Une ligne rouge pour les aéroports - Moins d’avions. Zéro extension.

Halte aux ravages, place à un avenir équitable et vivable pour toustes
mardi 21 avril 2026, par Collectif, Rester sur Terre

Nous traçons une ligne rouge : fin de toute expansion aéroportuaire, réduction du trafic aérien. Nous appelons tout un chacun à se joindre à nous pour mettre un terme à l’expansion aéroportuaire, mettre fin aux vols les plus néfastes et les plus inutiles, et ouvrir la voie à un avenir équitable et vivable pour tous. Nous appelons à mettre en œuvre dix mesures visant à ramener immédiatement le transport aérien au strict minimum.

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Retrouvez toutes les informations sur la campagne sur la page dédiée du site de Rester sur Terre.

Le Manifeste

Le monde est à feu et à sang. Nous sommes confrontées à des phénomènes climatiques extrêmes de plus en plus dramatiques, tandis que les émissions liées à la combustion des énergies fossiles ne cessent de croître ; l’extrême droite élargit son pouvoir et propage le déni climatique et la violence envers les plus vulnérables ; des agressions impérialistes bafouent le droit international ; des génocides sont retransmis en direct. Nous éprouvons dans notre chair la hausse du coût de la vie ; les besoins vitaux comme le logement et la santé deviennent de plus en plus difficiles à satisfaire ; nous avons du mal à respirer dans la fumée des incendies de forêt et sous des chaleurs suffocantes.

Nous rêvons d’un avenir équitable et vivable pour toustes. Un avenir où les besoins fondamentaux de chacune sont satisfaits : un toit pour vivre, un air pur et un climat sûr. Un avenir où quelques ultra-riches ne tirent pas profit de notre pauvreté et de la dégradation des conditions physiques de la vie sur Terre. Un avenir où nous utilisons les richesses du monde pour assurer une vie agréable à toustes, plus proches les unes des autres et de la nature, libérées de l’oppression et de l’exploitation.

Le transport aérien est une pièce maîtresse de notre système capitaliste mortifère basé sur les énergies fossiles, et constitue un obstacle direct à nos aspirations. Des millions de personnes subissent quotidiennement ses nuisances : augmentation des émissions, risques pour la santé (bruit et autres pollutions), artificialisation des terres et perte de biodiversité. Les aéroports existants ont déjà un impact intolérable sur la santé et le climat. Malgré cela, le secteur prévoit de plus que doubler le trafic au cours des prochaines décennies, avec des dizaines de projets de nouveaux aéroports ou d’extensions [1] partout en Europe.

Comment concilier une explosion du trafic avec la protection du climat ? C’est tout simplement impossible. Les plans de croissance et les millions d’euros qui vont avec sont justifiés par de fausses solutions technologiques et des arguments économiques trompeurs. Le secteur aérien affirme que les carburants de substitution vont réduire les émissions, mais il refuse pourtant toute limite à ces émissions au niveau des aéroports. C’est parce qu’il a bien conscience que la seule façon de réduire les émissions du transport aérien est de réduire le trafic, et que ses soi-disant solutions technologiques ne sont que des écrans de fumée.

Le transport aérien est le mode de transport le plus inégalitaire et le plus destructeur. Il pollue et réchauffe la planète ; il est le moteur du surtourisme, avec ses conséquences désastreuses sur l’accès au logement et sur la vie des populations locales ; il ravage la vie des communautés, en accaparant des terres et des ressources, en réduisant la biodiversité et en alimentant la militarisation ; il tire profit des vols charters programmés pour expulser les personnes les plus pauvres, les plus racisées et les plus marginalisées, renforçant ainsi un système où les frontières sont utilisées comme une arme contre les plus vulnérables – tandis que les riches peuvent voyager n’importe où à bord de leurs jets privés. 80 % de la population mondiale n’a jamais mis les pieds dans un avion, alors que 50 % des émissions du transport aérien sont le fait de seulement 1 % de la population.

C’est pourquoi il est grand temps de réduire le trafic aérien au strict minimum. Les réductions massives d’émissions nécessaires pour éviter les pires catastrophes climatiques ne laissent aucune place au transport aérien tel que nous le connaissons. Compte tenu de la responsabilité historique des pays du Nord géopolitique dans la crise climatique, ainsi que de leur rôle actif dans le pillage et l’exploitation du reste du monde, nous savons par où ces réductions doivent commencer. Cela doit se faire parallèlement à l’arrêt de tous les projets d’augmentation des capacités aéroportuaires, où que ce soit dans le monde. Les réductions massives d’émissions nécessaires pour éviter les pires catastrophes climatiques ne laissent aucune place au transport aérien tel que nous le connaissons. Compte tenu de la responsabilité historique des pays du Nord géopolitique dans la crise climatique, ainsi que de leur rôle actif dans le pillage et l’exploitation du reste du monde, nous savons par où ces réductions doivent commencer. Cela doit se faire parallèlement à l’arrêt de tous les projets d’augmentation des capacités aéroportuaires, où que ce soit dans le monde.

