[DOSSIER] La crise politique en Bolivie

vendredi 20 décembre 2019, par Attac France

Depuis l’élection présidentielle du 20 octobre 2019 la Bolivie connaît une crise politique majeure qui a abouti à la démission du président Evo Morales le 10 novembre.

Pour permettre à chacun.e de se saisir de ces débats, Attac France met à disposition un ensemble de textes produits par des militant.es et intellectuels connaissant bien le contexte de la Bolivie et par divers mouvements sociaux.

Cette démission et cette crise politique sont l’objet d’un vif débat dans les mouvements sociaux et les milieux militants de gauche en Bolivie comme dans le reste du monde. Certains estiment que les responsables en sont les forces de droite et d’extrême droite en Bolivie ainsi que les gouvernements réactionnaires, aux États-Unis et en Amérique Latine. D’autres insistent sur les causes plus anciennes : le choix d’Evo Morales de contourner le résultat du référendum de 2016 qui exprima le refus de remettre en cause la limitation à deux mandats des présidents de la République ; une politique contradictoire avec les principes écologistes énoncés lors de l’arrivée du Mas et d’Evo Morales au pouvoir et dans la nouvelle Constitution ; ou encore l’accumulation de griefs économiques et sociaux au cours de 14 années au pouvoir.

Pour permettre à chacun de se saisir de ces débats, Attac France met à disposition un ensemble de textes produits par des militant·e·s et intellectuel·le·s lié·e·s à la Bolivie et ses mouvements sociaux.
Au-delà de ce travail de diffusion de l’information, Attac dénonce vivement que Jeanine Añez, seconde vice-présidente du Sénat, se soit autoproclamée présidente sans que le quorum au Parlement ne soit respecté ; elle a immédiatement tenu des propos racistes à l’encontre d’Evo Morales et de l’ensemble des peuples indigènes de Bolivie, brandissant une Bible lors de sa prise de fonction pour marquer sa volonté de rompre avec la présidence de Morales qui avait tenu à l’écart l’Eglise au profit qu’une approche "plurinationale".

Attac s’associe à la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, qui dénonce l’usage massif et disproportionné de la force par la police et l’armée contre les manifestants qui refusent la main-mise de la droite conservatrice sur l’ordre constitutionnel et politique (neuf décès et 122 blessés en seulement deux jours selon la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH)). Le décret pris qui autorise la participation de l’armée dans le maintien de l’ordre tout en l’exonérant de toutes responsabilités pénales est également extrêmement grave. Attac se joint à toutes les organisations sociales et politiques nationales et internationales qui appellent à une sortie constitutionnelle de la crise, par la tenue de nouvelles élections, dans un climat politique réellement favorable à un scrutin démocratique.


