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[Communiqué] En pleine COP26, la France est sur le point d’autoriser l’extraction de gaz non conventionnel en Lor

mercredi 10 novembre 2021, par Collectif

Le 10 novembre 2021 - Demain à Glasgow, le Costa-Rica et le Danemark devraient rendre publique une nouvelle alliance de pays désirant mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles (« Beyond Oil and Gas Alliance » - BOGA), alliance dont la France pourrait faire partie. En parallèle, le gouvernement français est pourtant en train d’instruire une demande de permis pour exploiter le gaz de couche en Lorraine (hydrocarbure non conventionnel, gaz enfermé dans les couches de charbon). Un projet maintes fois dénoncé par nos organisations et groupes citoyens mobilisés sur le terrain, et qui l’est aussi désormais par 66 élus locaux et parlementaires qui signent une tribune en ce sens [1].

La France va-t-elle « en même temps » décider de rejoindre une alliance internationale de pays qui s’engagent à progressivement ne plus délivrer de permis d’exploration et de production d’hydrocarbures et autoriser l’extraction de gaz de couche en Lorraine ? Alors que l’Agence internationale de l’énergie a montré au printemps dernier que contenir le réchauffement climatique en deçà de 1,5°C nécessitait qu’aucun nouveau site pétrolier ou gazier ne voie le jour dès 2021, la France n’a toujours pas mis fin aux projets de la Française de l’Énergie (anciennement European Gas Limited) qui pourrait installer jusqu’à 400 puits de forage en Moselle pour exploiter ce gaz non conventionnel.

Ce projet d’exploitation pourrait concerner 40 communes de Moselle sur un territoire de 191 km² et il permettrait à la Française de l’énergie, société cotée en bourse, d’exploiter le gaz contenu dans les veines de charbon d’ici à 2040, voir même au-delà, sans garantie réelle sur les conditions de cette exploitation. Depuis plusieurs années, cette entreprise, qui détient un permis d’exploration depuis 2004, a multiplié les essais de techniques alternatives à la fracturation hydraulique - seule technique permettant l’exploitation de ce gaz non conventionnel de façon rentable, mais interdite par la loi depuis 2011. Ces essais ont tous été infructueux mais impliquent des impacts environnementaux bien réels, notamment la consommation de 8000 m3 d’eau par forage, des risques de contamination des nappes phréatiques et l’aggravation du changement climatique via des fuites de méthane.

Alors que ce projet entre en contradiction évidente avec les engagements internationaux de la France en matière de transition énergétique, le ministère de la transition écologique ne s’est toujours pas engagée à refuser cette demande de permis d’exploitation.

Une diversité de 66 élu.e.s - maires de Moselle, élu.e.s régionaux, et parlementaires - ont publié ce matin une tribune demandant l’arrêt immédiat de ce projet anachronique, et appelant à mener la transition écologique sur le territoire lorrain, pour assurer son avenir sans nuire à ses équilibres naturels. En 2017, au moment de l’adoption de la loi Hulot, nos organisations interpellaient déjà sur les failles de cette loi laissant la porte ouverte à l’exploitation du gaz de couche [2]. Et en janvier dernier, nous avions interpellé Emmanuel Macron ainsi que Barbara Pompili pour les appeler à rejeter la demande de concession de la Française de l’énergie [3]. Le gouvernement va-t-il enfin nous entendre ?

A l’heure où il faudrait que les dirigeants mondiaux réunis à Glasgow lors de la COP26 prennent de nouveaux engagements pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, comme le réclament notamment les jeunes du monde entier, il serait inconcevable que le gouvernement français autorise la Française de l’Énergie à forer le sol lorrain pour en extraire du gaz, qui plus est du gaz non conventionnel, à l’impact climatique encore plus important. D’autant plus si la France décide de rejoindre l’alliance BOGA qui devrait être rendue publique ce jeudi 11 novembre par le Danemark et le Costa-Rica [4].

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