Venezuela : une agression irresponsable, brutale et dangereuse des États-Unis

mardi 6 janvier 2026, par Attac France

En bombardant Caracas et des provinces environnantes dans la nuit de vendredi 2 à samedi 3 janvier, et en capturant le président vénézuélien, Donald Trump a confirmé son mépris pour toutes les règles du droit international et pour le principe même d’État de droit.

Le président américain et son administration aggravent l’instabilité du monde en piétinant la charte de l’Organisation des Nations Unies signée au lendemain de la seconde guerre mondiale, qui pose un cadre de régulation des relations internationales.

Le régime de Maduro était critiquable car autoritaire. Mais ce ne sont ni des considérations démocratiques, ni la lutte contre le narcotrafic qui ont guidé Donald Trump et son administration, acteurs et complices d’autres régimes autoritaires. Fidèles à une vision impérialiste qui a déjà produit des effets dévastateurs, notamment en Amérique latine, ils ont surtout voulu montrer leur force et leur vision du monde. Ils imposent une nouvelle fois la « loi du plus fort » contre le droit, la diplomatie et le respect des peuples.

Trump s’inscrit ainsi, avec une brutalité assumée, dans une longue histoire d’ingérences, de déstabilisations et de tentatives de mise sous tutelle du Venezuela par les États-Unis. Depuis le XXᵉ siècle, cette même logique impérialiste a par ailleurs frappé de nombreux peuples : en Haïti, en Afghanistan, en Irak, au Yémen, au Chili, au Niger, et ailleurs. Le Venezuela n’est qu’un nouvel épisode d’une stratégie bien rodée qui, à terme, risque, si le gouvernement de Trump s’obstine, de mener à l’instabilité de la région et au-delà.

Ce faisant, Trump et son administration continuent de légitimer les pays qui agressent ou colonisent d’autres territoires, comme c’est le cas en Ukraine ou en Palestine - dont la situation dramatique marquée par un génocide désormais connu de tous, peut hélas désormais s’aggraver davantage. L’agression américaine est un signal envoyé aux pays qui convoitent d’autres territoires au mépris de leurs peuples, de la démocratie, de la paix.

Dans le même temps, Trump et son administration se lancent dans une fuite en avant qui aggravera la dégradation de l’environnement et le pillage des ressources naturelles pour le plus grand profit des multinationales américaines. De fait l’administration Trump ne cache pas son intention de s’approprier non seulement le pétrole du Venezuela et les ressources du Groenland (comme le cuivre, le platinium, le lithium, le phosphore ou le tungstène) mais aussi de s’attaquer à la Colombie et à Cuba.

Face à cette violation assumée, brutale, délibérée, cynique et provocatrice, mais surtout irresponsable, illégale et illégitime au regard du droit international et de la souveraineté d’un pays, la réaction d’Emmanuel Macron est confondante. Le président du pays des droits de l’Homme et du citoyen ne dit pas un mot sur le droit international et se campe sur un atlantisme stupéfiant et complice des exactions trumpiennes ; il montre une réelle incapacité de se positionner en faveur du droit et de la paix.

Comme l’affirme la Charte des Nations Unies de 1945, qui « codifie les grands principes des relations internationales, depuis l’égalité souveraine des États jusqu’à l’interdiction d’employer la force dans ces relations » et fait partie d’un socle touchant aux droits humains avec la déclaration universelle des droits de l’Homme : c’est au peuple qu’appartient souverainement et démocratiquement le droit de déterminer son avenir, dans la paix et en dehors de toute influence et agression extérieures.

C’est sur ces bases que l’association Attac soutiendra les mobilisations qui défendent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à la stabilité, à la paix et à la démocratie et qui dénoncent la loi du plus fort, l’impérialisme des États coloniaux et des multinationales climaticides, la violation du droit international et l’agression de pays souverains.