EADS : le fonctionnement classique du capitalisme

vendredi 12 octobre 2007, par Attac France

Le 4 octobre dernier, la présidente du MEDEF, Madame Parisot, s’écriait sur les ondes d’une radio « si les délits d’initiés présumés de nombreux dirigeants d’EADS devaient s’avérer, ces derniers seraient tout sauf des patrons ». L’appétit démesuré des dirigeants, dont ceux de EADS ne sont qu’un exemple, pour les options sur achat, les fameuses stock options , est caricatural de l’absence totale de morale de ces personnages ; il sera, peut-être sanctionné par la Justice. Mais le « dysfonctionnement » ne tient pas tant au caractère extravagant -comme les 250 millions d’euros que l’ex-président du groupe Vinci s’était attribués- qu’à ce mode de « rémunération ». C’est son existence même qu’il faut mettre en cause. Selon certaines évaluations, ce sont moins de 4 % des salariés dans les entreprises relevant du CAC 40 qui en bénéficieraient. C’est tout simplement là un des outils utilisés pour accroître les écarts de revenus qui vont croissant dans le monde. En effet « l’efficacité », pour ses heureux propriétaires, de ces stock options réside dans les plus-values boursières, dépendant elles-mêmes des décisions que prendront les dirigeants qui en ont bénéficié. C’est là un des mécanisme de la financiarisation de l’économie tellement préjudiciable à l’ensemble des citoyens. En outre ces revenus, réputés salariaux, ne sont pas assujettis aux cotisations habituelles. Attac condamne, au-delà des cas particuliers, cette possibilité légale offerte aux plus nantis de l’être encore davantage au détriment de la collectivité. Cependant, pour détestable que soit ce comportement ordinaire des cadres dirigeants, ce qui doit être rejeté c’est bien le fonctionnement même du système qui permet aux propriétaires du capital de s’approprier une part toujours plus importante de la richesse créée par les salariés. C’est ainsi que toutes les études de l’INSEE, de la Commission européenne ou du FMI convergent vers un même résultat : un déplacement important de la part de la valeur ajoutée au détriment des salariés ; en France ce sont, dans les entreprises non financières, quelque 8 points de PIB qui se sont ainsi déplacés vers les détenteurs de capitaux, entre le début des années 1980 et maintenant. Le dossier EADS est parfaitement démonstratif à cet égard : avec la complicité de ceux qui ont le pouvoir politique, ceux qui détiennent le pouvoir financier utilisent sans vergogne l’État comme réservoir, sans fond, pour accroître leurs privilèges. A la fin des années 1990, l’Aérospatiale a été « vendue » à Matra, propriété de Lagardère. Deux groupes privés, Lagardère et Daimler se trouvent en position de contrôler EADS et sa filiale Airbus. Surviennent alors les difficultés que l’on sait pour l’A 380 -qui, au passage, démontrent la grande compétence de ceux qui justifient ainsi les rémunérations exorbitantes qu’ils s’attribuent-. Que font alors ces propriétaires ordinaires, tant du côté allemand que du côté français ? Ce que font tous les détenteurs de capitaux depuis des décennies, ils vendent à leurs États respectifs une part (7,5 % du capital détenu par chacun) de leurs actions pour un prix total de 4 milliards d’euros dont la plus-value peut être estimée à quelque 1,6 milliard. Et on apprend aujourd’hui que la Caisse des Dépôts et Consignations a été contrainte de racheter au prix fort les actions dont se sont débarrassés leurs propriétaires. Ces profits sont supportés par les citoyens, c’est bien pourquoi ils doivent mettre un terme aux agissements de ces prédateurs en mettant fin au système qui les favorise. Attac France, Montreuil, le 12/10/2007

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