Septième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

mardi 4 août 2015, par Conseil scientifique d’Attac France

Le septième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6.

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Face au désastre, que peut-on faire ? (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

L’Union européenne est un désastre total. En son sein, l’Union économique et monétaire est un désastre au carré. La 21e Conférence des parties (COP 21) de l’ONU qui aura lieu à Paris en décembre prochain pour trouver un accord sur le climat s’annonce comme un désastre programmé. Depuis huit ans, la crise ouverte aux États-Unis et qui s’est répandue partout a engendré une somme de désastres sociaux qu’on croyait ne plus jamais revoir. Tout cela parce que les classes dominantes, d’un bout du monde à l’autre, ont fait le choix de renforcer leur modèle financier plutôt que de le corriger, ne serait-ce que modérément. Ainsi, la crise écologique et le réchauffement climatique sont vus comme des occasions de donner une envergure encore plus grande à la privatisation et à la marchandisation des biens naturels, en les transformant en nouveaux actifs financiers. Et, comme si cela ne pouvait aller sans un corollaire, dans le même temps, les peuples se voient présenter la facture de cette crise capitaliste. Comment interpréter autrement la violence de la pression exercée contre le peuple grec depuis qu’il a osé élire un gouvernement promettant de rompre avec l’austérité et d’engager un programme de réformes structurelles positives et non pas négatives ?

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Dossier : La connaissance

Connaissance et rapport capital/travail dans la crise du capitalisme (Carlo Vercellone)

La place grandissante de la connaissance et de la dimension cognitive du travail est l’un des traits marquants du nouveau capitalisme. Toutefois, le rôle clé que la connaissance joue dans la dynamique économique, n’est pas en tant que tel une nouveauté historique. Les questions qui se posent et qui ont constitué le point de départ du programme de recherche sur le capitalisme cognitif peuvent alors être formulées en ces termes : quels sont les outils les plus adaptés pour appréhender le rôle nouveau de la connaissance dans l’accumulation du capital ? Et surtout, quelles sont les relations qu’elle entretient avec les métamorphoses du travail et de la régulation du rapport salarial ?

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Aux fondements du capitalisme managérial : Connaissance et rapports de classe (Gérard Duménil, Dominique Lévy)

Afin de caractériser la nouvelle phase dans laquelle le capitalisme est entré depuis quelques décennies, on peut affirmer sans risque de se tromper qu’il est « financier », « mondial » et « néolibéral »... Cet article se place cependant dans une perspective historique plus longue, et moins consensuelle dans les rangs de la gauche : celle de l’évolution séculaire des « rapports de production » et des « modes de production ». Nos économies et sociétés sont des « capitalismes managériaux », une expression qui souligne une hybridité entre modes de production : capitalisme, d’une part, et managérialisme, d’autre part (en français, un manager n’est rien d’autre qu’un cadre, c’est pourquoi nous préférons parler de capitalisme et de cadrisme). Cette transformation fut le résultat d’une lente évolution amorcée par l’importante révolution des institutions de la propriété des moyens de production au début du XXe siècle. Une de ses manifestations fut l’établissement d’une structure sociale faisant des cadres une nouvelle classe aux côtés des classes capitalistes et classes populaires, initialement une classe moyenne, mais aujourd’hui, une nouvelle classe supérieure.

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À qui appartient la connaissance ? (Hervé Le Crosnier)

Le terme « société de la connaissance » est devenu un signe de ralliement pour décrire les sociétés contemporaines. Il désigne d’une part le basculement technique qui offre une place de plus en plus grande aux machines de « traitement de l’information » dans le processus productif. D’autre part, il souligne la place de la connaissance dans la capacité à faire société... quand celle-ci est partagée. Source d’innovations productives et sociales, la connaissance est également l’enjeu d’un affrontement mondial concernant son mode de production, d’appropriation, son usage et les règles de son partage. Si nous entrons dans une « société de la connaissance », c’est donc au sein même des processus de gestion du savoir que résident les formes nouvelles de la lutte de classes. Car loin d’être inter-classistes, comme le rêvaient les promoteurs de la « société post-industrielle » dans les années 1970, l’organisation de la production et l’usage de la connaissance conduisent au contraire à un renforcement de nouvelles formes de domination. Au point que l’on peut penser que cette appellation recouvre en réalité la seconde phase de la mondialisation, celle qui instaure un nouvel ordre mondial de l’usage des savoirs.

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Les technologies numériques, levier de la mise en marché des connaissances (Gérard Collet)

Pourquoi s’intéresser, au sein d’un dossier sur la « connaissance », à la survenue des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le paysage éducatif ? Il se trouve que lesdites technologies sont au confluent d’attendus économiques majeurs et d’impacts sociaux et éducatifs non moins importants. Leur arrivée dans le paysage de l’éducation depuis une quarantaine d’années est de nature à modifier à la fois le regard que l’on jette sur la connaissance et sa nature même ; elle peut également faire évoluer le système de valeurs qui fonde le système éducatif. Il y a là un faisceau de raisons suffisant pour approfondir le sujet.

