La « climate smart agriculture » une agriculture livrée à la finance carbone et aux multinationales

lundi 16 mars 2015, par Attac France, Confédération Paysanne

L’Alliance globale pour l’agriculture climato-intelligente a été lancée, le 23 septembre 2014, à l’occasion du Sommet mondial pour le climat organisé par Ban Ki-moon à New-York. Le gouvernement français a décidé de rejoindre cette alliance lors de son lancement. Cette alliance conclut plusieurs années d’efforts de la FAO et de la Banque mondiale pour imposer à l’agenda international cette notion d’agriculture climato-intelligente, avec le cadre idéologique et les politiques qu’elle implique. Derrière l’image raisonnable et vertueuse d’une agriculture favorable au climat, priorité est donnée aux biotechnologies et à la compensation carbone plutôt qu’aux savoir-faire et pratiques des paysans qui protègent le climat et l’environnement. Alors que Stéphane Le Foll, ministre français de l’Agriculture, ne manque pas une occasion pour affirmer que sa priorité est de soutenir l’agroécologie, le gouvernement a décidé en effet de rejoindre une alliance internationale – dont les documents de présentation n’évoquent jamais l’agroécologie – qui fait la part belle aux organismes génétiquement modifiés (OGM), à la finance carbone et à des techniques inappropriées promues par les lobbies techno-industriels, qui ont fait de l’agriculture leur nouveau terrain d’expansion et de valorisation. Une alliance combattue par une grande majorité des ONG [1] et mouvements sociaux, y compris le principal mouvement international paysan, la Via Campesina [2].