Crise financière : les dernières digues se fissurent, les Attac d’Europe se rassemblent à leur université

mercredi 10 août 2011, par Attac France

Le nouveau rebondissement de la crise financière commence à ressembler à une vraie panique. La finance et l’économie mondiale entrent dans des terres inconnues où chacun perçoit que des catastrophes majeures et irréparables deviennent possibles. C’est dans ce contexte que vient de s’ouvrir l’Université européenne des Attac à Fribourg, en Allemagne. Spéculateurs et pouvoirs publics dançaient depuis trente ans un tango frénétique à trois temps. Les États libéraient de toute entrave l’industrie financière. Celle-ci pressurait les peuples et accumulait les profits sur fond de booms et de krachs répétés. Enfin à chaque crise, États et Banques centrales fournissaient à guichet ouvert la liquidité nécessaire à la poursuite de la spéculation. Mais la crise de 2007-2008 était le dernier pas de cette danse. Aujourd’hui les États sont paralysés. Pendant trente ans ils se sont mutilés à coups de dégrèvements et de niches fiscales au bénéfice des plus aisés. Le sauvetage des banques en 2008 et la récession ont terminé le travail. L’explosion des dettes publiques, en Europe et aux États-Unis, ne laisse plus la moindre marge de manoeuvre en cas de krach. La dégradation de la note des États-Unis par Standard & Poors précipite la prise de conscience des opérateurs : banques et fonds spéculatifs savent désormais qu’ils sont sur la corde raide sans aucun filet de sécurité. Si les États n’ont plus les moyens de privatiser les pertes, tout devient possible, surtout le pire, pour les rentiers. Les solutions sont désormais en nombre limité. Soit les pouvoirs publics s’accrochent aux dogmes néolibéraux (austérité forcenée, sacralisation des dettes, refus de la régulation financière) et l’effondrement sera terrible ; soit ils jettent leurs croyances aux orties. Les Banques centrales pourraient alors ouvrir grand les vannes de la liquidité et racheter (pour les effacer) les dettes publiques. Mais les Traités européens l’interdisent à la BCE.... En outre cette politique nécessiterait une vraie coopération mondiale pour ne pas dégénérer en une guerre des monnaies. L’urgence est donc que les mouvements sociaux qui montent aujourd’hui en puissance imposent un défaut sélectif mais massif sur les dettes publiques, un désarmement des marchés financiers, une redistribution des richesses et une véritable coopération monétaire et financière internationale. En 12 ans Attac s’est développée dans des dizaines de pays, en Europe et dans le monde. Le mouvement se retrouve pendant 4 jours lors de cette seconde édition de son Université européenne. Se sont déjà inscrits plus de 1000 participants provenant de toute l’Europe (dont 300 de France) et d’ailleurs. Des centaines d’autres sont attendus, pour assister à près de 250 plénières et ateliers auto-gérés. Dans de nombreux pays européens mais aussi d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient se multiplient résistances sociales et luttes citoyennes, dont des acteurs seront présents à Fribourg. Avec les mouvements Attac d’Europe et du monde, ils vont coordonner leurs analyses et leurs stratégies pour proposer des alternatives crédibles, humaines et démocratiques à cet ordre ancien qui s’effondre. Freiburg im Breisgau, Allemagne, Le 10 août 2011 

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