La lettre de l’espace Écologie et Société de mai-juin 2026 est à lire en entier ici.
Un climat de guerre
Face à la crise climatique et aux signaux indiquant qu’un dangereux point de basculement est atteint à l’échelle planétaire, la priorité devrait être à l’action climatique et à la coopération internationale. Pourtant, la fuite en avant militariste, la course aux armements et les conflits armés de haute intensité, comme la guerre menée aujourd’hui en Iran, Palestine, Liban et Syrie par Trump et Netanyahou ou en Ukraine par Poutine, exacerbent cette crise climatique et empêchent sa résolution. En retour, les crises climatiques alimentent les tensions et développements de conflits armés. Cette spirale infernale menace la sécurité, les conditions de vie et d’existence des populations humaines et les équilibres climatiques et écologiques de la planète.
Les effets de la militarisation, du réarmement et des guerres sur la crise climatique
Guerres et Climat
Les affrontements armés ravagent des vies, font de la planète et de son climat une victime collatérale [1]. L’an dernier, 92 pays, soit près de la moitié du monde, ont fait la guerre provoquant des émissions de gaz à effets de serre (GES) provenant d’avions et de chars gourmands en carburant, de la conduite des guerres, mais aussi des opérations de déblaiement et de reconstruction des dégâts après les combats. Ils dévastent les écosystèmes et laissent derrière eux des déchets toxiques qui empoisonnent les communautés pendant des générations [2]. Pourtant, les États et leurs armées n’ont de comptes à rendre à personne et bénéficient d’un laisser-passer : ils ne sont pas tenus de déclarer les émissions de GES de leurs armées.
- La guerre d’Israël contre Gaza a produit 32,2 millions tCO₂-e (tonnes équivalent CO2) en seulement 15 mois.
- L’invasion de l’Ukraine par la Russie a également généré en 3 ans 230 millions tCO₂-e.
- La Guerre du Golfe (1990-1991) a généré 131 millions tCO₂-e.
- Alors que les attaques militaires menées par les États-Unis et Israël continuent de faire des milliers de victimes et des millions de déplacés dans toute la région, leur coût financier ne cesse d’augmenter ainsi que les graves dommages environnementaux causés par les bombardements de raffineries de pétrole, d’usines de dessalement et d’installations militaires. Les émissions totales de GES des 14 premiers jours d’offensive (tableau ci-dessous [3]) dépassent les 5 millions de tCO₂-e, soit plus que la pollution climatique totale de l’Islande en 2024, et représentent plus de 1,3 milliard de dollars de dommages climatiques.

Les conséquences sur les écosystèmes sont importantes à travers les incendies, la destruction de forêts, de réserves naturelles, de sources d’eau et d’espèces. L’usage massif par l’armée américaine de l’agent orange dans les années 1960 lors de la guerre du Vietnam a détruit des forêts entières et continue de nuire à l’environnement, au climat et aux populations.
Les contrecoups sur les infrastructures énergétiques, nucléaires et industrielles sont multiples. En Ukraine, des infrastructures hydrauliques, telles que des stations de pompage et des usines d’épuration, sont endommagées, augmentant le risque d’émissions de déchets toxiques. Les dégâts de la guerre touchent des infrastructures énergétiques, telles que des raffineries de pétrole, des plateformes de forage et des installations gazières.
Les opérations militaires causent également des dommages sur les ressources en eau, l’air et les sols comme l’a montré le déversement important d’hydrocarbures dans la mer lors de la première guerre du Golfe. Les bombardements, les rejets des produits chimiques qui en découlent et les débris d’armes militaires perturbent l’irrigation, la gestion des ressources en eau, le ravitaillement en eau potable et l’assainissement. Même des décennies après que des substances dangereuses se soient déversées dans les sols, les cultures restent contaminées. Les substances radioactives présentent alors sur le long terme des risques pour l’organisme et l’environnement.
