Se libérer de l’ordre linguistique du capitalisme néolibéral

jeudi 9 avril 2020, par Thierry Priestley

par Thierry Priestley
Juriste, Directeur honoraire du travail

1) Ce qui constitue un « ordre linguistique » : législateur national et législateurs de fait

La langue parfaite, celle qui dirait la vérité de ce qu’elle nomme, n’existe pas. Umberto Eco nous a conté sa longue et vaine recherche en Europe tout au long des siècles [1]. Chaque langue, en effet, donne une représentation de ce qu’elle nomme qui n’est pas plus vraie que celle que donne une autre. Ainsi, la pauvreté est matérielle en langues occidentales quand elle désigne l’isolement social dans les langues africaines, et le mot nature des langues occidentales la détache de l’homme, au contraire des langues amazoniennes comme nous l’enseigne l’anthropologue Philippe Descolas [2], ce qui détermine une vision radicalement différente du bien-être dans le premier cas et un rapport au reste du vivant très différent et très lourd de conséquences écologiques, dans le second. La liste des exemples de cette irréductibilité d’une langue à l’autre serait infinie. C’est pourquoi, dit Alain Supiot, « le premier problème affronté par toute société humaine est de parvenir à s’accorder sur une représentation commune du monde, dans un contexte où bien sûr chacun cherche à imposer la sienne  [3]. La résolution de ce problème se fait depuis longtemps dans l’établissement de l’ordre linguistique des nations et des relations internationales.
L’ordre linguistique des relations internationales est ainsi défini par la hiérarchie juridique et de fait des langues du monde qui y prévaut en fonction du rapport des forces économiques, militaires, démographiques et autres des États concernés, mais aussi par les règles qui déterminent l’obligation de traduction et d’interprétariat. On sait qu’aujourd’hui il est caractérisé par l’hégémonie absolue de l’anglais des États-Unis, souvent non traduit, dont la puissance a su l’imposer.
L’ordre linguistique interne d’un État est plus complexe. Son premier législateur est l’État dont le droit interne désigne en premier lieu la ou les langue(s) commune(s) de son territoire, désigne les institutions chargées d’en établir les règles de référence, en établit le statut, et encadre les fonctions pouvant être assignées à son emploi en interdisant certaine d’entre elles (injure publique par exemple) ou en rendant d’autres obligatoires en certaines circonstances (loyauté et clarté dans les échanges commerciaux, par exemple). Pour le reste et sous ces réserves, ses locuteurs sont libres d’en faire l’usage et de lui assigner les fonctions qu’ils veulent et c’est dans cet espace de liberté qui leur est ainsi laissé qu’interviennent d’autres législateurs de fait de l’ordre linguistique.
Le premier d’entre eux est la mère dans la sphère de la vie familiale qui transmet à chacun la langue qui va le constituer et déterminer primordialement son rapport au monde. Son rôle sera néanmoins vite relayée par celui de l’école de l’État qui conformera largement la langue des futures mères.
Le second est le milieu social et territorial, dont parfois l’isolement, la solidarité et l’histoire particulière de ses membres favorisent l’emploi persistant d’une autre langue que celle de l’État ou l’émergence d’un parler qui leur est propre. Selon les cas, l’État tolère ou même organise la coexistence de cet ordre linguistique avec le sien comme en Italie ou en Espagne, jusqu’à parfois instituer le bilinguisme national comme en Belgique. L’État français quant à lui, comme on le sait bien, s’est évertué à éradiquer ses langues régionales depuis la Révolution de 1789 et les violentes diatribes de l’Abbé Grégoire contre elles et grâce à l’action énergique en ce sens de ses instituteurs de la troisième République4. Il peine d’avantage aujourd’hui à faire régner son ordre linguistique dans certains territoires où la langue enseignée par l’école prévaut difficilement sur celle d’un milieu familial et social isolé, en se heurtant parfois en plus à l’univocité de la langue des religions qui y dominent et qui écartent l’exégèse de leurs textes fondateurs et de leurs dogmes.
Le législateur de fait de la langue le plus puissant, devenu redoutable concurrent de l’État à raison de l’importance de sa sphère et de la puissance de ses dirigeants, est néanmoins le monde de la finance et du marché. Son ordre linguistique, en principe subordonné à celui de l’État, est devenu en effet celui du capitalisme néolibéral globalisé dont l’origine, les caractéristiques, les effets, l’expansion au-delà de sa sphère originelle et la puissance ont beaucoup contribué à modifier l’ordre linguistique de nombreux États, en particulier celui de la France.

