Procès Cahuzac : Les faucheurs remettent 196 chaises devant le Palais de justice

Juger un homme ne suffit pas, c’est le procès de l’évasion fiscale qu’il faut faire

Le lundi 8 février 2016 s’ouvre au Palais de justice de Paris le procès de Jérôme Cahuzac, fraudeur fiscal et ancien ministre du Budget. Les faucheurs de chaises s’inviteront à l’audience pour remettre à la Justice 196 chaises saisies dans des agences de banques qui organisent l’évasion fiscale.

Depuis février 2015, 243 chaises ont été réquisitionnées par des citoyen·ne·s dans 39 agences de banques impliquées dans l’évasion fiscale. Suite à ces actions citoyennes, toutes menées de manière non-violente et à visage découvert, plusieurs « faucheurs de chaises » ont été placés en garde à vue ou convoqués aux commissariats pour des interrogatoires à Bayonne, Paris, Strasbourg, Bordeaux, Lyon, Tarbes, Nîmes, Perpignan, Uzès... et un procès en correctionnelle est annoncé à Marseille. Alors que la fraude et l’évasion fiscale représentent un manque à gagner de 60 à 80 milliards d’euros par an pour l’État français, aucun banquier français n’a jamais été poursuivi, cherchez l’erreur...

Sans la diffusion par Mediapart d’un enregistrement audio accidentel, Jérôme Cahuzac serait toujours ministre du Budget et titulaire de comptes dans les paradis fiscaux. Malgré les révélations des lanceurs d’alerte comme Hervé Falciani (HSBC), Stéphanie Gibaud (UBS) ou Antoine Deltour (LuxLeaks), banques et paradis fiscaux continuent à prospérer en toute impunité.

Pour faire cesser ce scandale et commencer à récupérer ces milliards qui manquent pour financer les urgences sociales et écologique, les faucheurs de chaises demandent aux pouvoirs publics de mettre en œuvre 3 mesures d’urgence :

  • le renforcement des services fiscaux par la création immédiate de 10 000 emplois : « alors que la fraude s’est accrue, plus de 3 100 emplois ont été supprimés dans les services du contrôle fiscal de la DGFiP depuis 2010 » [1]
  • l’obligation de transparence sur les activités réelles des filiales des banques et l’identité des détenteurs de compte, y compris via des sociétés écrans ;
  • la pénalisation de l’évasion fiscale organisée par les banques : les amendes ne suffisent pas, « ce qu’il faut, ce sont des règles pénales. Il faut que les dirigeants des banques aillent en prison » (Stéphanie Gibaud).

Pour faire valoir ces exigences et aider la justice à les satisfaire, les faucheurs livreront ce lundi 8 février au Palais de justice de Paris les 196 chaises qui ont accueilli les participants au « Sommet pour le financement de la transition écologique et sociale » qui s’est tenu à Montreuil le 6 décembre dernier lors de la COP 21.