À Lima pour « changer le système, pas le climat »

vendredi 5 décembre 2014, par Attac France

Attac France et ses partenaires sont présents à Lima (Pérou) à l’occasion de la COP20. Objectifs : décrypter les négociations et les propositions portées par le gouvernement français et les négociateurs européens. Mais surtout, poursuivre et renforcer le travail de mobilisation citoyenne internationale qui sera décisif à Paris-Le Bourget l’an prochain et après.

La 20e Conférence des Parties se tient à Lima, au Pérou, du 1er au 12 décembre 2014. Objectif des négociateurs : dessiner les bases d’un accord qui serait validé à Paris en 2015, incluant les contributions des pays en termes de réductions d’émissions, de financements, de transferts de technologies. Mais les pays les plus puissants refusent que leurs décisions soient négociées dans un cadre contraignant et en fonction des recommandations scientifiques. Ils risquent ainsi d’enterrer l’objectif de ne pas dépasser les 2 °C de réchauffement climatique global d’ici la fin du siècle.

Concernant le financement, personne ne sait d’où viendront les 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 qui ont été promis en 2009 pour soutenir les populations du Sud face aux dérèglements climatiques. Si elle persiste à torpiller la taxe européenne sur les transactions financières, la France prendra à cet égard une très lourde responsabilité : l’Europe échouera à rendre crédible une taxe globale sur les transactions financières, source de financements innovants pour le climat.

Sauf miracle, l’accord qui pourrait intervenir à Paris en 2015 ne sera ni contraignant, ni juste, ni suffisant. Pourtant, tous les signaux sont au rouge et les records sont battus chaque année concernant les émissions de gaz à effet de serre, les phénomènes climatiques extrêmes, le niveau des températures. Mais le business as usual continue de triompher avec la libéralisation du commerce et des investissements, la recherche et l’exploitation effrénée de nouvelles sources d’hydrocarbures, la main-mise de la finance sur les biens communs.

L’incohérence sur le climat atteint des sommets. Pendant que leurs dirigeants discutent climat, l’Union européenne négocie avec le Canada et les États-Unis des accords de libéralisation du commerce et de l’investissement qui encourageront l’exploitation et le commerce transatlantique d’énergies fossiles. François Hollande vante les investissements de Total dans le pétrole des sables bitumineux en Alberta. Le G20 introduit dans sa déclaration finale un paragraphe sur les défis climatiques tout en précisant qu’il s’agit de « soutenir le développement durable, la croissance économique, et la sécurité des affaires et des investissements »...

Face à l’urgence climatique, la passivité, quand ce n’est pas l’action irresponsable, des dirigeants et des multinationales impose à la société civile d’initier une bataille globale et de long terme. Lima 2014 et Paris 2015 doivent marquer l’essor d’un vaste mouvement social pour la justice climatique, mouvement indispensable pour amorcer le changement systémique dont nous avons besoin, afin de subordonner les intérêts financiers aux exigences climatiques. Attac France s’y emploie avec ses partenaires, en lien avec la Coalition Climat 21.