2) Fonctions, caractéristiques et effets sociaux de l’ordre linguistique du néolibéralisme dans sa sphère originelle : la grande entreprise mondialisée

  • Ses précédents historiques, son origine et les facteurs de son développement 
    Cet ordre est né dans la sphère de la grande entreprise multinationale où il s’est établi avant de s’étendre bien au-delà et de bousculer l’ordre linguistique de nombreux États, à commencer par celui de la France. Son précédent historique le plus connu est celui des marchands du monde du Moyen-âge, ceux du bassin méditerranéen et de la route de la soie qui, déjà, avaient créé pour leur sphère d’activité leur propre langue, la lingua franca, simple et fonctionnelle, faite d’un mélange étonnant de diverses langues romanes et autres du bassin méditerranéen. Ce qui néanmoins le distingue de celui d’aujourd’hui est que sa langue était un mélange de nombreuses langues, que sa fonction était d’assurer aux seuls échanges marchands internationaux clarté, loyauté et leur développement et que son emploi était cantonné à sa sphère, et non au-delà.
    L’ordre linguistique des grands financiers et marchands du monde d’aujourd’hui est bien différent. Ce qui le caractérise est en effet accordé par le pouvoir managérial qui l’a façonné à un contexte bien différent, constitué de trois facteurs essentiels : l’économie de l’information, la globalisation et l’instauration de l’économie de l’offre, le tout dans la logique du néolibéralisme.
  • Ses principales fonctions et ses outils sémantiques
    L’avènement de l’économie de l’information, qui a totalement modifié en quelques décennies les organisations productives et les sources de valeur, a conduit le pouvoir managérial à accorder l’organisation du travail au modèle scientifique de type rhizomique du système numérique et à sa gouvernance, mot qui affirme sa nature « scientifique » et performative en évacuant la dimension démocratique et humaine du mot gouvernement qu’il remplace5. Caractérisée par une programmation rigide des processus et du contenu du travail, sur laquelle les salariés n’ont aucune prise, elle encadre leur autonomie de pensée et d’expression dans le langage utilitaire, directif et de faible réflexivité de leurs programmes et logiciels informatiques. Ainsi est-on passé de l’aliénation du corps des ouvriers liée aux modes de production du capitalisme industriel d’autrefois, à l’évacuation forcée de l’usage de la langue naturelle de tous les salariés dans le travail et de leur autonomie de pensée, au profit d’une langue formatée purement fonctionnelle qui, en plus, les rend interchangeables, comme l’exige le capitalisme contemporain. C’est du reste ce que disent les organigrammes de la grande entreprise dans lesquels les noms de métier, constitutifs de l’identité professionnelle personnelle des travailleurs, sont systématiquement remplacés par des noms de fonctions horizontalement interconnectées. D’où aussi l’usage des mots ressources humaines ou capital humain à la place du mot personnel, ce qui dit tout.
    La globalisation néolibérale, par ailleurs a déterminé l’exigence managériale d’une langue unique, l’anglais, dite de référence car il faut bien composer avec l’ordre linguistique des États d’implantation de l’entreprise, notamment celui de la France dont la Constitution et la loi (dite loi Toubon de 1994) a fait de l’emploi du français au travail une obligation de principe. Sauf que cette loi est assortie de nombreuses dérogations et de la répugnance constante de l’État à la faire respecter, le ministère du travail n’ayant jamais donné la moindre instruction à ce sujet à ses inspecteurs du travail.
    Si bien qu’en France, l’ordre linguistique de la grande entreprise se caractérise par la prédominance de l’anglais dans les échanges entre les membres de sa direction et avec ses partenaires et dans ses contrats internationaux, de plus en plus inscrits dans le droit anglo-saxon (ce qu’atteste l’abondance des clauses arbitrales), ainsi que dans la conception et l’écriture initiale de sa politique managériale, de ses programmes et de ses logiciels. Sa traduction en français s’y pratique encore plus ou moins selon la loi du territoire, mais le pouvoir managérial s’évertue à angliciser notre langue, à l’appauvrir et à la fonctionnaliser jusqu’à en faire une novlangue que l’on peut dire « anglomanagériale », imposée à ses salariés comme à ses clients.