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Luttes pour l’accès libre au savoir et à la recherche (Évelyne Perrin)

Depuis une ou deux décennies, se sont succédé, en France, des luttes et mobilisations étudiantes plus ou moins fortes et durables, dont les deux moments forts ont été la lutte contre le CPE (contrat première embauche) au printemps 2006 et les luttes de 2007-2009 contre la LRU (loi Liberté-responsabilité de l’Université), instaurant une privatisation rampante des universités et l’entrée des entreprises dans leur direction. Elles se poursuivent de façon plus fragmentée et sont relayées par les grèves et mobilisations des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche tout au long des années 2013-2015.

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La crise des Lettres en régime néolibéral. Quelles remédiations ? (Martine Boudet)

« Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise des études littéraires, qui s’exprime par les interrogations suivantes : à quoi sert l’enseignement des Lettres ? Faut-il le maintenir ? Et si oui, que faut-il y faire ? » « La crise actuelle des études littéraires est d’abord une remise en cause de leur légitimité. À quoi peuvent-elles servir ? Comment envisager leur avenir ? » Ces interrogations, mises en exergue dans des essais récents, posent une problématique devenue incontournable : « Aujourd’hui la question porte non sur le comment de la production littéraire et de son étude, mais sur l’existence même de la littérature et l’intérêt de son étude. Au-delà, ce qui est sous-jacent, c’est une crise de civilisation qui embrasse à la fois les nouvelles technologies de la communication et l’identité européenne. »

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Naissance, vie, gloire et mort des connaissances médicales (Jean-Claude Salomon, Michel Thomas)

Chaque jour de l’année, autour de 3 000 publications rapportent des travaux originaux dans le seul domaine biomédical. Ces travaux, pour être publiés, sont passés par le crible des comités de rédaction et des lecteurs des différentes revues et sont tous considérés comme porteurs d’un nouvelle avancée, si minime soit-elle, de la connaissance. Il est bien entendu totalement impossible à un médecin ou à un biologiste de lire, voire seulement de prendre connaissance de la totalité, et même d’une proportion un tant soit peu significative de cette immense production. Même en se plaçant dans le cadre d’une spécialité, voire d’une hyperspécialité, il est impossible de tout lire, de tout assimiler. Personne ne s’y risque plus au reste. Seuls certains travaux trouvent leur audience auprès du public professionnel. Encore moins touchent une fraction plus importante du public scientifique, et il est exceptionnel que l’un d’entre eux atteigne le grand public. La situation actuelle n’est différente de celle qui prévalait voici quelques décennies que par le nombre beaucoup plus important de travaux publiés par un nombre croissant de vecteurs, Internet étant venu donner une nouvelle accélération au phénomène. Cependant les mécanismes qui président à la naissance, à la vie, la gloire et l’oubli des connaissances reste le même, et nous allons essayer de les analyser.

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Anthropologie culturelle et sociale : Savoirs critiques et regards politiques en miroir (Claude Calame)

Une science sociale critique ? Parmi les sciences humaines et sociales sans doute l’anthropologie est-elle par principe susceptible de faire interagir les savoirs sur l’homme et ses communautés, et ceci dans un enrichissement mutuel et critique. Comme savoir sur les sociétés et les cultures différentes, l’anthropologie culturelle et sociale est en effet par principe comparative. La démarche comparative nous engage même à l’approche contrastive, différentielle d’autres communautés humaines, d’autres cultures. En retour, elle nous invite à porter un regard oblique, analytique et critique sur le paradigme social et anthropologique dont nous dépendons, aussi bien dans nos pratiques académiques que dans notre mode de vie.

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Jean Tirole et les fondements de la morale (Gilles Rotillon)

Jean Tirole a publié, dans Les Échos du 7 décembre 2014, une tribune intitulée « L’éthique et le marché », où il feint de s’interroger sur les limites morales du marché, mais d’une tout autre manière que celle d’Adam Smith dans sa Théorie des sentiments moraux. À partir du constat que « les spécialistes des autres sciences sociales (philosophes, psychologues, sociologues, juristes et politistes…), une grande partie de la société civile, et la plupart des religions » (ce qui fait effectivement beaucoup de monde) ont une vision critique du marché sur la base de jugements moraux, il cherche à montrer que ces réticences sont principalement dues à une mauvaise connaissance des travaux récents des économistes. Et il voit dans le « succès planétaire » du livre de Michael Sandel, Ce que l’argent ne saurait acheter : les limites morales du marché, le « symptôme de cette perception », qui donne un rôle primordial à nos indignations.

