L’histoire du 1er mai remonte à la fin du 19ᵉ siècle, à l’époque où, en France comme dans d’autres pays, le mouvement ouvrier était violemment réprimé. Cette journée fait partie intégrante du combat pour les droits sociaux et de l’histoire du mouvement syndical et social.
Les conservateurs, néolibéraux et réactionnaires de tout poil n’ont donc jamais aimé ni admis le 1er mai. En 1941, Philippe Pétain avait remplacé la fête des travailleurs par la fête du travail, soit la fête de son triptyque "travail, famille, patrie". En 1946, le 1er mai chômé est réintroduit. Après des années durant lesquelles le pouvoir a régulièrement salué cette journée, en 2012, Nicolas Sarkozy a ainsi voulu organiser le rassemblement des « vrais travailleurs », voulant ainsi attaquer le cœur même de la signification historique profonde du 1er mai. L’extrême droite n’a jamais été en reste. Le FN devenu RN a toujours organisé son rassemblement de son côté sur la base de positions à l’opposé du sens même du 1er mai.
Récemment, la proposition de loi visant à permettre aux salariées de certains établissements et services de travailler le 1er mai a relancé le débat sur le caractère chômé du 1er mai. Nul ne doit être dupe. Sous couvert d’autoriser certaines professions à travailler ce jour-là, c’est en réalité la perspective d’en finir avec le caractère férié qui est voulu. L’argument est le même : la « liberté » de travailler, mais sans jamais préciser que, pour l’immense majorité des travailleuses et travailleurs, remettre en cause le 1er mai se traduirait de fait par une obligation de travailler. Surtout, cela briserait un symbole du combat pour les droits sociaux et la fraternité des travailleuses et travailleurs de tous les pays. C’est bien le but de l’offensive actuelle...
Après le rejet par l’Assemblée nationale de cette proposition de loi, le Premier ministre a annoncé la présentation d’un projet de loi qui devrait autoriser le travail des salariées des boulangeries-pâtisseries artisanales et des fleuristes artisanaux le 1er mai. Cette proposition constitue un coin enfoncé dans le caractère chômé du 1er mai.
Là encore, l’extrême droite n’est pas en reste : à Liévin, le maire RN a tout simplement interdit que les organisations syndicales prennent la parole lors du rassemblement en hommage aux mineurs, organisé ce jour-là depuis un demi-siècle.
Ce 1er mai 2026 est éminemment symbolique
Rarement, en effet, cette fête des travailleuses et des travailleurs aura été aussi remise en cause et salie par des responsables de mouvements néolibéraux et d’extrême droite, tous unis dans le recul des droits sociaux.
Attac se joint aux organisations syndicales pour célébrer les travailleuses et travailleurs, la solidarité internationale, et pour défendre une véritable transformation sociale et écologique.