    Pour ses clients, sa fonction est de guider leurs représentations du désirable ou du nécessaire dans la logique de l’économie de l’offre. Pour ses salariés, ses fonctions sont plus complexes. Le discours managérial commun la justifie en lui prêtant la fonction de « cohésion » de la communauté de travail de l’entreprise autour de ses « valeurs » dans tous ses lieux d’implantation et d’augmentation de sa compétitivité en lui épargnant les coûts et tracas de la traduction. « Cohésion », néanmoins, n’est pas le mot juste, car il s’agit bien plutôt de lui donner la fonction d’allégeance personnelle du salarié par le formatage de son mental, rendant obsolète la fiction du droit du travail qui fait du travail une marchandise détachée de la personne du salarié, censé préserver ainsi l’autonomie de son je.
    Cette fonction se décline en plusieurs que les travaux des sociolinguistes ont bien mises en lumière. Les plus fréquentes sont la valorisation de l’ordre managérial, l’incitation à l’individualisme et au narcissisme, l’intériorisation par les salariés des valeurs managériales, l’évacuation de la conflictualité sociale et sa dérivation dans le mental du salarié, comme le montre Vincent de Gauléjac6, voire la fragilisation des catégories juridiques du droit du travail. Les moyens sémantiques utilisés pour les servir respectivement sont souvent l’univocité des mots de cette langue, leur connotation positive quand ils nomment l’ordre managérial, surtout dans les documents d’évaluation du salarié qui ne peut y opposer ses propres mots, et le détournement abusif de leur sens, en particulier pour qualifier un rapport de travail comme indépendant ou collaboratif, de manière à le mettre hors du champ du droit du travail, ce qui est une autre fonction de cette langue qui a permis l’ubérisation massive du monde du travail ; la liste n’est pas close…
    S’y ajoute l’usage abusif de l’anglais qui mérite qu’on s’y arrête : sa fonction primordiale est celle de dire un Vrai d’autant moins discutable qu’il est dit dans la langue qui symbolise aujourd’hui la modernité et tout ce qui guide l’avenir du monde. Il a aussi parfois l’avantage d’évacuer la connotation négative et la mémoire dangereuse que peuvent porter certains mots français évoquant ce qui est préjudiciable aux salariés. Ainsi par exemple, quand le mot outsourcing inspire le respect et la résignation, délocalisation inspire plutôt la contestation. On voit par là que l’anglais managérial, bien différent de l’anglais naturel des anglophones, prend parfois une connotation religieuse qu’on ressent clairement dans les devises de l’entreprise et ses programmes, celle qu’avait le latin de l’Eglise il y a des siècles et qui rendait incontestable sa parole, ce qui confirme les racines et la nature religieuses du management néolibéral, mises en lumière par l’historien Pierre Musso7.
  • Ses effets sociaux délétères
    Sauf que, religion ou pas, l’ordre linguistique du management néolibéral produit des effets sociaux délétères qu’ont également bien démontrés les sociolinguistes du travail, notamment Danièle Linhart8, qu’il s’agisse de la perte du sens du travail, de l’épuisement des travailleurs (dit aussi « burn out » pour éteindre la connotation scandaleuse du mot français épuisement), du suicide, des dépressions nerveuses et de tous les maux psycho-sociaux. Les dernières statistiques en matière d’accidents du travail et maladies professionnelles nous en disent l’augmentation inquiétante, mais la langue managériale les impute à des « risques » que la langue juridique peine à renommer plus justement « pratiques managériales dangereuses pour la santé mentale et psychique du travailleur ».
    Quant au formatage des besoins et aspirations des consommateurs par la langue de l’entreprise et des rapports avec eux, l’actualité et notre vie quotidienne de consommateurs nous disent assez à quelles catastrophes écologiques il conduit et à quel enfer il nous expose, notamment quand un malheureux salarié d’un SAV vous oblige à exposer votre problème dans les seuls termes de son logiciel selon le seul sens qu’il leur donne et vous avoue son impuissance à prendre en compte votre demande parce qu’elle ne s’inscrit pas dans ses mots. Les formules polies et « bienveillantes » qu’il est tenu de vous adresser au début et à la fin de l’entretien ne résolvent pas le problème du client ni son mal-être lié à la perte de sens de son travail. L’ordre linguistique de la grande entreprise n’est décidément pas celui de la démocratie sociale, ni du bien-être de ses salariés et des consommateurs.

