L’Union européenne contre la transition énergétique ?

mardi 21 mai 2013, par Attac France

L’Union européenne va-t-elle adopter une déclaration encourageant l’exploitation des gaz et pétrole de schiste et invitant à tout mettre en œuvre pour réduire le prix de l’énergie en Europe ?

Lors du dernier Sommet européen des 14 et 15 mars, les chefs d’État et de Gouvernement des pays membres de l’UE ont décidé de tenir une série de réunions thématiques sur des « enjeux structurels et sectoriels clefs pour la croissance économique et la compétitivité européennes ». La première de ces rencontres porte sur l’énergie et se tient ce mercredi 22 mai. A l’ordre du jour, la réduction des prix de l’énergie et l’amélioration de la compétitivité industrielle de l’UE.

A en croire le projet de déclaration finale, il serait proposé d’avoir un «  recours plus systématique aux sources d’énergie domestiques, à la fois conventionnelles et non conventionnelles  ». Les « sources non conventionnelles » font clairement référence aux gaz et pétrole de schiste. Cette préconisation fait écho aux récentes déclarations du commissaire à l’énergie Günther Oettinger et du conseiller scientifique en chef de Manuel Barroso qui est en faveur de l’exploitation des gaz de schiste. De son côté, le Parlement européen a récemment voté deux rapports, l’un clairement pro-gaz de schiste, l’autre préconisant d’encadrer leur exploitation.

Les mobilisations citoyennes contre l’exploitation des gaz et pétrole de schiste se font entendre un peu partout sur la planète, et tout particulièrement en Europe où elles ont obtenu l’interdiction de la fracturation hydraulique en France, en Bulgarie et dans plusieurs régions ou communes de pays de l’UE. Pourtant les instances européennes semblent préférer écouter les exigences des lobbies industriels qui déploient des moyens conséquents pour convaincre gouvernements et faiseurs d’opinion qu’il n’y aurait pas d’autre solution qu’exploiter les gaz de schiste pour sortir de la crise. Business Europe, un des plus influents lobbies du secteur privé européen, ne cesse d’inviter la Commission européenne à abandonner les politiques et réglementations environnementales pour privilégier la compétitivité-coût et la sécurité d’approvisionnement en énergies fossiles des industries européennes.

Pour Maxime Combes, membre de la commission Ecologie&Société d’Attac France, «  plutôt que d’avoir les yeux rivés sur le mirage des gaz de schistes aux États-Unis, tout en rafistolant un marché du carbone inefficace et dangereux [1] , l’UE devrait œuvrer à une décarbonisation quasi-complète de l’économie européenne d’ici 2050, par l’intermédiaire de politiques de sobriété et d’efficacité énergétiques. Avec le développement des énergies renouvelables, on pourrait ainsi sortir de la crise et créer massivement des activités et des emplois non délocalisables ancrés sur les territoires ».

Attac France attend du chef de l’État qu’il affirme une claire opposition à l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels en Europe et qu’il se prononce pour un moratoire international sur toute nouvelle exploration d’énergies fossiles.