[Je signe ✍️] Empêchons la police de mutiler les jeunes !

mardi 6 octobre 2026, par Attac France

Par la voix de son porte-parole Raphaël Pradeau, professeur et parent d’un lycéen, Attac lance une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale. L’objectif ? Obtenir l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales lors des manifestations lycéennes, qui serait un point d’appui pour une interdiction plus large.

Alors que lycéennes et étudiantes se mobilisent partout sur le territoire pour leur droit à étudier dans des conditions dignes, ils et elles font face à une répression policière d’une extrême violence : interpellations massives et brutales, gazages et usage « d’armes de force intermédiaire » ayant déjà causé de graves mutilations.

Attac, par la voix de son porte-parole Raphaël Pradeau, professeur et parent d’un lycéen, lance une pétition sur la plateforme de l’Assemblée nationale. L’objectif ? Obtenir l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales lors des manifestations lycéennes.


Depuis le début du mouvement, la réponse du gouvernement est marquée par une répression extrêmement violente : interpellations massives, gazages, coups de matraque, tirs de grenades lacrymogènes à bout portant, usage de LBD et de tasers contre des jeunes dont l’immense majorité sont mineures. Plus de 5 000 personnes, principalement des mineures, ont déjà été interpellées, signe d’un niveau de répression sans précédent.

Cette répression a déjà eu des conséquences dramatiques. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil après un tir de LBD à bout portant. À Lens, un jeune de 15 ans a perdu une main après l’explosion d’une grenade de désencerclement. Pour Attac, cette réponse sécuritaire est inacceptable. Des jeunes qui revendiquent davantage de professeures, des établissements dignes et de meilleures conditions d’études doivent pouvoir exprimer leur colère sans risquer d’être blessées ou mutilées.

Ces violences ne sont pas des faits isolés. Amnesty International a dénoncé dès le 2 octobre un usage disproportionné de la force contre les mobilisations lycéennes et demandé la suspension des LBD. Ces alertes rejoignent celles, répétées, de l’ancienne Défenseure des droits Claire Hédon et de plusieurs instances de l’ONU sur l’usage en France d’armes de maintien de l’ordre susceptibles de provoquer des blessures graves.

Le gouvernement répond par la répression à une jeunesse qui subit pourtant depuis des années la dégradation du service public de l’éducation. Le projet de budget 2027 poursuit cette politique d’austérité. Attac réaffirme son soutien total au mouvement lycéen et étudiant, exige la fin immédiate des violences policières et défend un autre budget de justice sociale et écologique permettant de répondre à leurs revendications.

Cette pétition demande notamment l’interdiction des LBD 40, des grenades explosives et de désencerclement, des pistolets à impulsion électrique, ainsi que des techniques d’immobilisation présentant un risque d’asphyxie. Faire interdire ces armes lors des mobilisations lycéennes serait une première victoire et un point d’appui pour obtenir leur interdiction généralisée.

Pour Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac, « nous ne pouvons pas attendre que de nouveaux drames se produisent. Il est urgent de protéger nos enfants, nos élèves et leur droit à manifester et à exprimer leurs revendications ».

Signez et partagez massivement cette pétition.
Des moyens pour étudier, pas des armes pour réprimer !

Le texte de la pétition

Interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes

Professeur et parent d’un lycéen, je suis alarmé par les techniques de « maintien de l’ordre » déployées face au mouvement lycéen.

Les revendications des lycéennes et lycéens pour avoir le droit d’étudier dans des conditions dignes sont parfaitement légitimes, après tant d’années de casse du service public d’éducation et alors que le projet de budget 2027 prévoit de poursuivre la coupe des moyens budgétaires des services publics.

Face à cela, la réponse du gouvernement est de criminaliser nos élèves, nos enfants. Le ministre de l’intérieur Laurent Nunez l’a dit on ne peut plus clairement : « On a oublié qu’ils sont lycéens, ce sont tout simplement des voyous, des délinquants. »

Ce discours légitime une réponse sécuritaire totalement disproportionnée : interpellations massives et violentes (étranglements, projections au sol), tir de grenade lacrymogène à bout portant, tir de LBD y compris au visage, voitures qui foncent dans la foule, policieres surarmées faisant un usage massif de gaz et de coups...

Laurent Nunez assume d’ailleurs ne donner « aucune consigne de retenue et aucune consigne de ne pas utiliser tout l’armement intermédiaire à disposition ».

Nous demandons aux parlementaires de voter une loi qui interdise l’utilisation de techniques et d’armes totalement inappropriées dans des manifestations de lycéens, dont l’immense majorité sont des mineurs.

Cela passe notamment par l’interdiction des gestes d’immobilisation à risque d’asphyxie : plaquage ventral (maintien au sol sur le ventre avec compression thoracique), clés d’étranglement (prises au cou bloquant la respiration ou la circulation sanguine), pliage corporel (compression du buste vers les genoux).

Cela passe aussi par le retrait des armes mutilantes comme les LBD 40, les grenades explosives et de désencerclement (GM2L, DMP provoquant arrachements et éclats aléatoires), les pistolets à impulsion électrique (Taser).

Rappelons que, dans le cadre de précédents mouvements sociaux en France, la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe a appelé la France à revoir « au plus vite » la doctrine d’emploi des armes intermédiaires et demandé l’arrêt de l’usage des LBD afin de garantir le respect des droits fondamentaux. L’ONU a déclaré sa préoccupation vis-à-vis des restrictions graves aux droits et de l’usage disproportionné de la force par les autorités françaises.

Nous ne pouvons pas attendre que de nouveaux drames se produisent et qu’un ou une jeune décède comme ce fut le cas pour Malik Oussekine. Il est urgent de protéger nos enfants, nos élèves et leur droit à manifester et à exprimer leurs revendications.