La France doit renoncer à construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

mardi 23 février 2016, par 350.org, Attac France

À quelques jours d’une nouvelle mobilisation sur la « Zone à défendre », l’appel « La France doit renoncer à construire l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes », soutenu par plus de quarante personnalités internationales, dépasse les dix mille signatures en moins de 24 h.

Dimanche soir, plus de quarante personnalités, parmi lesquelles Giorgio Agamben, Virginie Despentes, Pierre Rabhi, Naomi Klein, Cyril Dion, Jean Jouzel ou encre Bill McKibben lançaient un appel, initié par Mediapart, 350.org et Attac France. Elles demandent l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au nom du respect des engagements pris lors de la COP 21.

« L’engagement pris dans l’accord de Paris n’est pas compatible avec la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes sur près de 1 200 hectares de terres agricoles et de milieux naturels (qu’habitent de nombreuses espèces protégées), qui générerait un surcroît d’émissions par l’aviation, le bétonnage d’une des plus grandes zones humides du pays, et la destruction de fermes paysannes », écrivent-elles.

Notre-Dame-des-Landes est à cet égard la première épreuve que subit l’accord adopté à Paris, à l’issue de la COP 21 : celle de la cohérence entre les discours et les actes. Geneviève Azam, porte-parole d’Attac, signataire de l’appel, souligne ainsi que « maintenir le réchauffement climatique au plus proche des 1,5 °C implique de geler tous les projets de construction d’infrastructures liées aux combustibles fossiles - qu’il s’agisse de l’extraction, ou, comme dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, de la combustion ».

Les mobilisations contre les infrastructures fossiles constituent un axe fort de mobilisation des mouvements pour la justice climatique - dès ce week-end, en France, avec la manifestation contre le projet d’aéroport samedi 27, puis une manifestation contre l’exploitation des gaz de schiste à Barjac (Gard) dimanche 28. Ces mobilisations culmineront à la mi-mai dans une semaine d’action organisée dans le cadre de la campagne « Break Free - Libérons-nous des combustibles fossiles », par laquelle les mouvements citoyens entendent contraindre les gouvernements à enfin agir. Pour Juliette Rousseau, membre du groupe de mobilisation internationale de cette campagne, « nous ne pouvons nous permettre d’attendre des gouvernements qu’ils agissent - et nous ne pouvons plus leur faire confiance. Nous devons donc prendre les devants ».

« Le mouvement pour la justice climatique doit désormais assumer la nécessité de la désobéissance climatique : puisque les gouvernements ne traduisent pas leurs engagements en actes, il est légitime de se mobiliser pour bloquer, concrètement, tous les projets qui nous font franchir les lignes rouges - les limites vitales de la planète pour un futur juste et durable », explique Nicolas Haeringer, chargé de campagne pour 350.org.

Dates clefs des mobilisations à venir

  • À Notre-Dame-des-Landes (44), le samedi 27 février, les opposant·e·s au projet d’aéroport ont décidé d’afficher leur refus déterminé face à l’expulsion, prononcée par le Tribunal Administratif de Nantes le 25 janvier, des onze familles résistantes et encore présentes sur la ZAD.
  • À Barjac (30), le lendemain, dimanche 28 février, les collectifs contre l’exploration et l’exploitation des pétrole et gaz de schiste et de couche manifesteront leur détermination à exiger une abrogation définitive de tout nouveau permis ou tout renouvellement de permis délivré aux compagnies pétrolières et gazières. En effet, le Tribunal Administratif de Cergy Pontoise a décidé le 28 janvier dernier d’annuler l’abrogation du permis de Montélimar accordé à Total, revenant sur l’abrogation annoncée par Nicolas Sarkozy en 2011.
  • À Heathrow (aéroport londonien), 13 militant·e·s sont dans l’attente de leur verdict (ce 24 février) après qu’ils aient bloqué l’aéroport pour protester contre son expansion. Une action de solidarité avec ces militants, qui risquent jusqu’à 3 mois de prison, est prévue ce samedi 27 février.

Break Free - Libérons-nous des combustibles fossiles : au mois de mai, 350.org, Greenpeace International, Attac et de nombreuses autres organisations préparent une semaine de blocages d’infrastructures fossiles : mine de charbon en Allemagne et au pays de Galle, torchage de gaz au Nigeria, etc. Pour en savoir plus.

Le mouvement de résistance mondiale sur le climat a déjà obtenu plusieurs victoires comme l’interdiction de la fracturation hydraulique en France en 2011, désengagement des trois plus grosses banques françaises sur les projets de développement basés sur le charbon du bassin de Galilée en Australie, l’abandon du projet de pipeline Keystone aux USA… Des victoires plus modestes gagnées localement par des mouvements citoyens, mais tout aussi importantes, comme l’abandon en 2014 d’un projet d’exploitation de gaz de schiste dans le village de Zurawlow en Pologne par Chevron, grâce à la mobilisation locale.

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