Non, Attac n’est pas financée par le Venezuela ! Attac porte plaine suite à la publication du livre de Frédéric Martel

jeudi 21 mai 2026, par Attac France

Dans son dernier livre Occidents : enquête sur nos ennemis, Frédéric Martel écrit que le Venezuela d’Hugo Chavez aurait « régulièrement soutenu financièrement Attac et les Forums sociaux, dans le but de renforcer leurs actions, de diffuser leurs discours à l’échelle mondiale et de consolider un réseau international anti-américain ». Des accusations réitérées à l’occasion de la tournée médiatique de sortie de son livre.

Il écrit également : « Selon trois anciens collaborateurs d’Attac et du Monde diplomatique, la Chine aurait elle-même réussi à infiltrer et à financer le mouvement altermondialiste. » Ces allégations prêteraient à sourire si elles ne s’inscrivaient pas dans une offensive plus large visant à délégitimer les mouvements sociaux et écologistes et à justifier leur répression. C’est pourquoi nous portons plainte en diffamation.

Depuis trois ans, Attac a été tantôt associée à des « groupuscules violents » voire « écoterroristes » ou encore à des mouvances islamistes. Dans le dernier livre de Frédéric Martel, notre association est désormais désignée comme « ennemie de l’intérieur ».

La raison ? Attac aurait été financée par le Venezuela d’Hugo Chavez pour déstabiliser « l’Occident ». À l’occasion de la tournée de promotion très médiatique de son livre, Frédéric Martel a réitéré ces accusations aux micros de Guillaume Erner sur France Culture, de Frédéric Haziza sur Radio J ou de Yann Barthès dans Quotidien. Assurant que des proches de Chavez lui auraient fait ces « révélations ».

Ce financement lui aurait été confirmé par Bernard Cassen (l’un des fondateurs d’Attac et son premier Président) mais M. Martel omet de préciser que celui-ci ne peut pas répondre, puisqu’il est décédé. On a connu procédé plus élégant que de faire parler les morts…

Avant de s’exprimer ainsi publiquement, M. Martel aurait dû venir se renseigner directement auprès des représentantes de notre association. Il ne l’a pas fait et, par ailleurs, se contente d’affirmer sans jamais démontrer, ce qui ôte tout fondement à ses propos.

Notre association n’a évidemment bénéficié d’aucun financement du Venezuela, ni n’a été infiltrée et financée par la Chine. Attac est totalement indépendante du pouvoir politique, son action a été reconnue d’intérêt général et son indépendance est garantie par ses statuts et par un financement reposant sur les dons et adhésions.

Les affirmations de M. Martel sont totalement grotesques, infondées et mensongères. C’est pourquoi nous portons plainte pour diffamation.

Diffamation, répression... Ne laissons rien passer !

A travers ces allégations et en assimilant Attac aux « ennemis de l’intérieur », M. Martel contribue à stigmatiser notre action. D’autant que cette tentative de dénigrement n’est pas isolée. En mars 2025, un article du Figaro Magazine avait déjà qualifié Attac d’association « communautariste », « liée aux frères musulmans ». Ces propos ont déjà fait l’objet d’une plainte en diffamation, en cours de traitement.

En 2023, Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait qualifié « d’éco-terroristes » les manifestantes contre la méga-bassine de Sainte-Soline. Attac avait même été convoquée devant une Commission d’enquête sur les « groupuscules auteurs de violences ».

En juillet 2021, des journalistes sur BFM Business et dans une émission du Figaro suggéraient de « dissoudre Attac » suite à une action menée devant la Samaritaine, avec de la gouache, pour dénoncer l’enrichissement indécent des milliardaires pendant la crise sanitaire.

Ce travail de sape de l’action d’Attac s’inscrit dans une offensive plus large visant à délégitimer les mouvements sociaux et écologistes. Ces amalgames cumulés s’inscrivent dans un continuum de criminalisation du camp progressiste. Il justifie la répression qui s’intensifie ces dernières années.

Ainsi le 6 novembre 2025, deux militantes d’Attac, dont la porte-parole de l’association Youlie Yamamoto étaient convoquées par la police, avec prise d’empreintes digitales et génétiques, suite à une action devant la Samaritaine, pour une simple inscription « Tax the rich » à la craie.

En septembre 2023, 13 militantes d’Extinction Rebellion et d’Attac étaient poursuivies en justice pour une action contre les jets privés à l’aéroport du Bourget. Le tribunal les a finalement relaxées en juin 2025 pour deux des délits mais condamnées à une interdiction de paraître sur zone aéroportuaire d’Île-de-France pendant 2 ans et au remboursement de 5000€ de frais juridiques d’Aéroport de Paris.

La volonté politique de disqualifier les mouvements sociaux s’accompagne d’une série de lois répressives portant de nombreuses atteintes aux libertés publiques et visant à empêcher les organisations sociales et citoyennes de remplir leur rôle indispensable de contre-pouvoir démocratique. C’est d’autant plus alarmant à l’heure où l’extrême droite est aux portes de pouvoir.

Diffamation, répression... nous ne laisserons rien passer, menons la contre-offensive !