Mouvement lycéen : 100 000 citoyennes exigent l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’interpellation létales ! L’Assemblée nationale ne pourra pas enterrer le débat
Lundi 5 octobre au soir, Attac lançait une pétition sur le site de l’Assemblée nationale pour demander l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’interpellation létales. En seulement six jours, le cap des 100 000 signataires a été franchi. En franchissant cette étape majeure, la démarche prend une nouvelle dimension, institutionnelle et officielle, dans la poursuite de son objectif : protéger nos enfants.

Le seuil des 100 000 signataires déclenche en effet l’obligation de mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale avec une visibilité renforcée, et la désignation d’une député-rapporteur au sein de la commission des lois, laquelle doit ouvrir un examen officiel (audition, rapport, débat) ou prononcer un classement sans suite. Face à ce risque d’enterrement discret en commission, qui ne pourra que ralentir le débat sans le fermer, Attac lance un avertissement : un tel classement serait considéré comme un déni démocratique majeur et une complicité face aux violences policières subies par la jeunesse.
Main arrachée, doigt coupé, mâchoire cassée, œil crevé, voitures fonçant dans la foule... : il ne se passe pas un jour sans des images terribles de lycéennes mutilées par les forces de l’ordre. Face à la colère, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a tenté une manœuvre en suspendant les grenades assourdissantes projetées par lanceur. De la poudre aux yeux : la majorité de ces armes sont lancées à la main par les policiers.
Cette doctrine du maintien de l’ordre reste instrumentalisée à des fins politiques : en mutilant, en enfermant et en intimidant ainsi massivement la jeunesse, le pouvoir cherche à stopper le mouvement et porte une atteinte directe aux libertés d’expression et de manifestation. Museler la contestation sociale par la répression est une dérive autoritaire qui doit cesser.
Cette pétition est un outil pour empêcher urgemment la police de mutiler les jeunes et, à terme, permettrait de mettre en débat une interdiction généralisée des armes mutilantes et des techniques d’interpellation létales.
Aux côtés des 100 000 citoyennes, de nombreuses personnalités ont également signé et relayé cette pétition, parmi lesquelles les politiques Philippe Poutou (NPA), Mathilde Panot (LFI), André Chassaigne (PCF), Marine Tondelier (Les Ecologistes) ou Olivier Faure (PS), mais aussi l’humoriste Guillaume Meurice, les historiennes Ludivine Bantigny et Mathilde Larrère, les sociologues Vanessa Codaccioni et Sebastian Roché, l’économiste Mickael Zemmour, les journalistes Pierre Jacquemain et Hervé Kempf, la co-Déléguée générale du syndicat Solidaires Murielle Guilbert, le porte-parole de Droit au logement Jean-Baptiste Eyraud, ou bien encore l’ancienne ministre Cécile Duflot.
Les revendications du mouvement lycéen sont parfaitement légitimes : remplacement des professeurs absentes, rénovation des bâtiments scolaires, abrogation de Parcoursup... Face à cela, la seule réponse du gouvernement se résume à des coups de communication (comme l’annonce de 3000 professeurs remplaçantes subitement sorties du chapeau) et à des forces de l’ordre envoyées sans aucune retenue pour tenter de décourager la mobilisation.
Seule une réponse politique permettra de faire retomber la tension. Cela passe par l’adoption d’un budget 2027 renonçant au gel des salaires des fonctionnaires ainsi qu’aux 1488 suppressions de postes d’enseignantes. Il faut au contraire engager un plan d’investissement dans le service public d’éducation : embauche de personnels, amélioration des salaires pour renforcer l’attractivité des métiers, rénovation écologique du bâti scolaire...
Attac appelle à continuer de signer et relayer massivement la pétition. Son éventuel classement sans suite en commission ralentirait simplement la procédure, mais la pétition reste active : 500 000 signatures ouvrent la possibilité d’un débat directement dans l’Hémicycle. L’association appelle également à se mobiliser mardi 13 octobre auprès des jeunes partout en France, à l’occasion du début des discussions budgétaires à l’Assemblée nationale. Il en va de notre avenir et de celui de nos enfants : un autre budget est vital !
