La transition énergétique : bonne ou mauvaise pour l’emploi ?

Dossier : L’écologie, nouvel enjeu, , par Philippe Quirion

Du fait du niveau historiquement élevé du chômage, les politiques énergétiques et climatiques sont, à tort ou à raison, évaluées selon leur impact sur l’emploi. Ainsi, Henri Proglio, PDG d’EDF, a-t-il affirmé qu’en cas de sortie du nucléaire en France « un million d’emplois seraient mis en péril », ce qui a amené Anne Lauvergeon à déclarer qu’il avait « fumé la moquette » (La Tribune, 2011). Inversement, les partisans d’une sortie du nucléaire mettent en avant les créations d’emplois que ces politiques permettraient (Greenpeace International et al., 2012). Une partie de la divergence des résultats provient des différences dans le périmètre considéré : comme toute politique sectorielle, les politiques énergétiques et climatiques créent des emplois dans certaines activités et en détruisent dans d’autres. Pour calculer l’effet net sur l’emploi, il est donc nécessaire de prendre en compte à la fois les créations et les destructions d’emplois.