Donald Trump, l’écume du néolibéralisme

mercredi 9 novembre 2016, par Attac France

La victoire à la présidentielle américaine de Donald Trump, milliardaire fantasque, raciste et sexiste, est le symptôme d’un système à bout de souffle. La mondialisation néolibérale mène nos sociétés tout droit dans le gouffre. Il est urgent d’en sortir, par la voie du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie.

L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis est une victoire pour les droites extrêmes. Pendant sa campagne, Trump n’a cessé de multiplier les déclarations sexistes, les propos racistes contre l’immigration mexicaine et l’islam. Il s’est fait le héraut d’une Amérique blanche recroquevillée sur elle-même, revendiquant une identité fermée et excluante, en réaction contre le premier président noir des États-Unis.

Mais cette élection est aussi un désaveu cinglant pour les partisans de la mondialisation néolibérale, dont les ravages ont fourni à Donald Trump son principal carburant électoral. Car outre la désignation des immigrés comme boucs-émissaires, le milliardaire n’a pas manqué de dénoncer la mainmise de Wall Street sur l’économie et la politique. Il s’est présenté comme le défenseur des populations délaissées qui paient le coût du laisser-faire et du libre-échange. Il y a pourtant fort à parier que Donald Trump se rangera du côté des milieux d’affaires américains, dont il est issu. Les industries extractives doivent d’ores et déjà se réjouir de l’élection d’un président qui nie le changement climatique et souhaite dénoncer l’accord de Paris.

La victoire de Donald Trump signe par ailleurs la défaite d’une gauche acquise au néolibéralisme, en totale déconnexion avec les préoccupations des populations frappées par la crise. Cette gauche que représentent Hillary Clinton aux États-Unis et François Hollande en France est en voie de désintégration. Le succès de la campagne de Bernie Sanders avait permis de faire entendre une voix alternative. Finalement, les électeurs américains ont eu le choix entre le statu quo néolibéral et le repli identitaire.

Cette victoire est enfin un choc pour le mouvement altermondialiste et les forces progressistes, dont les valeurs sont à l’exact opposé de celles portées par Donald Trump. Une autre voie est possible : sortir du néolibéralisme par la voie du progrès social et écologique, de la solidarité et de la démocratie. La victoire de Trump est une confirmation que cette voie altermondialiste n’est pas seulement souhaitable : elle est nécessaire. Nous la porterons avec une détermination renforcée. Car c’est la seule voie crédible pour faire barrage à la montée en puissance de la droite extrême, et aux menaces posées sur l’avenir de nos sociétés.