Ne nous contentons pas de paroles et de miettes, amplifions la mobilisation le 31 octobre et le 5 novembre !

mardi 27 octobre 2026, par Attac France

Le gouvernement bouge sous la pression des mobilisations, mais ses annonces sont très insuffisantes et restent à ce stade de simples promesses qui n’engagent que celles et ceux qui veulent bien les croire. Ne nous contentons pas de paroles et de miettes, amplifions la mobilisation le 31 octobre et le 5 novembre !

Lundi 26 octobre, le gouvernement a enfin donné une réponse politique aux revendications lycéennes et étudiantes alors que depuis des semaines sa seule réponse était la répression et la mutilation des jeunes. Mais ces annonces ne doivent pas nous démobiliser, elles sont loin de répondre aux demandes de la jeunesse.

Le gouvernement promet la création de 15 000 places dans l’enseignement supérieur. Cela va dans le bon sens mais reste très éloigné des 250 000 places demandées par les organisations lycéennes et étudiantes !

Le gouvernement promet une vague refonte de Parcoursup en 2027 et de remplacer Parcoursup en 2028... soit après l’élection présidentielle. Qui peut croire une promesse qui n’engage pas ce gouvernement, mais celui qui sera issu des élections de 2027 ?

De plus, tant qu’il n’y aura pas d’ouverture massive de places dans l’enseignement supérieur (et donc de recrutement massif d’enseignantes), Parcoursup ou son éventuel remplaçant aura toujours pour fonction de gérer la pénurie de places !

Le gouvernement promet par ailleurs un nombre maximum de 28 élèves par classe en Seconde générale et technologique. Quid des lycées professionnels ? Le gouvernement annonce pour cela qu’il revient sur la suppression de postes envisagée dans le second degré (quid du premier degré ?) dans son projet de budget initial, ainsi que la création de 500 postes... alors qu’il y a environ 3500 lycées publics en France. Par quelle magie une seule enseignante supplémentaire pour 7 lycées permettrait d’arriver à 28 élèves par classe ? Et pourquoi 28 élèves par classe seulement en Seconde, alors que les classes françaises sont les plus surchargées de l’Union européenne, juste derrière la Roumanie, selon les statistiques de l’OCDE ? Aujourd’hui, beaucoup de classes de Première et de Terminale comptent 35 ou 36 élèves.

En revanche, il n’y a aucune annonce de revalorisation salariale des enseignantes. Au contraire le budget 2027 prévoit de poursuivre le gel du point d’indice des fonctionnaires. Or la perte massive de pouvoir d’achat des enseignantes depuis des années est une des raisons de la crise d’attractivité du métier alors qu’il faut recruter massivement.

Le gouvernement promet des prêts à taux réduit pour les collectivités locales, afin qu’elles rénovent les bâtiments scolaires des établissements secondaires. Des prêts, cela veut dire concrètement aucun plan financé par l’État, pas un euro ! Le gouvernement pense sans doute que nous avons oublié qu’en septembre il a discrètement amputé le plan d’urgence canicule destiné à la rénovation thermique des bâtiments de 40 millions d’euros, sur les 60 millions d’euros annoncés en juin pendant la canicule !

Les collectivités locales n’ont pas besoin de prêts mais que l’État cesse de réduire leurs financements comme il prévoit encore de le faire cette année et, au contraire, leur donne les moyens d’investir.

Avec l’Alliance écologique et sociale, Attac défend depuis plus d’un an un plan de rénovation écologique du bâti scolaire public. L’inadaptation du bâti scolaire au changement climatique renforce en effet les injustices sociales, scolaires et territoriales.

Le gouvernement promet une meilleure organisation de la journée des lycéennes, mais en pleine année scolaire, alors que les emplois du temps sont déjà faits et dépendent des contraintes en salles de chaque établissement, qu’est-ce que ça va changer cette année ? Il est plus que probable que cette annonce ne se traduise par rien de concret !

Enfin, le gouvernement promet l’indexation des bourses étudiantes sur l’inflation dès 2027. Là encore, il pense que nous avons oublié que cette mesure avait déjà été votée par l’Assemblée nationale... en juin et dépend maintenant du vote du Sénat. Rappelons d’ailleurs que les députés Renaissance, Horizon, LR et UDR s’étaient alors abstenus.

Plus largement, le budget actuellement en discussion à l’Assemblée nationale ne remet pas en cause la politique d’austérité, qui est pourtant à l’origine du sous-financement chronique de l’Education nationale, et plus généralement des services publics. Il est urgent de mettre fin aux politiques d’austérité.
Dans le Projet de Loi de Finances 2027, il faut un plan massif d’investissement dans le service public, notamment d’éducation !

Les organisations lycéennes et étudiantes demandent 10 milliards d’euros. À Attac, nous savons comment les financer ! Taxe Zucman, rétablissement d’un ISF rénové, meilleure imposition des super héritages, mécanisme de taxation des profits excessifs... : une seule de ces mesures rapporterait ces 10 milliards !
Dans notre plan d’urgence pour la justice fiscale, nous montrons comment récupérer au moins 100 milliards d’euros pour financer les urgences sociales et écologiques

Le gouvernement a peur, il est à l’agonie après l’immense succès de la mobilisation du 24 octobre.

Cela doit nous encourager à amplifier la mobilisation samedi 31 octobre et à généraliser la grève du 5 novembre !