Treizième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

Le treizième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9 ; Numéro 10, Numéro 11, Numéro 12.

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La manœuvre fut adroite (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

Dans la guerre éclair menée victorieusement pour conquérir la présidence de la République française, Emmanuel Macron a surfé et plané sur la nouvelle doxa pseudo-philosophico-sociologico-politique : l’opposition droite/gauche a disparu, donc la droite et la gauche peuvent… marcher ensemble. Cette nouvelle manière de penser la cité, la polis au sens grec, c’est-à-dire la structuration politique de la société, pourrait n’être qu’une variante de la thèse éculée de la disparition des classes sociales. On voit bien en effet le caractère contradictoire de ces affirmations : droite et gauche disparaissent mais peuvent s’allier pour gouverner ; les classes ont disparu, clament ceux qui naguère affirmaient qu’elles n’existaient pas. Mais, comme la nature a horreur du vide, dit-on, la politique aussi. Le substitut sémantique, à défaut d’être conceptuel, aux clivages de classes et leur traduction politique traditionnelle, c’est le populisme. Toute critique du capitalisme financier et de sa mondialisation, de l’austérité infligée au sein de l’Union européenne à tous les peuples, de l’envol des inégalités et de l’affaiblissement des droits des travailleurs et des citoyens, est disqualifiée comme populiste, qu’elle soit faite au nom de la démocratie et de l’égalité ou au nom de l’autoritarisme et de la xénophobie.

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Dossier : Militarisation et contrôle social

La guerre contre le peuple (Jeff Halper)

La guerre ne peut pas être comprise aujourd’hui indépendamment du capitalisme mondialisé en crise. À la différence des guerres du passé, des armées étatiques ne s’affrontent désormais que rarement sur des champs de bataille. Les guerres contemporaines ressemblent plus aux guerres coloniales du passé, des guerres livrées par des États et leurs armées contre des peuples coloniaux pour leur voler leurs ressources. Les puissances coloniales ne s’intéressaient pas à l’existence de ceux qui subissaient leur répression : elles cherchaient simplement à les pacifier, à en faire des instruments passifs d’extraction de leurs propres ressources pour les besoins et les bénéfices de leurs gouvernants métropolitains – et s’ils échouaient, ils les exterminaient.

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L’insécurisation générale militarisée (Bernard Dreano)

Nous vivons dans le monde globalisé du néolibéralisme, dominé par l’oligarchie financière, sans modèle alternatif quelque part sur la planète. Ce qui ne signifie pas un monde unifié. Cette emprise globale ne signifie pas l’empire global, dominé par une puissance principale, n’ayant à faire face qu’à des contradictions secondaires et quelques résistances périphériques, la pax americana dont rêvaient les néoconservateurs américains au début des années 1990.

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Le « moment 2008 » et le rebond militaire de la france (Claude Serfati)

La guerre déclenchée en 2011 par la France et d’autres pays (États-Unis, Royaume-Uni, l’Allemagne ayant refusé d’y prendre part) afin de renverser le régime de Kadhafi a marqué un tournant. Plusieurs éléments ont frappé l’opinion publique, un des plus spectaculaires étant le changement soudain d’attitude politique de la France vis-à-vis du chef d’État libyen. Celui-ci avait été reçu avec tous les honneurs fin 2007 par Nicolas Sarkozy. En fait, les liens avec le régime libyen s’étaient intensifiés dès 2004, lorsque l’engagement de son dirigeant dans la lutte contre le terrorisme avait mis fin à l’embargo décidé par l’Union européenne. La France avait alors renforcé ses relations économiques et été particulièrement active dans les ventes d’armes.

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Note de lecture sur Le militaire, Une histoire française de Claude Serfati (Jean-Marie Harribey)

Claude Serfati vient de publier Le militaire, Une histoire française (Éd. Amsterdam, Paris, 2017). Il propose une analyse de la politique militaire française s’intégrant dans la dynamique complexe des rapports entre l’évolution de l’économie capitaliste dans laquelle est embarquée la France et le maintien de relations impérialistes que ses dirigeants imposent à des pays restés sous sa domination même après la fin du colonialisme. La Françafrique, si souvent dénoncée, est le symbole même de la prétention impérialiste française dans un monde en proie à des bouleversements géopolitiques que la crise du capitalisme mondial exacerbe.

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L’ONU face à la réalité de la guerre (Nils Andersson)

Le monde, et donc l’ONU, sont confrontés à deux menaces majeures, celle écologique et celle de la militarisation et de la guerre. Pour l’écologie, son importance et sa gravité n’ayant pas encore été perçues au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la Charte de l’ONU n’en fait pas mention. Cependant, dans les années qui suivent sa constitution, les questions des zones désertiques, des réserves naturelles et de la biosphère y sont posées ; puis sont publiés le rapport du Club de Rome, la Déclaration de Cocoyoc et le rapport Brundtland sur le concept du développement durable. L’ONU a donc introduit et sans conteste nourri le débat sur l’écologie, mais en raison des rapports de force en son sein, l’institution fut meilleure précurseuse que décideuse.

