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[Action] « Debt for climate / Annulons la dette pour le climat ! »

lundi 27 juin 2022, par Attac France

Ce 27 juin, Attac, Extinction Rebellion et Youth for Climate participent à une action de désobéissance civile engageante et visuelle à Paris, pour exiger du G7 à l’occasion de son sommet à Munich, l’annulation de la dette des pays du Sud Global.

De nombreux activistes participent à cette action bloquante, avec une dimension artistique, qui met en lumière les liens entre justice climatique et justice sociale et la nécessité d’agir sur la dette afin de lutter contre la crise climatique.

Cette action s’inscrit dans le cadre d’une une mobilisation internationale, Debt for Climate, qui se déroule dans plus de 20 pays. Elle fait suite à un appel issu d’une coalition de pays du sud et des MAPAs (Most Affected Peoples and Areas).

La mobilisation Debt for Climate vise à exiger du G7 de mettre la question de la dette et de son annulation à l’agenda de leur sommet. L’enjeu de l’annulation de la dette au nom du climat, répond à une nécessité : libérer les pays concernés d’une dette effroyable et inéquitable, qui les empêche de mener une politique environnementale significative et les obligent à surexploiter leurs ressources, et en particulier les énergies fossiles, pour pouvoir rembourser la dette.

Alors que le Giec nous exhorte à mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles pour sauvegarder notre futur, l’annulation de la dette est plus que jamais nécessaire afin de mettre fin à un système obligeant ces pays à développer les exportations à tout prix, augmenter l’extraction et l’utilisation des énergies fossiles, et limiter les investissements écologiques.

Alors qu’avec la guerre en Ukraine, une crise alimentaire sans précédent menace, la dette amplifie la crise et menace d’accélérer et d’accroitre l’exploitation des énergies fossiles et la destruction de la biodiversité. La priorité actuelle donnée aux droits des créanciers plutôt qu’aux droits et moyens de subsistance des populations des pays en développement est une impasse.

Le G7, le FMI, et la Banque mondiale ont des responsabilités historiques dans le développement de ce cercle vicieux dettes/surexploitation des ressources. On a vu, par exemple, la banque mondiale et le FMI imposer par le passé la privatisation de l’eau dans de nombreux pays comme condition à l’allègement de la dette. On les a vus également conditionner des prêts à la production intensive de produits destinés à l’exportation, prêts qui ont eu des conséquences environnementales désastreuses, voire irréversibles. Quelques exemples : on assiste en Indonésie à la destruction du 3e massif forestier mondial pour la culture de l’huile de Palme ; au Tchad, l’entreprise Glencore (entreprise suisse de négoce, courtage et extractions de matière première) détient plus de 50% de la dette publique extérieure.

La crise de la dette est d’abord la résultante d’un système financier injuste dominé par les pays les plus riches. La dette africaine, cumulée pour tous les pays du continent, atteint 1400 milliards de dollars. Par ordre d’idée, la BCE a racheté pour près de 5.000 milliards d’euros de dette publique et privée depuis 2014, permettant ainsi aux états de bénéficier de taux d’emprunts très bas, alors que c’est justement « la charge de la dette », c’est-à-dire le remboursement des intérêts, qui peut paraître difficilement soutenable.

La reconnaissance d’une dette écologique par les pays les plus riches est une exigence fondamentale. Cette dette écologique provient de la responsabilité des pays les plus riches dans le changement climatique : ce sont eux qui sont les premiers responsables de la destruction de la biodiversité et du pillage des ressources, au sein de pays, qui sont, les moins responsables, et les plus impactés par les crises environnementales en cours et à venir.

L’annulation de la dette doit s’accompagner d’une allocation de financements climat de qualité, qu’il faut considérer, non comme une « un acte de charité » mais comme la reconnaissance de la dette climatique des pays du nord.

Justice climatique, sociale et écologique sont intimement liés. L’action nécessaire pour lutter contre l’urgence climatique passe par l’annulation de la dette, mais aussi par la reconnaissance de la responsabilité historique des pays du G7 et des devoirs qui lui incombent.

Attac, Extinction Rebellion et Youth For Climate ont décidé de répondre à l’appel Debt for Climate en agissant conjointement en France. La réforme de la dette, la solidarité avec les pays les plus touchés par la catastrophe en cours, et pourtant les moins responsables, la nécessité d’une politique écologique décoloniale et la reconnaissance de la dette écologique doivent être les piliers de l’action climatique internationale.

Une action internationale

Partout dans le monde, des milliers de personnes se sont mobilisées pour la justice climatique en exigeant l’annulation de la dette des pays du sud.

  • En France, à Paris, une centaine d’activistes ont bloqué le siège parisien du FMI.
  • En Argentine, un cap crucial a été franchi : Les syndicats se sont associés aux luttes sociales et aux mouvements climatiques pour porter la revendication de l’annulation de la dette. "La deuda es con los pueblos y con la naturaleza".
  • À Berlin, des militant·es climat ont bloqué l’entrée du ministère des Finances. "La dette des pays du Sud est un piège colonial et un obstacle massif à la justice climatique."
  • À Philadelphie, aux États-Unis, les militant·es ont protesté devant le siège local du FMI. "Ne faisons pas de promesses dans le vide".
  • À Bucarest, devant le siège du FMI également, les militant·es climat ont revendiqué l’annulation de la dette des pays du Sud afin de pouvoir mettre en place une réelle transition écologique.
  • Au Panama, il y avait également une marche pour la justice sociale et climatique, en lien avec la campagne Debt For Climate. "Stop au néocolonialisme et à la destruction de nos territoires".
  • À Belgrade, les militant·es Extinction Rebellion ont manifesté devant la Banque Mondiale. "Après des siècles d’exploitation, de colonialisme et d’ignorance des dommages climatiques, il est temps de rendre justice et d’annuler toutes les dettes sans condition."
  • En Afrique du Sud, les militant·es de Fridays For Future ont protesté devant le consulat américain. "C’est la 2e phase de la domination coloniale impérialiste du Nord global sur nous ici dans le Sud global. Et nous n’allons plus le supporter !"
  • À Munich en Allemagne, l’action #DebtForClimate a pris part contre Blackrock. La multinationale alimente les crises dues à la dette et au climat. « BlackRock, hypocrite, le Sri Lanka n’est pas ta colonie, la Zambie n’est pas ta colonie !"
  • À Elmau en Allemagne, les militant·es climat ont pu présenter les revendications de la campagne Debt For Climate aux portes du G7. Face à elles et eux, les dirigeants qui conduisent, de leur château luxueux, le monde au désastre.

    Pour libérer les peuples du fardeau de la dette, pour financer les politiques de bifurcation écologique, pour la justice climatique, il faut annuler les dettes et reconnaître la dette écologique du Nord envers le Sud !

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