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Urgence climatique, justice sociale

mardi 4 novembre 2008, par Attac France

Le projet de loi « Grenelle de l’environnement », pourtant déjà peu ambitieux, n’en finit pas d’être amoindri, notamment en matière d’efficience énergétique. L’engagement initial de la France de réduire de 20 % sa consommation d’énergie d’ici 2020 se traduisait dans le projet initial par l’objectif d’une consommation maximum de 50 kilowattheures par m2 et par an. Cette mesure avait un double mérite : une économie d’énergie et la baisse de la facture des ménages.

L’amendement Ollier consiste à relever ce seuil à 120 kWh dès lors qu’il s’agit d’un chauffage électrique. On y reconnaît l’influence du lobby nucléaire, qui continue à vouloir imposer le « tout électrique » comme si le nucléaire était la solution au changement climatique. On y reconnaît aussi la dérive du plan climat-énergie de l’Union européenne, qui ne propose aucune mesure contraignante pour atteindre les 20 % de réduction de la consommation d’énergie d’ici 2020. Et pourtant, c’est bien essentiellement par l’efficience énergétique et la sobriété que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 pourront être atteints. Ces reculs, déjà sensibles avant l’éclatement de la crise financière, sont maintenant légitimés par des priorités de relance de l’économie atteinte de récession. Le choc de la crise actuelle, choc économique et choc social, pourrait être l’occasion d’une fuite en avant, renvoyant la crise climatique à une donnée parmi d’autres pour certains, ou à une lubie des écologistes pour d’autres, ou encore à une simple « opportunité » de croissance et de poursuite d’un système qui nous conduit à la catastrophe sur tous les fronts. Ce choc peut au contraire être salvateur si nous établissons les liens entre les différentes crises et si les peuples du monde, écrasés par la crise financière et ses conséquences, font de la crise climatique un levier pour un autre mode de développement.
La crise climatique ne relève pas en effet seulement d’une problématique environnementaliste. Il ne s’agit pas seulement de sauver « la planète », il s’agit de rompre avec des modèles de développement qui provoquent des crises sociales et écologiques d’une ampleur sans précédent et qui menacent la capacité des sociétés à répondre aux défis et à choisir un autre destin. Tout comme il s’agit de rompre avec des mesures qui convergent pour laisser aux marchés financiers, via le marché carbone, le soin de réguler l’équilibre des émissions. C’est la raison pour laquelle Attac s’implique dans toutes les coalitions qui favorisent la convergence des aspirations portées par les mouvements sociaux et les mouvements environnementaux. Plus que jamais, le local et le global sont intriqués. Les bagarres contre l’amendement Ollier, ou d’autres encore comme celles contre la construction de nouvelles autoroutes, ont des effets directement globaux : les reculs de la France signeront les reculs de l’Union européenne, qui signeront eux-mêmes les reculs dans les négociations internationales en cours pour renégocier le protocole de Kyoto. Voilà pourquoi nous sommes partie prenante de l’appel pour une mobilisation le 29 novembre.
La diversité des signataires témoigne des possibilités de convergence. Le 29 novembre a été choisi car il précède la réunion des ministres de l’environnement de l’Union début décembre à Paris. Il précède aussi la conférence des Nations unies sur le climat, qui se tient à Poznan début décembre également. Cette conférence sera la dernière avant celle de Copenhague en décembre 2009, pendant laquelle seront redéfinies les suites du protocole de Kyoto. Un site en France vient d’être créé dans cette perspective ( http://climatjustice.org/ ) afin de créer les conditions d’une véritable mobilisation internationale pour Copenhague 2009. D’ores et déjà, de nombreux réseaux commencent à s’organiser pour faire apparaître les exigences des peuples en matière de justice sociale. Nous serons présents avec d’autres Attac d’Europe à Poznan, tout comme nous participons à l’organisation d’une rencontre des réseaux internationaux au Forum social mondial de Belém en janvier 2009. Nous savons en effet que le coût de l’inaction en matière de changement climatique sera supporté d’abord et prioritairement par les peuples des pays du Sud, exposés plus particulièrement à ces changements et privés de ressources pour s’en protéger. Ainsi, l’abolition de la dette publique des pays du Sud, la mise en œuvre de taxes globales pour alimenter des fonds internationaux d’investissements, le soutien résolu à l’agriculture vivrière et la remise en cause de l’OMC, traditionnellement portés par les mouvements sociaux, répondent également à l’urgence climatique. Tout comme d’ailleurs toutes les expériences de base, rendues visibles dans le cadre des forums sociaux, qui participent à une relocalisation de l’économie.

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