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Débats

Termes de référence de la Commission pour la vérité sur la dette grecque (Eric Toussaint)

Depuis mai 2010, la Grèce poursuit un programme d’ajustement macroéconomique qui constitue une condition d’accès aux prêts du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne et qui vise à participer à la réduction de son déficit budgétaire. Les mesures qui composent ce programme ont pour vocation, en principe, de ramener le déficit budgétaire et la dette publique du pays à un niveau soutenable. Elles se traduisent par une réduction massive des dépenses publiques, par des suppressions de postes dans le secteur public, par une augmentation des impôts, par des privatisations et des réformes structurelles. Cependant, ces mesures, tant recommandées par les instances internationales, ont plongé l’économie grecque dans une profonde récession (la plus longue en Europe en temps de paix), elles ont poussé des millions de Grecs dans la pauvreté, le chômage et l’exclusion sociale, le tout en entravant brutalement l’exercice des droits humains, en particulier les droits économiques et sociaux, ainsi que le fonctionnement des services publics et des infrastructures (dans l’ensemble du pays, des écoles, des hôpitaux, des tribunaux ont été fermés ou fusionnés afin de réaliser des coupes dans les dépenses publiques).

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Facture ouverte de la Grèce avec Berlin (Harald Neuber)

Dans l’affrontement au sujet de la crise de la dette, Athènes a mis à l’ordre du jour la dette de l’Allemagne datant de l’époque nazie, de même que les demandes de compensations pour les crimes commis par l’Allemagne en Grèce, introduisant ainsi une dimension supplémentaire dans la discussion sur la légitimité de la dette. Harold Neuber explique les détails.

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Dette illégitime : Un concept dangereux, non pour les populations, mais pour le néolibéralisme ! (Pascal Franchet)

Edwin Le Héron (ELH) a produit un article paru dans Les Possibles », n° 6, intitulé : « Dette illégitime : un concept dangereux ! » Il y affirme, mais ne démontre pas, que le concept de dette illégitime est dangereux parce qu’il est fondamentalement, selon lui, « un concept libéral, antidémocratique, moraliste et contradictoire ». […] Ma réponse s’adresse dans un état d’esprit positif à ceux qui doutent de l’existence de possibles, d’alternatives au monde actuel. C’est à cela que ma contribution veut répondre.

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La dette illégitime : des enjeux politiques (Catherine Samary)

La notion de dette « illégitime » est évidemment « problématique » (au sens positif de ce terme) : qui décide ce qui est légitime ou pas, sur la base de quels critères ? Nos amis du CADTM y ont apporté des réponses, appuyées par des expériences internationales. Il était possible de les discuter. Mais ce n’est pas cette question que soulève Edwin Le Héron (ELH) dans sa contribution pour Les Possibles. Il critique ce concept comme « dangereux, parce que libéral, antidémocratique, moraliste et contradictoire ». Au vu du caractère radical d’un tel jugement – fort grave dans le contexte « non académique » de la crise grecque où la délégitimation des acteurs de la dette est un enjeu crucial – on attend des arguments solides. Rien de tel dans cet article.

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Le commencement de la fin de l’hégémonie transatlantique (Peter Wahl)

Exactement un mois après le sommet du G7 dans les Alpes allemandes, s’est tenu le 9 juillet 2015 à Oufa, dans l’Oural russe, le sommet des BRICS. Un jour plus tard, était attaché à ce sommet celui d’une organisation internationale peu connue chez nous, la Shanghai Cooperation Organization

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Argentine, Brésil, Mexique entrent dans la tourmente (Pierre Salama)

À partir de 2003 et jusque 2012, une période nouvelle apparaît en Amérique latine. La croissance est plus élevée que lors de la décennie précédente (annexe 2), les « fondamentaux » (soldes de la balance commerciale et du budget, réserves internationales, chômage, emplois formels, inflation) s’améliorent le plus souvent, les politiques sociales sont plus ou moins importantes selon les pays, la pauvreté recule et les inégalités de revenus paraissent diminuer. Grâce à un taux de croissance plus élevé que dans les pays avancés, le revenu par tête de la plupart des pays latino-américains se rapproche de celui des États-Unis, mais à un rythme relativement lent si on le compare à celui des pays asiatiques.

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Mexique, les racines de l’actualité ou la violence et ses liens avec les politiques ultralibérales conduites en Amérique du Nord (Pierre-Luc Abramson)

Quand on considère l’actuelle situation du Mexique, ce qui, d’abord, saute aux yeux, c’est l’incroyable niveau de violence et d’insécurité qui règne dans le pays et qui est dû au trafic de drogue. Certes, le Mexique a toujours été un pays violent, mais si on ne se mêlait pas de politique, de questions sociales ou d’affaires d’amour, le pays était très sûr, beaucoup plus que le Texas. La violence actuelle est omniprésente et il n’y a pas de région qui en soit indemne, même si le phénomène est plus intense dans le nord du pays.