Par nos voix et avec nos corps, nous traçons une ligne rouge : fin de toute expansion aéroportuaire, réduction du trafic aérien. Nous sommes des individus et des organisations qui subissons directement les nuisances du secteur aérien. Nous appelons tout un chacun à se joindre à nous pour mettre un terme à l’expansion aéroportuaire, mettre fin aux vols les plus néfastes et les plus inutiles, et ouvrir la voie à un avenir équitable et vivable pour tous. Notre objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport aérien d’au moins 80 % en Europe d’ici 2030 (y compris les vols au départ de l’Europe) et de 86 % d’ici 2035, par rapport à 2025 [2]. Pour y parvenir, nous appelons à mettre en œuvre dix mesures visant à ramener immédiatement le transport aérien au strict minimum :

Arrêt de la croissance

1. Pas d’expansion aéroportuaire : tout nouvel aéroport, toute extension d’aéroport, est inacceptable ! Le nombre de vols doit être réduit, pas augmenté.
2. Non à la compensation carbone, une fausse solution. Non à la diversion par les carburants dits « durables » (CAD ou SAF) : nous nous opposons au greenwashing que constituent les promesses de réduction des émissions du transport aérien. Nous demandons une véritable réduction du trafic.
3. Interdiction des programmes de fidélité et de la publicité pour l’aérien : ces pratiques favorisent la croissance et sont contraires à l’équité.

Réduction rapide du trafic

4. Remplacer les vols court-courriers par des liaisons ferroviaires ou maritimes : les vols court-courriers pour lesquels existe une alternative en train ou en bateau d’une durée de 10 heures ou moins doivent être interdits. Les trains interrégionaux et de nuit doivent être améliorés, avec des prix abordables, voire la gratuité.
5. Réduire drastiquement les vols long-courriers et moyen-courriers : ces vols – qu’ils soient professionnels, touristiques ou de fret – doivent être considérablement réduits en faveur de déplacements plus courts dans le cadre d’une économie plus régionale.
6. Interdire les vols de nuit dans les aéroports : les décollages et atterrissages entre 22h et 7h doivent cesser immédiatement, car ils présentent un risque sanitaire totalement inacceptable pour les riveraines. Les vols de nuit ont un impact climatique disproportionné, l’effet réchauffant des traînées de condensation étant à son maximum la nuit.
7. Interdire les jets privés : les jets privés sont le mode de transport le plus injuste et le plus destructeur pour le climat.
8. Fermer les aéroports régionaux : les petits aéroports régionaux, qui engloutissent énormément d’argent des contribuables pour un petit nombre de vols, devraient être fermés immédiatement. Dans les zones reculées, où aucune alternative de transport n’est disponible, le trafic aérien devrait être fortement réduit et progressivement remplacé par d’autres modes de transport moins carbonés.

Transition fondée sur la justice et les limites planétaires

9. Assurer une transition juste et convertir le reliquat d’aérien en service public : les aéroports et les compagnies aériennes doivent mener une transition rapide et juste et verser des réparations pour leur rôle dans la crise climatique. Et ce qui restera du secteur aérien ne devra pas servir des intérêts privés et le profit, mais passer au public.
10. Fixer des limites d’émissions contraignantes et répartir équitablement les vols : établir un plafond strict d’émissions pour les aéroports, inclus dans les budgets nationaux d’émissions (c’est-à-dire les contributions déterminées au niveau national (CDN)). Chaque aéroport se verrait alors allouer une part équitable du budget global d’émissions du transport aérien, en baisse constante. Les vols restants compatibles avec les plafonds devront être répartis de manière démocratique selon les besoins, en dressant une liste des vols essentiels justifiés – comme les vols pour les situations d’urgence, les secours ou les réfugiées.

Cette lutte s’inscrit dans un mouvement plus large pour la justice climatique et la libération collective. Toute nouvelle piste dont nous empêchons la construction, tout vol que nous clouons au sol, ébranle le système qui alimente les inégalités et la destruction de la vie – et nous fait avancer vers un avenir basé sur le “care” et les besoins des personnes, et non sur le profit. La ligne rouge est tracée. Rejoignez-nous et restez sur Terre.

