sont mises en cause comme au Mozambique où TotalEnergies est impliquée dans un projet gazier depuis 2019. Situé dans une région touchée par des violences djihadistes, le chantier a été suspendu en 2021 après une attaque qui a fait plus de 1 400 victimes, dont près de 1 200 personnes tuées ou portées disparues [1]. En 2025, une plainte a été déposée auprès du parquet national antiterroriste pour “complicité de crimes de guerre, de torture et de disparitions forcées” liées aux agissements d’une unité militaire chargée de la sécurité du site. L’ONG à l’origine de la plainte affirme que TotalEnergies aurait soutenu cette force malgré des soupçons d’abus documentés.
Total a annoncé ce matin 5,8 milliards € de bénéfices au 1er trimestre, soit deux fois plus qu’il y a un an.
Pollution, évasion fiscale, atteintes aux droits humains et profits de guerre.. Malgré cela, TotalEnergies a perçu au moins 400 millions d’€ d’aides publiques en 2024.
— Attac France (@attac.org) 29 avril 2026 à 14:21

