L’élection de Donald Trump

mardi 21 février 2017, par Paddy Quick *

L’élection de Trump en tant que 45e président des États-Unis a été perçue avec horreur par ceux qui l’ont combattue, et qui continuent à la combattre sur différents fronts. Ceci inclut ceux qui agissent afin de défendre les droits des travailleurs (migrants inclus), de mettre un terme à l’incarcération de masse des Afro-Américains et autres minorités, d’arrêter les discriminations basées sur la race, le sexe ou le statut LGBTQ (Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transgendered and Queer), de défendre le droit à l’avortement et autres méthodes de contrôle des naissances, de promouvoir une couverture santé universelle ou encore de relever le défi du changement climatique. Ceci inclut aussi ceux et celles qui s’opposent aux interventions politiques et militaires à travers le monde et le soutien des États-Unis aux régimes totalitaires.

Traduit de l’anglais par Tom Roberts

Les membres de l’Union pour une économie politique radicale (URPE) partagent avec d’autres leur préoccupation profonde sur ce qui est déjà arrivé et sur ce que nous pouvons anticiper pour l’avenir. Par contre, nous avons beaucoup de points de vue différents et c’est pourquoi je ne prétends pas parler au nom de tous les membres de l’organisation. Il n’est pas encore clair jusqu’où Trump peut aller en défiant les normes et procédures démocratiques traditionnelles, voire carrément en violant la Constitution. Est-ce que cette inauguration de l’administration Trump constitue le début d’un nouveau fascisme, ou est-ce que c’est simplement un mouvement significatif vers la droite ? Il n’y a pas de consensus sur ce point.

Beaucoup de personnes conservaient l’espoir que Trump pourrait modérer ses positions une fois élu. Au lieu de cela, l’extrémisme de sa campagne s’est poursuivi, même avant son inauguration. Dès les premières semaines de son accession au pouvoir, on a vu la nomination à des postes clés de son administration différentes personnes issues de l’extrême droite du spectre politique, ceux qui se sont donné pour mission de démanteler les agences qu’ils étaient supposés administrer et notamment ceux qui sont responsables de l’éducation publique, de la protection de l’environnement ou du droit des travailleurs. Ses positions par rapport à la politique étrangère l’ont amené à s’associer à l’extrême droite d’autres pays comme Israël ou de l’Union européenne. Il a menacé de mener une guerre économique par rapport aux échanges avec le Mexique ou la Chine. Il considère, comme il l’a écrit le 10 février 2017, les Frères musulmans comme une « organisation terroriste ». Une de ses mesures les plus extrêmes est d’interdire l’immigration musulmane, ce qui est aujourd’hui repoussé par la justice... mais ceci indique néanmoins son intention de renverser un maximum de règles fédérales (son but, dit-il, est « d’éliminer 75 % de toutes ces régulations »). Un de ses principaux conseillers est Steve Bannon, issu de l’extrême droite, suprématiste blanc qui croit dans la théorie du complot, longtemps considéré en dehors des rangs des journalistes responsables.

Dans tout ceci, Trump surfe sur les forces antimusulmanes, xénophobes et racistes des États-Unis qu’il a mobilisées durant sa campagne présidentielle. La lutte aux États-Unis aujourd’hui est nécessairement défensive et se concentre sur le besoin de respecter les droits démocratiques, y compris l’adhésion aux lois nationales et internationales, tout en conservant notre conviction qu’un meilleur monde est possible.

Pour comprendre Trump, nous devons commencer par reconnaître que les forces qui ont mené à son accession au pouvoir sont mondiales et correspondent à l’avancée des extrêmes droites et forces fascistes non seulement en Europe, mais aussi aux Philippines, en Inde et dans d’autres pays à travers le monde. Ceci nécessite une analyse des forces globales, puis de ce que cela implique spécifiquement aux États Unis.

Nous assistons, d’une façon générale, à l’interaction de deux phénomènes. Le premier est le processus de globalisation à long terme, qui autorise les firmes multinationales à monter les travailleurs de différents pays les uns contre les autres. L’autre, ce sont les vagues d’immigrants qui fuient leur pays, suite à des guerres ou à des situations de pauvreté. Les immigrants aux États-Unis, y compris ceux qui cherchent un statut de réfugiés, viennent généralement des pays de l’Amérique centrale, et nous allons voir bientôt une augmentation massive de ces réfugiés à cause du changement climatique.

