211 milliards d’aides publiques aux entreprises, reprenons le contrôle
En parallèle, la multinationale profiteuse se garde bien de payer des impôts comme tout le monde. En 2023, alors qu’elles engrangent des bénéfices importants, elles ne payent que 120 millions d’euros tout impôts et taxes compris (impôt sur les sociétés, impôts de production, TVA etc.)

STMicroelectronics, biberonné à l’argent public
Une situation que même le sénateur Les Républicains M. Rietmann n’arrive pas à croire lors de l’audition qu’il mène au Sénat : “Depuis le début de notre commission je ne me suis jamais dit qu’on accompagnait trop les entreprises. Et là, quand je regarde ces chiffres, avec des aides publiques conséquentes et très peu de retour fiscal, en tant que parlementaire j’y trouve pas mon compte.”, “Et je le dis en tant que libéral”.
Il conclut l’audition avec un petit conseil “Essayez de payer un peu d’impôts en France tout de même !”
Mais alors, comment ST arrive à dégager autant de profit tout en ne payant quasiment pas d’impôt sur les bénéfices en France ? Avec des “prix de transferts”, les filiales françaises vendent l’essentiel de leur production (86% en 2024) à une filiale suisse, qui refacture ensuite les clients finaux.
L’entreprise franco-italienne verse également d’importants frais de gestions et dividendes (300 millions d’€ en 2024) à sa maison mère située … aux Pays-bas, autre paradis fiscal européen. Enfin, les résultats des filiales françaises sont artificiellement réduits par des montages de crédit-bail, consistant à payer des redevances conséquentes pour l’utilisation de matériel acheté par une autre filiale aux Pays-bas.
Pomper l’argent du contribuable n’est pas suffisant pour la multinationale. Si ST s’est installée dans le bassin Grenoblois, c’est avant tout pour bénéficier d’une eau abondante, accessible, de qualité et donc peu chère. Et sa consommation d’eau est en constante augmentation : plus 20% en 2 ans pour atteindre 5,07 millions de m3 d’eau prélevée en 2023. Cela représente 160 litres par seconde.
Durant l’été 2022, bien que le département était placé au niveau maximum de vigilance sécheresse, l’usine de Crolles a tourné à plein régime. L’eau potable est donc prélevée, utilisée, puis traitée avant d’être rejetée dans la rivière. Cette eau dite de “qualité rivière”, tout en respectant l’arrêté préfectoral, va alors contenir tout un tas de polluants : phosphore, fluorures, cuivre, azote, ... et PFAS. ST est en effet l’un des plus gros émetteurs de PFAS de la région Auvergne Rhône Alpes.
STMicroelectronics est aussi un partenaire industriel et technologique d’Israël. Entre autre, ST-Up aide des start-up israéliennes à se développer, telles que infiniDome (GPS pour drone) ou Lidwave (cartographie 4D en temps réel), dont leurs technologies sont utilisées par l’armée israélienne. Des composants produits par la multinationale ont également été retrouvés dans des armes russes utilisées en Ukraine.