3) Bref résumé de l’histoire de l’extension de son règne dans les autres sphères en France

Pour réaliser son ambition du marché total, selon l’expression d’Alain Supiot9, c’est-à-dire celui où tout est marchandise et soumis aux lois du marché, celui où l’humain doit être mis au service de l’économie et non l’inverse, le capitalisme néolibéral a réalisé son ambition d’accorder l’ordre linguistique étatique au sien. En France, ce fut entrepris à partir des années quatre-vingts grâce aux nationalisations de grandes entreprises par le gouvernement socialiste d’alors, maintenues dans le régime juridique du droit privé et déjà insérées dans l’économie néolibérale émergente. Elles se sont en effet traduites par l’insertion des hauts fonctionnaires de Bercy dans le monde merveilleux des affaires, de son idéologie managériale et de sa langue déjà mondialisée, le business English, devenue la leur. Cette fusion s’est poursuivie après les reprivatisations avec l’augmentation du pantouflage10.
Dès les années quatre-vingt-dix, la langue de l’administration d’État s’est ainsi conformée à celle du management néolibéral, en y important ses fonctions, ses valeurs et ses représentations, comme celles du new public management dont le nom dit assez l’origine et ses références, tandis que les fonctionnaires de Bercy et d’ailleurs, en lien avec les institutions européennes anglophones, doivent plus travailler et s’exprimer en anglais qu’en français. Cette fusion socioculturelle entre les élites de la sphère publique et de la sphère des affaires a de surcroît vocation à s’amplifier avec le projet de réforme de la haute fonction publique, selon ce qu’on sait déjà de ses orientations.
Simultanément, toutes les autres sphères de la vie collective se sont soumises plus ou moins à l’ordre linguistique de la grande entreprise du capitalisme néolibéral : celle de l’enseignement supérieur en premier, qui se fait dorénavant très majoritairement en anglais dans de nombreuses disciplines au-delà de Bac+2, tandis que les présidents d’université ne parlent plus que d’attractivité de leur établissements et d’objectifs comptables chiffrés ; celle de la vie privée où on gère son enfant plutôt qu’on ne l’éduque et où les mots anglomanagériaux envahissent la langue de tous, comme le caricaturent les sketches de Karim Duval ( ) ; celle de la culture populaire, devenue industrie, en particulier celle de la chanson devenue massivement anglophone pour la conformer aux standards marchands internationaux les plus lucratifs ; et celle de la politique dont les membres se mettent à la langue des tweets et n’hésitent pas à utiliser l’anglais managérial, notamment le président de la République vantant la France start up nation et accueillant l’élite économique mondiale au château de Versailles dans cette langue, sans souci du protocole de la République. Sa langue technocratique française emprunte par ailleurs beaucoup de sa fonction d’autorité à la langue anglomanagériale, parfois dite épistocratique, autrement dit non discutable. Pire encore, l’État demande désormais à l’école d’enseigner aux enfants cette langue utilitariste et pauvre, nous allons y revenir.
Tout cela est affligeant, mais ce qui l’est bien plus encore est la contribution essentielle de cet ordre linguistique à la consolidation du triomphe de l’ordre économique, social, politique et culturel du capitalisme néolibéral dont il est devenu le principal pilier et à l’amenuisement de notre capacité à penser un autre monde fondé sur d’autres représentations du réel et du désirable, ainsi que de résister à cet ordre. Car, il est celui qui partout favorise l’individualisme et le narcissisme, la perte de la conscience de classe, l’édulcoration de la solidarité collective, l’uniformisation et l’abaissement de la culture et la servitude volontaire. Il est aussi celui qui rend anarchique et inaudible l’expression de la colère populaire. Il est enfin celui qui légitime en creux l’ordre linguistique des religions qui n’autorisent pas l’exégèse de leurs dogmes, auquel finalement il ressemble tant, Pierre Musso a raison.

