Attac Marseille - Pour la justice climatique : quelles actions maintenant ?

Attac Marseille, Alternatiba Marseille et Eau Bien Commun Paca organisent une réunion publique sur le thème :

  • Quel bilan de la COP 21 ?
  • Que font les différents acteurs : gouvernements, grandes entreprises, collectivités locales, mouvements citoyens ?

Débat introduit par Nicolas Haeringer, responsable France de la campagne du réseau 350.org pour le désinvestissement des énergies fossiles

Cette réunion publique commencera par une analyse de la situation ouverte par les décisions et les non-décisions de la conférence de Paris. Pour la première fois, 195 États s’accordent sur un texte qui reconnaît la nécessité de mesures d’urgence pour limiter la hausse de la température moyenne à 2°, et qui définit pour la suite un objectif de 1,5°. Cet accord conforte la légitimité des mouvements citoyens pour la sauvegarde du climat. Et si les États ne prennent pas les décisions nécessaires, on peut maintenant invoquer cet accord pour justifier, y compris devant les tribunaux, des actions de désobéissance civique. On peut agir sur les décideurs politiques et économiques à la fois par la pression de l’opinion et par la jurisprudence.

Et c’est ce que les citoyens doivent faire car la COP 21 n’a pris aucune mesure décisive pour répondre à l’urgence. Pas de perspective précise d’arrêt des énergies fossiles, pas de taxes mondiales, pas de règles contraignantes pour les États, pas de programme sur la gestion de l’eau, ni sur la relocalisation de l’agriculture …
L’addition des engagements pris par les États (à supposer qu’ils soient tenus) conduit à une hausse de 3° de la température moyenne.

De ce point de vue on peut presque dire que le bilan de la COP 21 est qu’elle laisse les mains libres aux fauteurs de la catastrophe climatique. Les gouvernements freinent. La première raison en est probablement qu’ils veulent ménager les intérêts des grandes entreprises des énergies fossiles, de l’automobile, des transports, et des fonds d’investissement engagés dans ces activités. La non-remise en cause de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en est un exemple.

Les multinationales profitent du flou et de l’absence de programmes concrets issus de la COP 21 pour avancer leurs solutions qui vont dans le sens d’une gestion privée de l’environnement, ouverte à la spéculation financière.
En outre les entreprises font miroiter la promesse de nouvelles technologies (géo-ingénierie, stockage du CO2, « agriculture intelligente », etc.) en fait dangereuses pour l’environnement mais qui dans l’esprit de leurs promoteurs auront l’avantage d’ouvrir de nouveaux marchés.

Le mouvement des citoyens pour la sauvegarde du climat continue :

- à travers des actions locales de dénonciation voire de blocage des projets climaticides. Nous parlerons notamment de la grande centrale électrique à biomasse de Gardanne, un projet qui repose sur l’exploitation à outrance de la forêt à la fois dans le sud de la France et à des milliers de kilomètres.
- en organisant le retrait des investissements des énergies fossiles, par les citoyens qui peuvent par exemple changer de banque, mais aussi par des collectivités locales, des caisses de retraite, etc.
- en renforçant et en faisant connaître les alternatives portées par la société civile, comme l’ont fait les festivals Alternatiba depuis plus d’un an. Face aux carences des États, les collectivités locales peuvent elles aussi être porteuses d’alternatives, par exemple au niveau de la gestion de l’eau et de la protection du cycle naturel de l’eau, qui est nécessaire pour atténuer au niveau local les effets du dérèglement climatique.

Sur les perspectives du mouvement, voir http://350.org/fr/nos-perspectives-pour-2016/



À propos du comité local organisateur

Attac Marseille