Les projets d’infrastructures de transport, tous « inutiles et imposés » ?

Débats, , par Philippe Mühlstein

Les projets de nouvelles infrastructures ferroviaires suscitent des réactions tranchées et hostiles d’associations ou de partis se réclamant de l’écologie, de l’altermondialisme ou de la « gauche de gauche ». Ces réactions les conduisent à s’opposer à tous ces projets et à exiger dans tous les cas l’alternative consistant à utiliser plus intensivement les lignes ferroviaires existantes, moyennant leur modernisation. Ce systématisme accompagne un vaste amalgame de tous les projets, ferroviaires ou autres, à des « projets inutiles et imposés ». Ce vocable est mobilisateur, tant les projets plus ou moins pharaoniques, coûteux pour le contribuable et souvent très nuisants pour l’environnement, ont proliféré depuis les années 1950-60, justifiés par l’idéologie productiviste de la « croissance » qui domine encore parmi le personnel politique. Pourtant, ce vocable et cet amalgame sont réducteurs et fallacieux. Plutôt que de céder au simplisme d’une opposition systématique, ne convient-il pas d’examiner au cas par cas les projets ferroviaires pour déterminer l’intérêt d’en réaliser certains, en tout ou partie, et définir à quelles conditions précises cet intérêt pourrait se concrétiser, à la fois sur les plans écologique et social ?