Dans Libération dimanche 11 janvier 2026, Eric Lombard, l’ancien ministre de l’économie du gouvernement Bayrou, a déclaré « La Direction des finances publiques avait regardé : parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu ! »
Celui qui était encore ministre de l’Économie en octobre 2025 reconnaît donc officiellement ce que nous dénonçons depuis des années et qui a été documenté par les travaux de l’Institut des politiques publiques : en plaçant leurs revenus dans des holdings, les plus riches font artificiellement apparaître un revenu fiscal faible voire nul, ce qui leur permet d’échapper à l’impôt sur le revenu.
Cette semaine, les débats budgétaires ont repris à l’Assemblée nationale sur un budget 2026 qui s’annonce austéritaire : les discussions portent prioritairement sur des milliards d’euros de baisses des dépenses publiques, via de nouvelles coupes budgétaires dans les services publics et la protection sociale. L’annonce de la suspension des débats parlementaires confirme l’intention du gouvernement de passer en force pour faire adopter un budget injuste.
Pourtant, cette austérité n’a rien d’une fatalité : les députées et le gouvernement devraient en urgence s’emparer des propos de l’ancien ministre de l’économie pour mettre en place des dispositifs mettant fin à l’optimisation fiscale des plus riches. Et ce d’autant plus que la solution est connue : c’est la taxe Zucman, pourtant rejetée par les parlementaires cet automne grâce à une alliance entre les députées macronistes, LR et RN.
Pour Youlie Yamamoto, porte-parole d’Attac France,
« La suspension des débats parlementaires et le recours au 49.3 ou aux ordonnances relève d’une forme de brutalité démocratique pour faire passer par la force un budget austéritaire. Un autre budget est pourtant possible : la taxe Zucman rapporterait entre 15 et 25 milliards d’euros tout en mettant fin à l’anomalie qui consiste à ce que les plus riches échappent à l’impôt sur le revenu. Au lieu d’instaurer de nouvelles coupes budgétaires qui affaibliront davantage les services publics et la protection sociale, il faut faire payer aux plus riches leur juste part d’impôt ! »
Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac, renchérit :
« Pour la première fois, un ancien ministre macroniste de l’économie reconnaît que parmi les plus fortunés, des milliers échappent totalement à l’impôt sur le revenu. L’austérité n’est pas une fatalité à condition d’abolir les privilèges fiscaux des ultra-riches. Au lieu de nier le problème, le gouvernement doit mettre fin aux pratiques qui permettent aux plus riches de ne pas payer d’impôt sur le revenu. »

