La Mère Caca

Dossier : Matières premières, , par Émile Zola

Jamais ils n’avaient été riches ; seulement, lorsque lui travaillait encore, il louait des terres qu’il faisait valoir ; tandis que, maintenant, elle avait bien de la peine à cultiver toute seule l’arpent qui leur appartenait ; et elle s’éreintait, ramassait le crottin des routes pour le fumer, n’ayant pas de bestiaux, soignait ses salades, ses haricots, ses pois, pied à pied, arrosait jusqu’à ses trois pruniers et ses deux abricotiers, finissait par tirer un profit considérable de cet arpent, si bien que, chaque samedi, elle s’en allait au marché de Cloyes, pliant sous la charge de deux paniers énormes, sans compter les gros légumes, qu’un voisin lui emportait dans sa carriole.