Vincent Bolloré contre Basta ! : défendons la presse libre, supprimons les paradis fiscaux

jeudi 1er décembre 2016, par Attac France

Ce jeudi 1er décembre s’ouvre à Paris le procès en appel contre le site d’information indépendant Basta ! suite à la plainte en diffamation du groupe de Vincent Bolloré. Débouté en première instance, la multinationale française vise un article qui traitait de l’accaparement des terres en Afrique et en Asie et de l’implication de filiales du groupe Bolloré dans ce processus.

Après avoir normalisé Canal + et i-Télé, M. Bolloré veut étouffer le scandale… Bolloré cherche à faire taire Basta !, un site d’info qui dérange. Plus largement, en multipliant les poursuites, le groupe Bolloré souhaite dissuader l’ensemble des journalistes et médias qui voudraient enquêter sur ses activités en Afrique, et celles de ses filiales. Il devrait plutôt se méfier de la publicité : la société Socfin, épinglée par Basta ! au vu des enquêtes de terrain menées par plusieurs ONG sur l’accaparement de terres en Afrique, est aussi lourdement impliquée dans deux paradis fiscaux particulièrement nocifs, le Liechtenstein et le Luxembourg.

Sans lanceurs d’alerte, pas de progrès contre l’évasion fiscale. Les scandales HSBC, Crédit Suisse, UBS, LuxLeaks , Cahuzac n’ont été possibles que par la prise de risques d’individus courageux et de médias résolus à les rendre publics. Leurs révélations, tout comme les actions des faucheurs de chaises contre BNP Paribas et ses 171 filiales dans les paradis fiscaux, sont nécessaires pour forcer les pouvoirs publics à sortir de la passivité et des faux-semblants.

C’est pourquoi le procès en diffamation intenté par Vincent Bolloré à Basta ! est particulièrement odieux. L’article incriminé s’appuyait sur des rapports des Nations unies et d’organisations internationales pour éclairer le rôle des grandes entreprises françaises impliquées dans l’accaparement de terres en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Le rôle de la Socfin, une holding luxembourgeoise dont Vincent Bolloré est l’actionnaire majoritaire et qui gère des plantations d’hévéas et d’huile de palme en Afrique et en Asie, y était précisé. En première instance, le « caractère d’intérêt général » du sujet traité, « le sérieux de l’enquête » et « l’impératif du débat démocratique » avaient été reconnus par le Tribunal.

Attac apporte tout son soutien à Basta ! - ainsi qu’aux autres médias et blogueurs poursuivis pour avoir cité ou fait connaître l’article - et demande la confirmation de la relaxe ainsi que l’ouverture immédiate d’enquêtes officielles sur les agissements du groupe Bolloré en Afrique et dans les paradis fiscaux.