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Faut-il avoir peur de la Russie ? (Pascal Boniface)

En décembre 2016, le magazine Forbes faisait de Poutine l’homme de l’année. Entre l’arrivée d’un Donald Trump à la Maison blanche et la reconquête d’Alep par l’armée syrienne suite à une campagne massive et indiscriminée de l’aviation russe visant la population civile au-delà des combattants, tout semblait réussir à l’homme fort du Kremlin. Pourtant, ses succès sont moins éclatants qu’il n’y paraît et sa position moins forte que ne le pensent à la fois ceux qui le craignent et ceux qui l’admirent.

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Débats

Le défi populiste (Chantal Mouffe)

Depuis un certain temps maintenant, des voix nous mettent en garde contre le danger du populisme, qui est présenté comme une « perversion de la démocratie ». Mais, après la victoire du Brexit au Royaume-Uni et le succès imprévu de Trump aux États-Unis, la dénonciation du populisme s’est faite plus forte. Des membres de l’establishment ont commencé apparemment à s’inquiéter du potentiel de mécontentement social qu’ils avaient sous-estimé. Nous sommes harcelés par des propos alarmistes clamant que le populisme doit être éliminé parce qu’il constitue une menace mortelle pour la démocratie. Ils pensent que la diabolisation du populisme et la crainte d’un retour possible du « fascisme » seront suffisants pour prévenir la montée des partis et mouvements qui mettent en question le consensus néolibéral.

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Engager une « économie politique » pour le XXIe siècle (François Morin)

Plus que jamais, nous devons nous demander pourquoi le travail, source de toute richesse produite, ne trouve toujours pas, dans nos économies capitalistes en crise, la forme de reconnaissance qui devrait être logiquement la sienne, soit dans l’organisation des firmes ou, plus encore, dans celle de nos sociétés. De façon plus lapidaire, posons-nous la question : pour quelle raison la « valeur-capital » demeure-t-elle toujours cette valeur normative qui organise nos économies, au détriment d’une « valeur-travail » qui lui reste finalement bien soumise ?

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Une solution permanente au problème crucial des stocks publics de sécurité alimentaire qui bénéficierait aussi aux pays développés (Jacques Berthelot)

Le concept de soutien agricole est plus large que celui de subvention agricole, car il englobe « le soutien des prix du marché » (SPM) à travers la protection à l’importation et/ou des subventions à l’exportation, mais de manière différente pour l’OCDE et l’Accord sur l’agriculture (AsA) de l’OMC. Pour l’OCDE, le SPM représente l’écart entre le prix agricole intérieur et le prix mondial courant (prix à la frontière de chaque pays) rendu à l’exploitation, ce qui englobe la protection à l’importation comme les subventions à l’exportation. Le SPM est « financé » essentiellement par les consommateurs, qui considèrent qu’ils sont en droit d’acheter leur nourriture et d’autres produits agricoles au prix mondial et que les droits de douane les en privent. Cependant, dans l’approche de l’OCDE, une partie du SPM peut être financée par les contribuables quand il y a des subventions explicites à l’exportation, mais celles-ci ont toujours été la partie mineure du SPM, en particulier dans les pays en développement (PED), où elles ont à peine existé, tandis qu’elles ont disparu dans l’UE depuis 2014 et avant dans la plupart des pays développés.

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Entretien accordé par Alain Accardo au site vice.com par Ludivine Benard (Alain Accardo)

Durant la campagne, de nombreux observateurs ont démontré l’omniprésence d’Emmanuel Macron dans les médias : des unes de magazines aux éditos dithyrambiques (on pensera à Matthieu Croissandeau, directeur de la rédaction de L’Obs, confiant qu’il allait voter pour le candidat d’En Marche ! trois jours avant le scrutin), Macron était partout. Les journalistes ont-ils fabriqué le présidentiable Macron, pourtant inconnu il y a encore trois ans ?

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Note de lecture de « Urgence antiraciste. Pour une démocratie inclusive » (Samy Johsua)

La publication d’Urgence antiraciste intervient dans une période électorale où la récupération des questions identitaires est devenue monnaie courante. En temps de crise du système néolibéral et au motif de la « guerre contre le terrorisme », les politiques nationalistes et sécuritaires gagnent du terrain. Les auteurs le démontrent, une lame de fond, orchestrée par les pouvoirs publics et par les franges réactionnaires des opinions, menace de saper les bases des États de droit et social.

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Revue des revues

Revue des revues (Jacques Cossart)

Le nouveau modèle tarde à venir. Nous avons eu droit, pendant la campagne présidentielle française, au revenu universel, auquel même les institutions internationales – toutes celles qui ont mené tambour battant la mondialisation néolibérale – commencent à s’intéresser. Mais, sur fond d’aggravation des inégalités, de la crise écologique et du réchauffement climatique, alors que les investissements de transition se font toujours attendre.

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