Climat : à Lima, le sommet des peuples occupe la rue

jeudi 11 décembre 2014, par Attac France

Une grande manifestation populaire d’environ 20 000 personnes a occupé les rues de Lima ce mercredi 10 décembre pour faire entendre la voix des peuples qui subissent les effets du changement climatique. L’énergie des jeunes a croisé celle des femmes, des mineurs exploités dans une mine d’or, des paysans très nombreux, tou·te·s réclamant l’arrêt de l’extractivisme, la justice climatique, l’accès aux communs, aux semences et tout particulièrement à l’eau, dont l’approvisionnement est menacé par la fonte des glaciers de la cordillère des Andes.

« Je suis très préoccupé par le fait que notre action collective n’est pas à la hauteur de nos responsabilités à tous », a déclaré Ban Ki Moon, secrétaire Général de l’ONU devant les 195 pays réunis pour la Conférence des Parties (COP20) réunie à Lima.

Nous partageons sa préoccupation ! Nous y ajoutons un appel aux mouvements sociaux, aux citoyen·ne·s, à se saisir de l’enjeu climatique, à répondre à la lenteur des négociations, au manque d’ambition, au phagocytage des négociations par les lobbies industriels et financiers et surtout au décrochage du processus de négociations du monde réel. Il est à craindre que tous les échafaudages techniques, les évaluations, les comptabilités, les vérifications, toujours plus sophistiqués, visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, soient pris de cours par les catastrophes en cours et à venir.

La conférence n’est pas terminée, mais « les textes qui circulent désormais et qui définissent les bases pour préparer l’accord qui devrait être trouvé à Paris en décembre 2015, ne donnent aucun signe d’espoir réel, pour un monde, qui après 2020, devrait déjà subir des chocs climatiques sans précédents », selon Geneviève Azam, porte-parole d’Attac France.

De Lima à Paris en décembre 2015, nous avons à amplifier, partout, une mobilisation sociale capable d’exprimer la réalité du changement climatique, sa signification et ses causes, les alternatives, en même temps que l’exigence d’une démocratie réelle et de la justice climatique.