Militarisme, armement et climat (hors période de conflits)
La participation des armées à la dégradation du climat ne se réduit pas aux périodes de conflits [4]. Il y a la production des armes et du matériel militaire, leurs tests et essais, leur stockage, conservation et modernisation, l’usage et l’entretien d’un réseau mondial de navires conteneurs, avions cargos, et camions, la formation et les entrainements des personnels et unités de combat, leurs infrastructures (foncier, camps et bases terrestres, navales et aériennes), la surveillance, l’information (satellites, cybersécurité, Intelligence Artificielle), etc. Les troupes sont aidées et même remplacées par des machines de guerre puissantes alimentées par de gigantesques systèmes industriels, technologiques et logistiques nécessitant des quantités croissantes de matières premières et d’énergie. Même en temps de paix, les complexes militaro-industriels sont des facteurs de destruction :
- Les camps d’entrainement militaire, souvent pollués (déchets radioactifs, munitions, etc.) couvrent environ 1% de la surface terrestre.
- Le maintien et l’entrainement des forces occidentales consomment des quantités énormes de ressources.
- Les risques de sécurité dans la fabrication, le stockage, le maintien et les essais sont nombreux : en janvier 1968, un bombardier américain B‑52 transportant quatre bombes thermonucléaires H s’écrase près de la base de Thulé au Groenland [5] ; en septembre 1980 a lieu une explosion dans un silo de missiles stratégiques Titan-II de la base militaire Damascus au nord-ouest de l’Arkansas ; en septembre 2024 un missile intercontinental Sarmat (RS-28), surnommé « Satan II », a explosé dans son silo lors d’un tir d’essai au cosmodrome de Plessetsk, en Russie [6], laissant un cratère de 55 m…
- 210 essais nucléaires français [7] ont été réalisés entre 1960 et 1996 d’abord dans le désert du Sahara algérien puis en Polynésie française.
L’industrie militaire joue depuis le XIXe siècle un rôle majeur dans le réchauffement climatique [8]. Les armées sont d’énormes consommatrices d’énergie et leurs émissions de GES apportent une contribution significative à la crise climatique :
- Les pays les plus riches et les plus responsables de la crise climatique dépensent 30 fois plus pour leurs forces armées qu’ils ne contribuent financièrement à la lutte contre la dégradation du climat.
- Sept des dix premiers émetteurs historiques figurent également parmi les dix premiers dépensiers militaires mondiaux : États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, Japon et Allemagne.
- En termes de consommation de carburant, si les forces armées du monde étaient classées comme un seul pays, elles seraient le 29e plus grand consommateur de pétrole au monde, juste devant la Belgique et l’Afrique du Sud.
On estime qu’en 2022 la totalité de l’empreinte carbone militaire mondiale représentait environ 5,5 % des émissions mondiales [9], en ne comptant que l’industrie militaire et pas les guerres elles-mêmes ni les reconstructions rendues nécessaires par les destructions militaires. Cela représente plus d’émissions que les secteurs de l’aviation civile et du transport maritime réunis. Par exemple, le Rafale, avion de chasse multirôle français, consomme environ 2 500 litres de carburant par heure en vol de croisière, mais cette consommation peut augmenter considérablement lors des manœuvres de combat et atteindre jusqu’à 9 000 litres par heure ; un char Leclerc dispose d’un réservoir de carburant de 1 300 litres lui assurant une autonomie moyenne de 550 km sur route en conditions optimales. Le maintien opérationnel d’un groupe de chars nécessite donc une logistique en carburant très robuste, avec la mobilisation d’un convoi de ravitaillement pour accompagner les blindés, notamment lors des manœuvres d’envergure.
L’augmentation mondiale des dépenses militaires entraîne des conséquences considérables en menaçant les objectifs nationaux d’atténuation de manière directe et indirecte. Parce que les militaires et leurs chaînes d’approvisionnement sont les principaux utilisateurs de combustibles fossiles, la hausse des dépenses militaires entraîne une augmentation directe des émissions de GES militaires par trois voies principales :
- Augmentation de la consommation de combustibles fossiles dans l’entraînement et les exercices ; les patrouilles de routine ; et (en temps de guerre) les conflits armés.