Aux États-Unis, la stagnation des salaires depuis environ 40-50 années, est généralement attribuée à l’afflux des importations ainsi qu’à l’arrivée des immigrants. Par contre, les traités dits de libre échange donnent principalement comme résultat le mouvement libre des capitaux plutôt qu’une réduction des tarifs douaniers concernant les importations et exportations de biens et services. Ceci a entraîné une stagnation, voire un déclin du pouvoir d’achat des travailleurs autant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement, avec une exception notable des travailleurs de Chine où les salaires et conditions de vie se sont plutôt améliorés. Mais tous les pays, y compris la Chine, ont vu une augmentation continuelle et dramatique des inégalités lorsque l’augmentation de la production s’est accompagnée d’une augmentation de la part des profits dans cette production. Aux États-Unis, le NAFTA (Le Traité nord-américain pour le libre-échange) est pointé du doigt par Trump comme un problème pour les travailleurs états-uniens qui auraient beaucoup perdu face aux travailleurs mexicains. Mais en fait, les travailleurs mexicains ont dû faire face à un plus grand déclin de leurs salaires que les travailleurs états-uniens. L’augmentation de la production, qui en général résulte du mouvement libre du capital, ainsi que des réductions des tarifs douaniers, est ainsi partie vers le capital mais pas vers le travail. Ainsi, une grande part de l’opposition de la classe des travailleurs envers le NAFTA ainsi que le TTP (Trans Pacific Partnership) a pris la forme d’une opposition xénophobe envers les travailleurs des autres pays, plutôt qu’une tentative de construire une forme d’opposition internationale au capital multinational. Ceci alimente le soutien pour les mesures protectionnistes que Trump approuve. Il faut noter ici que non seulement Hillary Clinton, mais aussi Bernie Sanders, son opposant social-démocratique, ont expliqué leur opposition envers le TPP par rapport aux menaces que cela posait aux travailleurs.

En concentrant la colère sur les immigrants et les importations, une grande partie des travailleurs états-uniens s’est alignée sur le secteur le plus réactionnaire de la classe capitaliste, notamment les capitalistes qui produisent et vendent principalement à l’intérieur de leur propre pays. Ces entreprises sont en fait menacées par les entreprises multinationales qui sont capables de casser la protection dont bénéficient les capitalistes nationaux, des barrières naturelles aux coûts de transport, des préférences culturelles à l’inertie régulationniste. Le terme « réactionnaire » doit être compris comme une description de ceux qui cherchent à renverser le cours de l’Histoire, et de retourner à un monde où l’expansion internationale prenait la forme d’une conquête impérialiste et d’une domination politique de l’époque néocoloniale, laissant intacte dans tous les pays la production principalement dominée par le capital international. À la place, nous voyons l’intégration rapide des productions mondiales sous le contrôle du capital multinational, qui poursuit son expansion qui lui est inhérente. Ceci ne peut, à long terme, être mis en cause que par la classe des travailleurs internationaux. Entre temps, il est important de résister à l’appel aux nationalismes xénophobes.

En termes de classe, Trump est le représentant de cette sphère du capital réactionnaire. En cela, il alimente l’antagonisme des « petits capitalistes » contre leur exclusion du cercle des décideurs ou des élites qu’il caricature comme « les politiciens »... Cette forme de populisme ne vise pas les riches. Au contraire, il admire les « self-made men » (ceux qui se sont « construits » à partir de rien), ainsi que les milliardaires qui, comme lui, ont réussi à bâtir leurs empires par de vieilles méthodes, très loin du monde de la production internationale et de la finance. Les politiciens qu’il met en cause sont ceux qui font partie de ce monde et agissent à l’intérieur des États en tant que représentants. La popularité de Trump est très liée à ses incantations anti-Hillary Clinton du style « Enfermez-la ! » (« Lock her up »). Ceci peut être compris comme l’expression d’une forme de haine pour la politicienne qui a fait peu dans sa campagne pour se distancier de « l’establishment » dont elle fait partie.

Les capitalistes que Trump représente effectivement sont motivés essentiellement par leur désir d’optimiser les profits de leur entreprises individuelles, sans être capables de comprendre ou de se soucier des implications de leurs actions pour le bien-être d’une classe capitaliste en tant qu’entité. Spécifiquement, cela veut dire qu’il n’est pas simplement favorable à des salaires plus bas, mais qu’il est aussi opposé à toute régulation, loi ou taxation, qui peuvent limiter sa capacité d’optimiser au maximum ses profits après imposition. Alors qu’il n’y a aucun doute que les petites entreprises trouvent les régulations plus onéreuses que les grandes corporations pour lesquelles l’économie d’échelle réduit leur coût par unité produite, ceci constitue un très petit facteur dans le processus à long terme de concentration de la production ou de la monopolisation. La campagne de Trump a alimenté leur vision de l’économie qui se traduirait par des interactions non régulées entre les affaires libres, hors de toute interférence de l’État.

