Lancement du Forum social mondial à Montréal

mardi 9 août 2016, par Attac France, Dominique Plihon

C’est parti ! Le 12e Forum social mondial (FSM) démarre ce mardi 9 août à Montréal par une marche d’ouverture au Parc Lafontaine, suivie d’un spectacle sur la bien nommée place des Festivals. La veille, le 8 août, une réunion du réseau mondial Globattac a permis de coordonner les activités d’Attac au FSM. Au total, une cinquantaine de militant·e·s, appartenant à douze Attac nationaux participeront au FSM.

Ce FSM doit rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes, appartenant à 5 000 organisations, et venant de 120 pays. Au total, près de 1300 activités (ateliers, conférences, assemblées, …) sont organisées sur les axes stratégiques de l’action du mouvement altermondialiste : démocratie, migrations, libre échange, finance, évasion fiscale, climat, agriculture. Les travaux et propositions des différentes activités du FSM se concluront par la tenue de « 26 assemblées de convergence » qui traceront les principaux axes de notre programme d’action pour « une autre mondialisation » dans les prochaines années. Attac est partie prenante et co-anime notamment trois assemblées de convergence : « Marchandisation, accès aux services publics et lutte à l’austérité », « Désarmer la finance et atteindre la justice fiscale » , « Extractivisme, libre-échange et pouvoir des transnationales ».

En prenant place à Montréal, le FSM se tient pour la première fois dans un pays du nord. Ce choix a une double signification. D’abord, dans la réalité, la représentation nord – sud est multiforme dans la structuration de nos sociétés : il y a un nord dans le sud, et un sud dans le nord. En second lieu, le Canada et sa province du Québec sont le lieu de luttes stratégiques en ce début de 21e siècle. C’est la lutte émancipatrice des étudiants québécois en 2012 – symbolisée par le carré rouge - contre une vision capitaliste de l’éducation. Ce sont également les mouvements de résistance citoyenne, communs aux pays du sud et du nord, contre les traités de libre-échange, et contre l’extractivisme et la surexploitation de la nature.

Le démarrage de ce FSM est malheureusement marqué par un scandale : les autorités canadiennes ont décidé de refuser des visas à près de 200 militant.e.s, venant des pays du sud. Ce choix politique à l’encontre du FSM et de militants se battant pour les droits humains fondamentaux –dont fait partie la liberté de circulation – déshonore le gouvernement canadien. Il illustre la violence et l’aggravation actuelles des politiques néolibérales dans la plupart des pays du nord et du sud : raison de plus pour nous mobiliser et pour combattre les forces réactionnaires qui gouvernent la planète aujourd’hui !