4) Comment se libérer de l’ordre linguistique néolibéral ? Au profit de quel autre ?

Ce qui précède mériterait bien sûr un développement plus poussé des analyses qui démonteraient un à un tous les ressorts et tous les effets délétères de cet ordre linguistique, devenu celui de la nation française dans son ensemble, d’un capitalisme néolibéral dont beaucoup pensent que la fin de son règne ne s’inscrit que dans ses limites catastrophiques déjà atteintes, ce qui est très pessimiste.
Si pourtant, comme on vient de tenter de le démontrer succinctement, ce règne n’aurait pu advenir et ne saurait durer sans son ordre linguistique qui en est le pilier, alors la question se pose de savoir comment on peut encore le remplacer par un autre, meilleur et plus sage. La réponse primordiale à cette question nous semble donnée par Pierre Judet de La Combe et Heinz Wismann 11.
Une société libre et démocratique, nous disent-ils en substance, appelle un ordre linguistique fondé sur un apprentissage de la langue et des textes qui permet l’acquisition de la connaissance, c’est-à-dire « l’éducation du jugement » et de l’autonomie de pensée, avant celle de la compétence qui voit le réel « comme une somme de problèmes à résoudre » appelant le seul apprentissage d’une langue utilitaire. Et le seul moyen qui le permet au profit du plus grand nombre est l’école à laquelle l’État a le moyen d’assigner cette mission, dès lors du moins qu’il aurait sincèrement l’objectif de fonder une société vraiment libre et démocratique.
Comme ce n’est vraiment pas le cas aujourd’hui en France, on voit bien que pour changer l’ordre des choses, le premier problème à résoudre est de nature essentiellement politique, et qu’il consiste à confier les affaires de l’État à des dirigeants dont ce serait l’objectif primordial et dont il confierait la réalisation à l’école, en lui assignant la mission d’enseigner la langue de la « connaissance ». Car, sans cet enseignement, un droit linguistique étatique répondant à cet objectif ne saurait défaire l’ordre linguistique du capitalisme néolibéral. C’est en effet par un apprentissage de la langue dédié à l’acquisition de la connaissance que ceux qui en bénéficient développent le désir et la capacité de connaître encore plus, de juger, de donner sens à leur travail et, surtout, de résister.
C’est alors dans la dynamique qu’initierait la démocratisation de cet apprentissage de la langue que pourrait tenir un ordre linguistique étatique qui sous-tendrait un ordre politique et social plus démocratique et plus juste, en lui donnant comme principal fondement, au-delà de la primauté de la langue nationale, la diversité des langues étrangères enseignées, le droit à la traduction et le respect effectif du droit du travailleurs au libre usage de la langue du territoire où il travaille, celui qui lui permet de discuter les représentations de la langue managériale et de lui opposer les siennes. Ecole et travail sont en effet les deux sphères où il faut prioritairement défaire l’ordre linguistique actuel.

Notes

[1Umberto Eco, « La Recherche de la langue parfaite », 1997, traduit in Seuil Points

[2P. Descolas, « Les Natures en question », p. 121 et suiv. Collège de France Odile Jacob, 2017

[3A. Supiot, in Trivium 15/213, « Communiquer ou se comprendre » http://trivium.revues.org/4547

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