Asie Occidentale/Iran : stop à l’escalade guerrière, solidarité avec les peuples

jeudi 19 mars 2026, par Attac France

Attac France condamne l’escalade militaire menée contre l’Iran par les États-Unis et Israël. Celle-ci s’inscrit dans la stratégie visant à assurer la suprématie des États capitalistes occidentaux en élargissant leurs zones d’influence politiques mondiales par la force militaire.

Cette fuite en avant guerrière aggrave encore le chaos régional, élargit le front de la guerre au Liban, au Golfe, et risque de s’étendre demain dans le monde. Elle fait payer aux populations civiles le prix d’une logique de domination, de représailles et de puissance.

Notre solidarité va d’abord aux peuples et aux victimes. Aux habitantes d’Iran frappées par les bombardements qui payent déjà le deuil d’une oppression interne, aux populations déjà prises dans la guerre au Liban, en Irak, et dans l’ensemble de la région, mais aussi dans un génocide en Palestine, et à toutes celles et ceux qui subissent la militarisation, les destructions, les déplacements et la peur. Rien ne peut justifier les frappes contre des civils ou des infrastructures civiles. Les informations qui remontent sur les victimes civiles, y compris des enfants, imposent une exigence immédiate de vérité, de protection et de justice.

Refuser cette guerre ne signifie pas choisir un camp étatique contre un autre. Attac ne soutient ni les logiques impériales, ni les politiques autoritaires, ni les stratégies de terreur. Les guerres en Irak, Libye, Syrie ou en Afghanistan montrent que les interventions militaires extérieures ne produisent pas de transition démocratique, et qu’elles ont tendance au contraire à déboucher sur l’instabilité, la guerre civile, le terrorisme et un coût humain massif. Nous nous opposons donc pleinement au double standard et refusons l’idée qu’un peuple puisse être puni, bombardé ou placé sous menace permanente au nom du changement de régime, d’intérêts géopolitiques, mais surtout dans le but de sécuriser les flux et intérêts financiers, énergétiques, commerciaux et économiques des puissants.

Même s’il a ses imperfections, le droit international ne peut pas être à géométrie variable. On ne peut pas invoquer le droit quand cela arrange les grandes puissances et le piétiner quand il fait obstacle à leurs objectifs. Les bombardements contre l’Iran, déjà dénoncés comme illégaux par plusieurs responsables européens et contestés par des organisations de défense des droits humains, doivent cesser immédiatement. Alors que Paris a déclaré se réserver le droit d’intervenir, a déjà engagé des opérations aériennes pour sécuriser ses bases dans la région et déploie désormais un important dispositif naval en Méditerranée orientale, en mer Rouge et potentiellement dans le détroit d’Ormuz, nous demandons que la France n’apporte aucun soutien militaire, logistique ou politique à cette escalade qui pourrait nous entraîner dans le pire.

Cette attaque des États-Unis et d’Israël nourrit ce qu’Attac dénonce depuis longtemps : la remilitarisation du monde, le récit du choc des civilisations, l’autoritarisme, la loi du plus fort, la spéculation sur l’énergie et plus largement une économie de guerre qui produit des écocides, des génocides et protège les puissants pendant que les peuples paient la facture sociale, écologique et démocratique. Les guerres sont menées avec nos vies, nos corps, nos impôts, nos territoires et notre avenir, au profit de leurs rivalités et de leurs intérêts. Elles ne sont pas une fatalité : d’autres mondes sont possibles, fondés sur la paix, le dialogue, la dignité, la justice, l’égalité, la solidarité, et le respect du vivant et de l’autodétermination des peuples.

En portant ces principes, nous appelons toutes nos membres à rejoindre les mobilisations larges contre la guerre, la militarisation et un ordre international fondé sur l’impunité.