- Augmentation du nombre de militaires et de la consommation d’énergie fossile dans les bases militaires.
- Augmentation de l’approvisionnement militaire, par l’énergie fossile et d’autres ressources dans la fabrication d’équipements ou la recherche et le développement pour les équipements futurs.
La relation exacte entre les dépenses militaires et les émissions de GES est cependant complexe et difficile à définir, en particulier en raison des lacunes dans les données sur les émissions. Malgré ces difficultés, des études indiquent une augmentation de plusieurs dizaines, voire centaines de millions de tpyCO₂-e par an, du fait de la hausse actuelle des dépenses entraînant aussi une hausse des émissions de GES dans l’ensemble de l’économie civile, et ce, de plusieurs manières :
- Détournement de fonds et d’autres ressources des programmes de réduction des émissions de GES vers les programmes militaires généraux ;
- Maintien d’une dépendance économique nationale aux combustibles fossiles, en particulier au pétrole, en raison de leur importance pour les plateformes militaires, et le conservatisme qui en découle dans les initiatives de diversification vers des sources d’énergie à faible émission de carbone ;
- Passage à des combustibles plus riches en carbone, comme le GNL.
Dans le contexte actuel du réarmement européen, le plan « Réarmer l’Europe » de la Commission européenne prévoit une augmentation de 800 milliards d’euros du budget militaire européen qui pourrait entraîner une hausse allant jusqu’à 3,5 % du PIB. Une étude récente indique qu’une augmentation des dépenses militaires d’un point de pourcentage du PIB accroît les émissions nationales totales de 0,9 % à 2,0 % [10].
Impact indirect du complexe militaro-industriel sur le climat
Les armées tirent pour l’essentiel leur puissance des énergies fossiles et ont joué un rôle dans leur expansion au sein des secteurs civils : développement de l’aviation commerciale civile, voiture à essence, marine marchande, infrastructures énergétiques dont le nucléaire civil. Elles ont joué un rôle dans l’invention et le développement de technologies agricoles écocidaires, de l’extractivisme et de procédés et composés chimiques polluants, tels que les PFAS, l’agent orange, développés initialement dans les années 1940 par l’industrie chimique états-unienne pour un usage militaire ou l’insecticide DDT. Il faut ajouter leur appropriation des terres : le ministère des Armées [11] possède la plus grande emprise foncière de l’État avec environ 275 000 ha (soit 40 %, dont 40 000 ha de terrains militaires classés Natura 2000) répartis sur134 camps nationaux, 84 bases aériennes et aéronavales, 133 champs de tirs (20% classés Natura 2000).
Armement nucléaire, feu et hiver nucléaire

En 2025, neuf pays [12] (la Chine, la République populaire démocratique de Corée, les États-Unis, la France, l’Inde, Israël, le Pakistan, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis) possédaient plus de 12 000 ogives nucléaires. Le Nuclear Weapons Ban Monitor [13] montre que le nombre d’armes nucléaires disponibles à l’emploi est passé de 9 585 au début de 2024 à 9 614 au début de 2025. Cela équivaut à un peu plus de 146 500 bombes d’Hiroshima. 40 % de ces armes sont déployées et prêtes à être utilisées immédiatement sur des sous-marins et des missiles terrestres, ainsi que dans des bases de bombardiers.
L’abrogation ou l’expiration de plusieurs accords bilatéraux entre les États-Unis et la Russie (traités ABM Anti Balistic Missile, FNI Forces Nucléaires à portée Intermédiaire et New START encadrant les arsenaux nucléaires de la Russie et des États-Unis) ou la non-ratification d’accords multilatéraux (Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires) inaugurent un saut dans l’inconnu nucléaire ultime et ravive les craintes de prolifération. Le 2 mars 2026, E. Macron a prononcé un discours sur la dissuasion nucléaire depuis la base de sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de l’Île longue officialisant la participation de la France à la course aux arsenaux nucléaires (augmentation du nombre d’ogives nucléaires, actuellement de 290) et la fin de la transparence (non communication du nombre) : pas un mot sur le désarmement alors que la France est signataire du TNP (Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires) et ni sur le TIAN (Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires) que la France n’a toujours pas signé.