Trump met en avant sa propre expérience dans la construction de son business, son empire, afin de promouvoir « l’art des affaires », le titre d’ailleurs de son livre en 1987. Et, dans sa campagne, il a attribué son succès à son tempérament, c’est-à-dire à son caractère individuel. Son utilisation de la menace dans la négociation, des actions en justice et de la manipulation des données (autrement dit, au travers de mensonges), afin de tirer avantage sur les autres est très connu, et ceci a effectivement joué un rôle dans son succès dans les affaires. Son engagement de faire en sorte que le Mexique « paye pour le mur » est un exemple de sa croyance qu’une telle approche peut être utilisée dans les négociations internationales, justement comme il l’avait utilisée contre des sous-traitants dans sa propre entreprise. À un niveau international, Trump s’engage à renégocier tout ce qu’il voit comme étant des « mauvaises affaires » (« bad deals ») que les États-Unis ont pu faire avec d’autres pays et ainsi de restaurer (d’une façon totalement réactionnaire) les États-Unis (ou l’Amérique selon les termes utilisés par Trump) à sa grandeur (« Make America Great Again ! »).

Le soutien de Trump aux taxes sur les importations correspond bien à sa conception très étroite de ce qui serait nécessaire pour le profit des entrepreneurs tels que lui, en éliminant la compétition inégale qui bénéficiera alors aux producteurs domestiques. Il semble ignorer que le concept même des chaînes de production et le développement de la production aux États-Unis inclut les produits importés. (Il est dit par exemple que General Motors est le seul plus grand importateur aux États-Unis de produits venant du Mexique, notamment les pièces détachées qui sont incorporées dans les automobiles made in USA). Mais il est inutile de penser que lui et ses supporters sont « mal informés » ou tout simplement « stupides ». Il existe une constance dans son approche et ceci est similaire à ce qui motive les réactionnaires d’autres pays. Il est important de reconnaître ceci.

Une partie de l’opposition à l’agenda de Trump peut venir du capital multinational et de ses représentants politiques. Ses politiques sont non consistantes au regard des intérêts à long terme du capital états-unien pour lequel l’État capitaliste est une pièce essentielle, à la fois nationalement et internationalement. Avant les élections, Trump avait moins de soutiens que Clinton. La finance multinationale, basée aux États-Unis, participe (et généralement domine) de telles organisations transnationales et pas simplement le NAFTA, mais aussi l’OMC (Organisation mondiale du commerce). À la place, il soutient un retrait unilatéral d’une façon simpliste « America First » (l’Amérique d’abord). Par contre, le parti républicain au Congrès semble ne pas vouloir le mettre en cause, se souvenant peut-être à quel point ce dernier doit son propre succès électoral à la mobilisation des mêmes racistes, xénophobes que l’on retrouve au « Tea Party ». Il est possible néanmoins de se demander pourquoi nous devons nous opposer fortement à l’agenda Trump venant du grand capital.

Une des raisons serait qu’une partie de la croissance des profits serait liée à cet agenda. Certains de ces profits viennent de la simple anticipation d’une réduction des taxes sur les entreprises (entraînant un transfert du poids fiscal sur la classe des travailleurs). La réduction des régulations va aussi permettre l’accroissement des profits par la réduction des restrictions environnementales, par exemple en réduisant leur coût direct et en supposant que tout dommage ainsi causé sera supporté par d’autres.

Mais ceci est simplement une des raisons pour l’apparent acquiescement des représentants majeurs du capital multinational au programme de Trump. Plus importante est la reconnaissance du fait que, si ce n’est pas contré, on peut faire confiance à Trump pour mener à bien l’assaut de grande ampleur sur la part du revenu total qui va vers la classe des travailleurs états-uniens et sur une redistribution vers le bas du poids fiscal. Ceci prendra la forme d’attaques contre les syndicats qui sont déjà affaiblis, en particulier les syndicats du secteur public, et sur la mise en pièces d’une bonne partie du filet de sécurité défaillant, par exemple à travers une réduction des moyens déjà insuffisants pour les programmes de santé (Health Care). Trump, inévitablement, va continuer sa rhétorique et ses assauts contre les immigrants, les minorités et les musulmans (ainsi que la promesse d’un retours vers les «  Good Old Days  », le « bon vieux temps » où les hommes pouvaient abuser des femmes sans peur d’une condamnation). On peut aussi compter sur lui pour cautionner l’utilisation de la force « quand nécessaire ». Certes, il a admis dans sa discussion avec Poutine que les États-Unis « n’étaient pas innocents » dans leur utilisation de la force mais ceci n’a pas été accompagné de la moindre expression de regret. Au contraire, il a clairement exprimé son acceptation de la torture et soutenu l’idée d’emprisonner les « terroristes » à Guantanamo. Au niveau domestique, on retiendra sa description des «  inner cities  » (les zones urbaines où se retrouvent les minorités) comme étant des lieux infestés par la drogue et régis par les gangs, et en insistant sur la nécessité d’utiliser la force pour les « décontaminer ».

