Attac et le Collectif Inter-Urgences remettent le « prix du mépris » au ministère de la santé et l’aspergent de faux sang

samedi 20 juin 2020, par Attac France, Collectif Inter-Urgences

Ce samedi 20 juin à 8 heures, 30 militant·e·s d’Attac et du Collectif Inter-Urgences (CIU) ont remis le « prix du mépris » et maculé de sang la devanture du ministère de la santé à Paris.

La crise du covid-19 n’a fait que confirmer ce que tout le monde savait : des années de politique du chiffre ont mené l’hôpital et ses personnels au bord du gouffre. Pourtant, malgré le manque de lits, d’équipement et de matériel de protection, les personnels hospitaliers ont fait preuve d’un extrême dévouement au plus fort de la crise pour sauver un maximum de vies, parfois même au prix des leurs.

Après ses hommages et promesses durant le confinement, le gouvernement s’est finalement contenté de proposer aux soignant·e·s une médaille, une prime attribuée sur des critères extrêmement sévères, et un "Ségur de la santé" déjà critiqué. Pire, le mardi 16 juin, il n’a pas hésité à réprimer et gazer la première manifestation à Paris de ces "héros de la Nation".

Pour Inès Gay du Collectif Inter-Urgences : « Il aura fallu une pandémie, une crise sanitaire mondiale, pour que le gouvernement et les institutions, se penchent sur l’hôpital public et le système de santé. Il aura fallu une désorganisation complète des services, des adaptations à tout niveau du soin et de la gestion, des modifications de l’activité des structures, des équipes désemparées et exposées sans matériel de protection suffisant et adéquat, pour que la souffrance des personnels soit entendue et de nouvelles promesses soient formulées par l’exécutif. Cependant, cela n’a débouché que sur l’organisation d’un Ségur dont le calendrier, la méthodologie et l’absence de données chiffrées, contredisent l’ambition avancée. »

Face à cette indécence, soignant·e·s et militant·e·s ont choisi de montrer le vrai visage de ce gouvernement et de ses ministres en leur remettant un prix du mépris. Ils et elles ont ensuite aspergé les vitrines du ministère avec du faux sang, symbole de toutes celles et ceux qui ont payé de leurs vies les choix économiques mortifères des gouvernements et autorités de santé de ces dernières décennies.

Pour Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France : « Nous sommes venus ici afficher notre solidarité avec les soignant·e·s qui ont été en première ligne durant cette crise sanitaire, mais surtout exiger qu’ils aient enfin les moyens nécessaires pour travailler et nous soigner dignement. Depuis de trop nombreuses années, l’hôpital public et ses personnels tirent la sonnette d’alarme face aux manques de moyens et de personnels dont ils souffrent. Rappelons qu’en France chaque année 80 milliards d’euros manquent aux caisses de l’état à cause de l’évasion fiscale. Lutter contre l’évasion fiscale et instaurer une fiscalité juste sont autant de ressources qui pourraient financer les services publics, et en premier lieu, l’hôpital public. »

Les soignant·e·s méritent autre chose que des médailles et des gaz lacrymogènes. Leurs revendications sont claires : revalorisation immédiate de leurs salaires, embauches de personnels, réouvertures de lits, augmentation des moyens alloués.
Avec cette action, Attac France et le CIU appellent à poursuivre et amplifier la mobilisation pour exiger des moyens et du personnel dans un service public hospitalier accessible à tou·te·s.

P.-S.

Crédits photos : Edward Chapon

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