Signataires

06600 Plataforma Vecinal y Observatorio de la colonia Juárez
AbibiNsroma Foundation
actif-trafiC / UmverkehR
Action non-violente COP 21 (ANV-COP 21)
ADERA
ADRA, Association de Défense des Riverains de l’Aéroport de Bâle-Mulhouse
ADVOCNAR
AéroRiverains
ALBA SUD
Alliance écologique et sociale 06
Alternatiba
Alternatiba Rouen
Amigos de los Humedales del Sur de Alicante
An Taisce
Anti-Jindal & Anti-POSCO Movement
ATERRA
ATSDRAL
Attac France
Atterissons d’urgence / Alternatiba Montpellier
Back on Track
BanPrivateJets.dk
Barranquilla+20 Foundation
BBI Bündnis der Bürgerintiativen im Rhein-Main-Gebiet Germany
BI gegen Fluglärm Raunheim
Biofuelwatch
Bizilagunekin
BOLD Climate Action Ireland
BrandB Rad !o
Bristol Airport Action Network (BAAN)
Bumprints
Bündnis Klima-Solidarität Düsseldorf
Burgerplatform Vliegerplein
Centre for Citizens Conserving Environment & Management (CECIC)
Children’s Rights Over Flights
CielPropre91
Climáximo
COCOMPAER
Consell veïnal Turó de la Rovira
Coordinadora de Pueblos y Organizaciones del Oriente del Estado de México en Defensa de la Tierra, el Agua y su Cultura-CPOOEM
Corporate Europe Observatory (CEO)
Council for Sustainable Transport, Denmark (Rådet for Bæredygtig Trafik)
Doe Deurne Dicht
Ecologistas en Acción
End Fossil Occupy Uganda
Extinction Rebellion Global
Extinction Rebellion Belgium
Extinction Rebellion Graben Lubero (DRC Congo)
Extinction Rebellion Ibiza
Extinction Rebellion Ireland
Extinction Rebellion Keynsham
Extinction Rebellion Madrid
Extinction Rebellion South East UK
Free Air 4 Brussels asbl/vzw
Fresh Eyes
Flight Free Australia
Flight Free UK
Fridays for Future Austria
Friends of the Earth International
Futuro Vegetal
FVP Forêts Vivantes Pyrénées
GIGNV
Global Forest Coalition
Grandparents for climate
Green Rwanda Initiative (GRI)
Greenpeace Netherlands
Greenpeace Rouen
GrowthKills
Habita
Instituto para el Futuro Común Amerindio IFCA
Korean Network to Stop New Airports
LaKunaBi
Landelijk Netwerk Bossen- en Bomenbescherming
Les Amis de la Terre France
Les Amis de la Terre Normandie
Les Amis de la Terre Paris
Les Amis de la Terre Val d’Oise
Liga at Ugnayan para sa Pagkakaisa ng Maralita sa Pilipinas – BATAAN (LUPA BATAAN)
Liga at Ugnayan para sa Pagkakaisa ng Maralita sa Pilipinas (LUPA-PILIPINAS) : League and Linkage for the Unity of Poor People in the Philippines
Linha Vermelha
More than Enough
NADA Lille
NAFAN Nepal
No Airport Expansion Campaign Group
Non au T4
North Northants Green Party
Ośrodek Działań Ekologicznych „Źródła”
Parents For Future Österreich
Pendle Climate Action Group
Peoples Federation for National Peace and Development (PEFENAP)
Platform Vlieghinder Zaanstreek (former SOS-ZAANSTREEK)
Plataforma contra ampliació aeroport Palma
Plataforma en contra de la Ampliación de Barajas
Plattform Footprint
Red SET
RéPIE
RisingTideUK
Robin Wood e.V.
Scientist Rebellion
Scientist Rebellion Denmark
Scientist Rebellion Turtle Island
SoNo Collective
Le sud-ouest de l’Essex lutte contre les vols
Stichting S4R : voor een luchtvaart die ons past
Stichting Tuinstad Buitenveldert
System Change
Terres de Luttes
The Zephyr Society Of Lake Simcoe
Umanotera
Umoja Kwa Haki Ya Tabianch Initiative LTD
United for Climate Justice
Varsity Social Hub
Via Verde
WA Physicians for Social Responsibility
Welthaus der Diözese Innsbruck
Welthaus Graz
WILOO npo

Notes

[1Les projets d’extension incluent tout ce qui contribue à accroître la capacité et les activités de l’aéroport. Pour plus de détails sur notre vision des choses, voir cet exemple britannique.

[2L’objectif de l’UE pour l’ensemble des secteurs est une réduction de 55 % en 2030 par rapport à 1990, ce qui correspond pour le transport aérien à une réduction de 80 % par rapport aux niveaux actuels (2025) (Cela tient au fait que les émissions du transport aérien ont plus que doublé depuis 1990 – estimation basée sur les données relatives à la croissance des émissions de CO2 entre 1990 et 2019, en faisant l’hypothèse que le niveau de 2025 est identique à celui de 2019). L’objectif de l’UE est de 66,25 à 72,5 % pour 2035 et 90 % pour 2040, le tout par rapport à 1990, ce qui se traduit pour le transport aérien par une réduction de 86 % pour 2035 par rapport à 2025. Cependant, l’objectif de réduction ne tient pas compte de la responsabilité historique de l’Europe ; ces chiffres doivent donc être considérés comme des objectifs minimaux. L’objectif précis dépend de la responsabilité historique de chaque pays.