Si le courant dominant du capital est incapable de « traiter » le cas Trump, quelles seraient alors les chances pour que la classe des travailleurs puisse réussir ? Il y a déjà les manifestations de colère vis-à-vis de Trump. La marche des femmes du 21 janvier a amené deux millions de personnes à travers le pays a s’opposer à ses politiques, non seulement par rapport à ses déclarations misogynes, aux questions liées à la condition féminine ou à l’avortement, mais aussi par rapport à une approche plus globale comme «  Black Lives Matter  » ou encore le changement climatique. Les activistes n’agissaient pas uniquement par rapport aux questions féminines, mais plus largement aux questions globales, et ceci en tant qu’acteurs de la société civile. Les manifestations du LGBTQ ont eu lieu peu de temps après et ont montré les façons dont les gens pouvaient prendre en compte l’interconnexion des problèmes. Tandis que les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur dans la mobilisation de ces manifestations, de nombreuses organisations étaient aussi impliquées dans la planification des deux événements. La réponse à l’ordre exécutoire de Trump d’interdire les immigrants musulmans de sept pays différents et de fermer la porte aux réfugiés de Syrie était, toutefois, totalement imprévue. Les protestations spontanées qui ont suivi étaient une indication encourageante de la profondeur de la compréhension des dangers que Trump représente pour chacun et de la capacité de l’opposition à agir collectivement.

Malgré tout, il est indéniable que la gauche états-unienne, définie d’une façon générale, manque d’organisation au niveau national. Alors que les Européens progressistes sont au moins capables de profiter des structures politiques traditionnelles, cela n’existe pas aux États-Unis. En supposant que nous soyons capables de contrer les forces réactionnaires ici, tout cela se passerait soit à un niveau local soit au niveau d’un État. Le Parti démocrate a échoué, dans la campagne présidentielle, à comprendre et à répondre en profondeur à la colère et la frustration de la classe des travailleurs états-uniens. La plus grande priorité aujourd’hui semble être (ce que l’on admet comme étant pervers) la redéfinition des districts électoraux qui ont réduit la part des élus représentatifs. Les membres des syndicats dans le secteur privé sont en dessous de 7 % et le chiffre de 11 à 12 % résulte d’une inclusion des travailleurs du secteur public qui vont certainement perdre leur appartenance, suite à une future décision probable de la Cour suprême.

Au niveau international, la classe des travailleurs américains et les forces progressistes ont très peu d’influence. L’étendue de l’ignorance et de l’anti-intellectualisme au sein de la population née aux États-Unis ne peut pas être ignorée. Cette population n’a pas été indifférente à de telles idées, comme cette croyance (promue par Trump) qu’Obama n’était pas né aux États-Unis, sans parler du déni du changement climatique. Aujourd’hui, ceci s’assimile trop fréquemment à l’identification de l’Islam avec le terrorisme. Un correctif important à ceci vient de la compréhension supérieure des relations internationales par les immigrés de la première et de la deuxième génération, mais qui n’a pas été suffisante pour contrer ceux qui sont susceptibles de suivre le populisme à la Trump.

Pendant que Trump a montré une habileté incroyable (!) à s’aliéner beaucoup de dirigeants mondiaux (à l’exception de Poutine), il est possible qu’il ne sera pas capable d’agir aussi librement au plan international qu’il semble pouvoir le faire au plan national. Il semble s’être rétracté sur ses déclarations concernant l’Otan, les colonies en Israël ou encore l’Ukraine. Il est clairement à côté de la plaque par rapport à sa compréhension des relations politiques et économiques au niveau international. Son expérience directe consiste plutôt dans les transactions sur les affaires d’entreprises particulières. Tandis qu’il est difficile d’expliquer « Trump » par rapport à son caractère individuel, il est clairement incapable de trouver ou d’écouter les points de vue des autres. Sa croyance, qu’il « connaît mieux que les généraux » la façon « de combattre et éliminer DAESH » est un exemple typique. Il est peu probable que Trump puisse retirer les États-Unis du NAFTA ou encore de l’OMC. Néanmoins, il est en train d’établir une instabilité dans le monde, notamment par son antagonisme non dissimulé envers l’Union européenne. Et il n’est pas encore clair de savoir à quel point il va coopérer avec les partis néofascistes en Europe.

Il est difficile de prédire ce qui va se passer dans les quatre années sous la présidence de Trump, sans parler d’une éventuelle réélection en 2020. Les optimistes s’attendent à ce que l’impuissance de Trump pour répondre aux vrais problèmes des travailleurs américains ramènera ces derniers dans le camp de l’opposition. Les pessimistes s’inquiètent et pensent que cette colère va continuer à cibler les immigrants, les musulmans et les minorités américaines. De toutes ces hypothèses, celles qui auront le plus de chances de prévaloir dépendront de ce que nous ferons aujourd’hui.