Les faucheurs de chaises reçus par la direction de BNP Paribas : vers la fermeture des filiales dans les paradis fiscaux ?

Lundi 23 novembre à 16 h, des représentant·e·s des faucheurs de chaises seront reçus par la direction générale au siège du groupe BNP Paribas pour discuter de la fermeture de ses filiales dans les paradis fiscaux. Alors que ces derniers sont à nouveau sur la sellette pour leur contribution au financement des réseaux terroristes internationaux, la principale banque française va-t-elle enfin se décider à rompre ses liens avec ces trous noirs de la finance ?

Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, par un courriel émanant de Madame Pessez, sa déléguée à la responsabilité sociale et environnementale, le groupe BNP Paribas a demandé aux faucheurs de chaises « de cesser vos actions de vols de chaise, toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves » étant donné « l’état d’urgence désormais en vigueur ».

Dans leur réponse, Thomas Coutrot (porte-parole d’Attac), Florent Compain (président des Amis de la Terre) et Txetx Etcheverry (membre de la Coordination d’Action Non-Violente COP 21) proposent à BNP Paribas une armistice : « nous sommes prêts à appeler à la suspension des réquisitions de chaises dans les agences de la BNP si vous annoncez la fermeture de vos 7 filiales dans les îles Caimans ».

Depuis début octobre 35 actions de réquisitions citoyennes ont eu lieu, dans de nombreuses villes en France, et même à l’étranger, dans des banques impliquées dans l’évasion fiscale. Le groupe BNP Paribas a été particulièrement visé (27 fauchages) car il est en pointe dans l’organisation de l’évasion fiscale via ses 171 filiales dans les paradis fiscaux, dont 7 dans les Îles Caïmans.

Ces actions ont répondu à l’« Appel à réquisitionner 196 chaises » qui a été lancé le 30 septembre par des dizaines de personnalités, dont le philosophe et ancien résistant Edgar Morin, le sociologue Alain Caillé, l’essayiste Susan George, le philosophe et ancien Haut référendaire à la Cour des Comptes Patrick Viveret, ou l’ancien résistant Claude Alphandéry.

Suite aux terribles attentats du 13 novembre, les faucheurs de chaises ont suspendu leurs actions pour quelques jours pour respecter la période de deuil. Mais l’évasion fiscale, elle, continue à réduire les fonds disponibles pour la transition écologique et sociale, à commencer par le Fonds vert pour le climat. ​Et les paradis fiscaux continuent à héberger l’argent des mafias criminelles et terroristes.

Si la réunion du 23 novembre​ ​débouchait sur un échec, les faucheurs de chaises repartiront à l’action pour obliger BNP Paribas à cesser ses pratiques scandaleuses.