Les dégâts potentiels de ces bombes sont de nature mécanique par effet de souffle, effet thermique de la boule de feu, effets radioactifs immédiats et jusqu’à très long terme et effet électromagnétique par impulsion de type foudre pouvant détruire les circuits électroniques. À ces effets immédiats s’ajoute un impact à plus long terme sur le climat. Les incendies et le nuage de poussière générés par l’explosion pourraient former un manteau de suie et de matière qui occulterait la lumière du soleil. Selon Jean-Marie Collin, " un conflit nucléaire limité entre l’Inde et le Pakistan, soit l’utilisation de moins de 100 armes nucléaires, pourrait être à l’origine de perturbations climatiques à l’échelle mondiale, entraînant une diminution massive des rendements agricoles à travers la planète et provoquant une famine affectant 2 milliards d’êtres humains » [14].
Le climat comme arme de guerre
[15]
Dès la fin des années 1940, aux États-Unis, le Pentagone mena des études sur les phénomènes météorologiques et climatiques dans un objectif stratégique : projet Cirrus visant à faire des trous dans les nuages afin de pouvoir contrer une situation météorologique empêchant un atterrissage des avions militaires. Pendant la guerre du Vietnam (1955-1975), le projet Popeye visait la modification de l’environnement pour prolonger la saison de la mousson afin d’enliser les mouvements des troupes et la logistique de l’ennemi dans la jungle boueuse.
Un rapport fait à la demande de l’US Air Force, intitulé « La météo comme démultiplicateur de force : maîtriser les conditions atmosphériques en 2025 » étudiait comment l’armée américaine pouvait « maîtriser le climat » en agissant sur les pluies, tempêtes et brouillard afin de s’assurer une suprématie militaire via des armes climatiques [16].
Crise climatique et conflits
La guerre est aujourd’hui une des principales conséquences et modalités de réponse aux catastrophes climatiques. Ces dernières impactent la sécurité des populations concernées : risques graves sur les possibilités de vie sur leurs territoires, raréfaction de certaines ressources, crises alimentaires, déstabilisation sociale et politique, et migrations massives de populations. La militarisation constitue une véritable adaptation sélective du capitalisme des catastrophes au service des puissances impériales et en leur sein des plus riches. Elle place l’armée en première ligne exprimant une logique de racisme environnemental mais aussi potentiellement d’apartheid climatique.
Augmentation des risques de conflits [17]
Le dérèglement climatique, dont l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes et de la modification des schémas saisonniers, est un facteur de tensions et un fauteur de guerre envenimant les crises dues aux tensions sociales, militaires, religieuses, ethniques ou foncières. La raréfaction de l’eau, les récoltes perdues, les reculs des traits de côte et les incendies de forêt provoquent des déplacements massifs et des rivalités nouvelles.
Les migrations résultent de la convergence des conflits, de la pauvreté et du changement climatique, frappant de plein fouet les populations les plus vulnérables. Les migrations liées au climat peuvent exacerber les problèmes socio-économiques dans les zones urbaines, où les migrants eux-mêmes en subissent les conséquences les plus graves. La migration n’est pas possible pour tous et l’immobilité peut être tout aussi dangereuse qu’une mobilité précaire. La pauvreté, le handicap et l’âge, ainsi que le genre et les restrictions sécuritaires, peuvent piéger les personnes dans des conditions dangereuses. Les sécheresses, les inondations et les épidémies répétées érodent les moyens de subsistance et les capacités d’adaptation, créant un cercle vicieux de vulnérabilité. Toutefois, le changement climatique est rarement le seul facteur de déplacement, et la plupart des personnes font état de facteurs économiques, sociaux ou de violence qui s’ajoutent aux contraintes environnementales. Sur les 83,4 millions de personnes déplacées internes recensées dans le monde fin 2024, 73,5 millions l’ont été en raison de conflits et de violences et 9,8 millions à cause de catastrophes.
