Soutien à Cédric Herrou et Pierre Alain Mannoni : la solidarité n’est pas un délit

jeudi 22 juin 2017, par Attac France

Depuis le Calaisis jusqu’à la vallée de la Roya, l’État traque les exilés et poursuit les citoyen·e·s solidaires. Est-ce cela la « modernité en marche » ?

Le nouveau Ministre de l’intérieur poursuit et durcit la politique de non accueil du gouvernement précédent. Au mépris des droits humains fondamentaux, l’État harcèle les migrant·e·s, les empêche de fait d’ exercer leur droit à demander l’asile et n’assure pas sa mission de protection des mineurs isolés. Ces migrant·e·s qui ont survécu à une dangereuse traversée de la Méditerranée sont contraints à passer la frontière dans des conditions périlleuses. L’État qui prétend combattre les passeurs assure ainsi leur prospérité.

Des associations et des personnes citoyennes se mobilisent aux côtés des exilé·e·s pour leur accès au droit, à la santé, à la nourriture, leur apporter des biens de première nécessité. C’est le cas de Roya citoyenne, dont les membres n’ont pas hésité à venir en aide aux personnes qui tentent de venir en France, notamment déposer une demande d’asile.
En février dernier l’agriculteur Cédric Herrou se voyait condamné par le tribunal de Nice à 3 000 € d’amende, pour avoir transporté des étrangers depuis l’Italie. La solidarité était déjà placée au banc des accusées. Mais le tribunal de Nice a fait appel et ce lundi 19 juin se tenait un second procès à Aix, où une peine de huit mois de prison avec sursis a été requise par le parquet. La décision du tribunal sera rendue le 8 août.
Le procès en appel d’un autre membre de Roya citoyenne, Pierre-Alain Mannoni, aura lieu à Aix-en-Provence le lundi 26 juin.

Attac dénonce les politiques migratoires appliquées dans les pays de l’union européenne, et en particulier par la France, qui vont à l’encontre des conventions internationales qui établissent la protection des réfugié·e·s et des mineur·e·s.
Attac affirme sa solidarité avec tou·te·s les citoyen·e·s solidaires qui donnent de la France une autre image que celle hideuse d’un pays livré à la xénophobie.

Ce n’est pas la solidarité qu’il faut juger, c’est le non respect des droits fondamentaux des exilé·e·s.