Comment la monnaie est-elle créée ?

vendredi 17 juillet 2020, par Attac France, Nolwenn Neveu

Quand on imagine la création de monnaie, on a souvent en tête les planches à billets et les imprimeries des banques centrales. Pourtant, cette monnaie dite « fiduciaire » ne représente qu’une fraction très limitée de la création monétaire.
La banque centrale détient le pouvoir de contrôler la quantité de monnaie en circulation. Ce sont les banques commerciales (les banques de second rang) qui créent la majeure partie de la monnaie, sous forme de monnaie scripturale.

Définitions

  • Monnaie divisionnaire : Ensemble des pièces ou monnaies métalliques. Elle représente à peine 1% des moyens de paiement et est comptabilisée avec depuis 2004 avec la monnaie fiduciaire.
  • Monnaie fiduciaire : C’est la monnaie comprenant les pièces ou en billets de banque. Elle représente moins de 10% des moyens de paiement.
  • Monnaie scripturale : C’est l’argent enregistré dans les comptes bancaires sous forme d’écriture. Elle peut être à tout moment transformée en monnaie fiduciaire mais peut aussi circuler d’un compte à l’autre par un simple jeu d’écriture. La monnaie scripturale représente aujourd’hui plus de 90% des moyens de paiement.
  • Masse monétaire : La masse monétaire représente la quantité de monnaie (fiduciaire et scripturale) qui circule dans une économie à un moment donné.
  • Banque centrale : La banque centrale est l’institution chargée de conduire la politique monétaire d’un État ou d’une zone monétaire. Elle assure l’émission de la monnaie fiduciaire et fixe les taux d’intérêt directeurs. Elle peut aussi superviser le fonctionnement des banques et des marchés financiers et, parfois, jouer le rôle de prêteur en dernier ressort en cas de crise systémique.

Qui crée la monnaie ?

Quand on imagine la création de monnaie, on a souvent en tête les planches à billets et les imprimeries des banques centrales. Pourtant, cette monnaie dite « fiduciaire » ne représente qu’une fraction très limitée de la création monétaire.
La banque centrale détient le pouvoir de contrôler la quantité de monnaie en circulation. Ce sont les banques commerciales (les banques de second rang) qui créent la majeure partie de la monnaie, sous forme de monnaie scripturale.

Le système monétaire est organisé de manière hiérarchisée

  • Niveau 1 - Banque centrale
  • Niveau 2 - Banques commerciales (banques de second rang)

Comment se crée cette monnaie nouvelle ?

Il y a création d’une monnaie nouvelle lorsque la masse monétaire augmente et lorsque de la monnaie nouvelle se trouve entre les mains des particuliers et entreprises.
La création monétaire se fait principalement par les emprunts effectués par les particuliers et les entreprises auprès des banques. Contrairement à ce qu’on peut penser, les crédits accordés par les banques ne sont pas financés par l’épargne des autres clients de la banque. Lorsqu’elle accorde un crédit, la banque va simplement inscrire sur le compte de son client la somme qu’elle lui prête (il s’agit d’un simple jeu d’écriture, la banque créant alors de la monnaie scripturale à partir de rien). On dit que « les crédits font des dépôts », pour souligner que les crédits engendrent des dépôts sur des comptes bancaires et que ce ne sont pas les dépôts préexistants qui permettent d’accorder des crédits. Cela donne aux banques une plus grande marge de manœuvre et permet d’ajuster la masse monétaire aux besoins de l’économie. Au moment de l’octroi du crédit, il n’y a pas à proprement parler de création monétaire, mais dès lors que le client de la banque va utiliser cet argent auprès d’autres agents économiques, la monnaie nouvelle commence à circuler dans l’économie : il y a eu création monétaire.

Lorsque le client remboursera son crédit et les taux d’intérêts, cela aboutira à une destruction de monnaie. En effet, si une banque prête 100 000 euros à Mme W., elle inscrit dans ses comptes :

  • D’une part qu’elle a prêté 100 000 euros à Mme W. (passif de la banque)
  • D’autre part que Mme W. doit lui rembourser 100 000 euros (actif de la banque)

Le remboursement aboutit à la suppression de la somme au passif et à l’actif de la banque, et donc des comptes de la banque. On dit que cette monnaie a été détruite (le montant remboursé en intérêt n’est pas « détruit » et reste dans les comptes de la banque).

La masse monétaire augmente quand le montant des crédits accordés est plus important que le montant des crédits remboursés et elle diminue quand le montant des crédits accordés est moins important que le montant des crédits remboursés.

Est-il possible de créer de la monnaie sans limite ?

Toutes les banques commerciales ont un « compte » à la banque centrale, exprimée dans la même monnaie centrale (ce qui facilite les échanges entre les banques). Les dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale, sont appelés les réserves. Les banques doivent veiller à conserver suffisamment de monnaie à la banque centrale, pour faire face à leurs besoins de liquidités, par exemple pour faire face à la demande de monnaie fiduciaire de leurs clients. Ce qui limite la création monétaire par les banques.

La capacité de création monétaire des banques est en effet limitée par trois facteurs :

  • Les réserves obligatoires : les banques commerciales ont toutes un compte à la Banque centrale, et la Banque Centrale leur impose d’avoir, sur ce compte, des réserves calculées en fonction des dépôts de leurs clients. Ces réserves obligatoires constituent une limite à la capacité de création monétaire des banques.
  • Les besoins de liquidité des agents économiques : une partie des dépôts des clients d’une banque peut être retirée sous forme de monnaie fiduciaire (pièces et billets). Les banques doivent donc s’assurer qu’elles ont assez de monnaie centrale lorsque leurs clients font des retraits en monnaie fiduciaire.
  • La compensation bancaire : Les crédits accordés par une banque peuvent être utilisés par les clients pour faire un paiement auprès d’un client d’une autre banque (et donc aboutir à un dépôt sur un compte dans une autre banque). Il faut alors que la banque transfère l’argent à la seconde banque. Ainsi, chaque jour, des millions d’opérations (chèques, virements etc.) sont effectuées entre les banques. Une chambre de compensation va permettre de réguler ces échanges, et d’apurer les soldes entre les banques. Chaque banque doit donc s’assurer qu’elle pourra payer ce qu’elle doit aux autres banques à la fin de chaque journée.

Si une banque n’a pas assez de monnaie centrale :

  • elle peut emprunter à la banque centrale, moyennant le versement d’intérêts. Le taux d’intérêt fixé par la banque centrale, détermine celui que les banques de second rang appliqueront à leur client. C’est pourquoi on l’appelle le taux directeur.
  • elle peut se financer sur le marché interbancaire, c’est-à-dire emprunter aux autres banques moyennant, là encore, le paiement d’intérêts.
    Dans les deux cas, les emprunts ont un coût (le taux d’intérêt directeur ou celui du marché interbancaire) et les banques sont incitées à surveiller le solde de leur compte auprès de la banque centrale.

Il y a une autre façon de créer de la monnaie.

Les opérations qui consistent pour les banques à acheter des devises étrangères contre des euros à leurs clients créent également de la monnaie scripturale. Par exemple, une entreprise française qui exporte des marchandises vers un pays n’appartenant pas à la zone euro va recevoir en contrepartie des devises : si l’exportation se fait par exemple, à destination du Chili, l’entreprise exportatrice recevra des pesos chiliens Cette entreprise va alors apporter à sa banque les devises reçues car elle désire détenir des euros. La banque va acheter les devises et en contrepartie, elle va créditer le compte de l’entreprise du nombre d’euros correspondant. Par cette opération, la banque aura créé de la monnaie scripturale (en euros) en échange de pesos.

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