Propositions pour une religion sans divinité
Contrairement à ce que pourrait penser un lecteur pressé de conclure, le présent texte n’est ni un livre désespéré, ni un livre d’espérance, mais le résultat de la mise en ordre logique de quelques réflexions de bon sens qui me sont venues, de façon plus diffuse, au fil de mes lectures et qui, à la longue, m’ont paru s’articuler en une espèce de démonstration digne d’être soumise à discussion. Le point de départ était le constat, désormais familier, depuis près d’un siècle que Nietzsche avait osé le formuler de la manière la plus péremptoire et la plus lapidaire qui fût : « Dieu est mort ». Dieu était mort, et depuis longtemps déjà, quand nous avons compris que c’était la multitude, donc nous, qui l’avions assassiné et que ce meurtre, loin d’améliorer notre situation difficile, l’avait encore dégradée.
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