  • Bolivie : comment Evo est tombé, par Pablo Stefanoni et Fernando Molina
    Coup d’État militaire contre un gouvernement populaire ? Rébellion de la société contre un régime tenté par l’autoritarisme ? La chute d’Evo Morales, que personne – pas même ses adversaires – n’aurait imaginé il y a à peine trois semaines, mérite mieux que des clichés idéologiques en roue libre.
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  • Lettre ouverte au mouvement altermondialiste sur la situation en Bolivie, par Pablo Solon
    Le Président Evo Morales a déclaré ce mercredi matin, lors d’une conférence de presse, qu’un coup d’état était en cours en Bolivie et « qu’il faisait à nouveau appel à la solidarité internationale pour défendre le Processus » (connu comme “Proceso de Cambio”) dans mon pays. Avec une grande amertume, ayant participé au gouvernement entre les années 2006 et 2011, je suis très désolé de vous dire que cette affirmation d’Evo Morales est complètement fausse.
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  • Contre la fascisation de la Bolivie, par l’espace Mobilisations internationales d’Attac France
    Depuis la prise de pouvoir par la droite extrême, une partie de la société bolivienne qui s’était peu manifestée avant le départ forcé du pouvoir d’Evo Morales s’est mobilisée pour la démission de Jeanine Añez Chavez. Celle-ci s’est auto-proclamée « présidente de transition », sans que cela soit validé par le quorum requis au Parlement, et surtout en l’absence des députés du MAS, menacés par les nouvelles forces de répression.
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  • Bolivie : l’OEA et le coup d’État, par James Galbraith et al. (Tribune)
    L’administration Trump a ouvertement et fermement soutenu le coup d’État militaire du 10 novembre qui a renversé le gouvernement du président Evo Morales. Tout le monde convient que Morales a été élu démocratiquement en 2014 et que son mandat ne prend fin que le 22 janvier. Pourtant, plusieurs personnes en dehors de l’administration Trump semblent accepter le coup d’État militaire soutenu par Trump.
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  • La crise politique bolivienne vue « depuis le bas », par Claude Le Gouill
    En novembre 2018, Emilio m’invitait chez lui à boire un mate, dans la communauté de Copalca, dans le Nord Potosi, au cœur de l’altiplano bolivien, à 4.000 mètres d’altitude. Emilio est évangéliste, professeur des écoles et leader local de l’organisation indienne Fédération des Ayllus, Originaires et Indigènes du Nord Potosi (FAOINP). A quelques mois de l’élection présidentielle, il est prêt à tout pour faire tomber Evo Morales. Difficile de savoir si ce sentiment est généralisé à Copalca.
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  • La Via Campesina dénonce le coup d’État en Bolivie, par la Via Campesina (Communiqué)
    En tant que mouvement paysan international, nous exprimons notre profonde solidarité avec le peuple bolivien, et rejetons le coup d’État raciste, classiste et misogyne orchestré par l’impérialisme américain et les oligarchies conservatrices locales. Nous appelons à une mobilisation permanente et à une solution démocratique qui garantisse les droits humains des leaders sociaux.
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  • La gauche bolivienne a-t-elle enfanté ses fossoyeurs  ?, par Maëlle Mariette dans Le Monde Diplomatique
    Arrivé au pouvoir en 2006, le président bolivien Evo Morales briguera un quatrième mandat en octobre. Les politiques de redistribution qu’il a mises en œuvre ont permis l’émergence d’une classe moyenne diverse et parfois très prospère, à l’image des « cholos », les indigènes urbanisés. Moins militantes qu’autrefois, ces franges de la population ne partagent pas forcément les valeurs des dirigeants auxquels elles doivent leur ascension.
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  • Bolivie : Un soulèvement populaire exploité par l’ultra-droite, par Raùl Zibechi
    C’est le soulèvement du peuple bolivien et de ses organisations qui a, en dernière instance, provoqué la chute du gouvernement. Les principaux mouvements ont exigé sa démission avant que la police et l’armée ne le fassent. L’OEA [Organisation des États Américains, ndlr] a soutenu le gouvernement jusqu’à la fin. La conjoncture critique que traverse la Bolivie n’a pas commencé avec la fraude électorale, mais avec les attaques systématiques du gouvernement d’Evo Morales et d’Alvaro Garcia Morales contre les mouvements populaires qui les ont portés au pouvoir, si bien que lorsqu’ils en ont eu besoin pour les défendre, ces mouvements n’étaient plus actifs et étaient démoralisés.
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  • "En Bolivie il y a eu un coup d’état", interview d’Adriana Guzman par Marion Pivert dans 50-50 Magazine
    La Bolivie est actuellement secouée par de forts troubles politiques. Evo Morales, le premier président issu des peuples autochtones (2005-2019), a démissionné le 10 novembre dernier à la suite d’accusation de réélection frauduleuse qui a provoqué des manifestations de grande ampleur, soutenues par la police puis par l’armée. Depuis lors, la seconde vice-présidente du Sénat, Jeanine Anez, représentante de la droite catholique, s’est auto-proclamée présidente par intérim jusqu’aux prochaines élections prévues en 2020. La répression de ce pouvoir transitoire vis-à-vis des peuples autochtones est extrême, dans un pays longtemps marqué par le racisme et la forte opposition entre l’État et les peuples autochtones.
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