Près de 45,8 millions de déplacements dus aux catastrophes ont été enregistrés dans 163 pays et territoires en 2024, cela représente près du double de la moyenne annuelle de la dernière décennie, liée au réchauffement climatique.
Le genre influence également la migration humaine. Les femmes, les hommes et les personnes de diverses identités de genre sont confrontés à des contraintes et des opportunités différentes selon leur accès aux ressources financières, leur pouvoir de décision et la sécurité des voies de déplacement. Les hommes migrent plus souvent sur de longues distances, tandis que les femmes ont tendance à migrer entre les centres urbains nationaux ou à rester sur place pour s’occuper des personnes à charge. L’immobilité est également genrée, car les femmes qui restent (par choix ou par contrainte) sont souvent confrontées à une charge de travail accrue, à des revenus plus faibles et à une plus grande exposition aux violences sexistes et sexuelles, en particulier dans les contextes fragiles.
L’insécurité ajoute une complexité supplémentaire aux parcours de mobilité. Les mouvements transfrontaliers peuvent accentuer les inquiétudes, les conflits dans les zones d’accueil où les nouveaux arrivants sont perçus comme des concurrents pour les ressources, les services ou les emplois, ou lorsque des acteurs politiques exploitent des discours xénophobes. Les politiques de logement urbain ne suivent souvent pas le rythme de la mobilité humaine, et les migrants urbains sont placés dans des conditions précaires n’ayant pas accès à des logements abordables, sûrs et stables. Les migrations urbaines alimentent alors le rejet des migrants urbains rendus responsables du déclin des services et de l’insuffisance des infrastructures.
Le changement climatique amplifie donc drastiquement les inégalités entre les personnes capables de s’adapter et celles qui ne le sont pas. Les déséquilibres de genre et de pouvoir, notamment l’inégalité d’accès aux titres fonciers, au crédit et à l’information en cas d’alerte précoce, peuvent rendre l’immobilité particulièrement dangereuse pour les femmes et les groupes marginalisés.
Stratégie du capitalisme des catastrophes : adaptation sélective et racisme environnemental
Depuis les années 1990, les institutions militaires, notamment états-uniennes mais aussi françaises [18], placent l’armée en première ligne [19]. Un rapport de la Maison Blanche de 1995 [20] donne à l’armée la responsabilité d’anticiper et de répondre à « la gamme de risques environnementaux suffisamment graves pour compromettre la stabilité internationale ». Il s’agit principalement d’anticiper et d’organiser une réponse militaire aux catastrophes exprimant une logique de « racisme environnemental » mais aussi potentiellement d’« apartheid climatique » [21]. Cette adaptation militaire sélective [22] au service des plus riches implique une idéologie spécifique, celle non seulement de renoncer à contenir le réchauffement climatique (théorie du renoncement) mais encore d’en accepter les conséquences catastrophiques, inégalement réparties. Les guerres impérialistes n’ont plus seulement pour objectif la prédation pour le profit au sein d’un monde fini mais aussi désormais la survie et la préservation du mode de vie capitaliste en adaptant à la dégradation du climat les conditions d’existence des puissances impériales, et en leur sein des plus riches : les deux enjeux majeurs pour endiguer le déclin, entamé et inévitable à court terme du capitalisme sont : la force militaire (militarisme environnemental) et les nouvelles technologies (adaptation technosolutionniste). La stratégie expansionniste agressive qui vise à enrayer le déclin économique de son capital fossile et à rétablir son État comme un acteur impérialiste majeur, s’explique par la compétition entre grandes puissances pour l’hégémonie au sein du capitalisme des catastrophes.