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De la question salariale à la question territoriale et de la contestation légale à l’action extralégale. Assistons-nous à un déplacement de la conflictualité sociale ? (Manuel Cervera-Marzal)

Contrairement à ce que croient certains intellectuels engagés qui se plaisent à voir dans les soulèvements populaires l’application de leurs recommandations personnelles, la praxis révolutionnaire précède généralement la théorie qui lui correspond. En ce sens, le dernier ouvrage du Comité invisible, À nos amis, paru fin 2014 chez La Fabrique, peut se lire comme une tentative de donner un socle théorique commun à des luttes récentes aussi diverses que le No TAV contre la ligne ferroviaire Lyon-Turin, les ZAD qui essaiment sur le territoire français, la reprise ouvrière de l’usine Vio-Me de Thessalonique et l’occupation du parc de la place Taksim d’Istanbul en 2013. « Les insurrections, finalement, sont venues », constatent d’entrée de jeu les auteurs d’À nos amis.

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Une nouvelle sociologie pour les nouveaux mouvements sociaux (Michael Burawoy)

Pour Max Weber, il était clair que l’accroissement de la rationalité formelle, qu’elle prenne la forme de la bureaucratie, de la loi ou de la démocratie de masse, ne réduit pas l’oppression économique et sociale des populations qui lui sont assujetties. Bien au contraire, la rationalité formelle, qui attribue des droits égaux à tous, perpétue les injustices qu’ils subissent. La seule façon de le contester, dit Weber, est d’agir par des moyens informels – ce qu’il appelle parfois « Kadi-justice ». Mais ces moyens informels, qu’il s’agisse de l’opinion publique ou de l’action collective, sont manipulés et mis en scène par en haut. Weber était très méfiant vis-à-vis de ce que nous appellerions aujourd’hui les mouvements sociaux, qu’il considérait comme l’effet d’une « masse incohérente », entraînée par des « sentiments irrationnels ». Sa théorie de l’action collective appartient à cette première vague de la théorie du mouvement social, qui va de Durkheim et Weber à Smelser et Parsons, pour qui l’action collective était une réaction irrationnelle au changement social.

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La mutation social-libérale de la social-démocratie (Michel Cabannes)

Le projet de la gauche réformiste comportait, dès ses débuts, la primauté du social et la primauté du politique, dans le respect de l’économie de marché et des institutions démocratiques. Au niveau des objectifs, la justice sociale était prioritaire, y compris dans les textes « révisionnistes » : « Le sens du socialisme a toujours été et demeure d’éliminer les privilèges des classes dirigeantes et d’apporter à tous les hommes la liberté, la justice et le bien-être » (Programme de Bad-Godesberg du parti social-démocrate allemand, 1959). Au niveau des moyens, les choix collectifs devaient l’emporter sur les forces du marché et sur les grands intérêts privés. Cette primauté, qui ne signifiait pas la négation du marché, traduisait la volonté de concrétiser la démocratie dans l’économie à tous les niveaux. La gauche réformiste préconisait l’État social pour améliorer la condition des travailleurs et l’économie mixte pour maîtriser l’économie.

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Pour une critique raisonnée du progrès humain (Alain Accardo)

L’aggravation des dégâts causés à la planète depuis deux siècles par le développement industriel a eu, entre autres effets, celui d’exacerber l’opposition entre partisans et détracteurs du « progrès ». La réalité à laquelle renvoie cette notion apparemment simple comportant en fait de nombreuses dimensions qui se surdéterminent inextricablement les unes les autres et ont toutes un impact sur la vie individuelle et collective, le débat, comme toujours au sujet d’un fait social total, engage inévitablement le sens même de l’existence des uns et des autres, en tant que personnes singulières et/ou en tant que groupes sociaux. Il n’en est que plus nécessaire de savoir le plus exactement possible de quoi l’on parle.

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Revue des revues

Comment les institutions traitent-elles la connaissance ? (Jacques Cossart)

On y trouvera, en lien avec le dossier ci-dessus, un aperçu de la façon dont les institutions (OCDE, Banque mondiale, Agence française du développement, Conseil d’analyse économique) traitent la connaissance. Ce n’est pas sans lien avec la crise écologique car la préoccupation de décarboniser le développement économique et celle de la préservation versus l’accaparement des matières premières deviennent centrales. L’économie renvoie au politique et au social parce que la corruption et le renforcement des inégalités sont une atteinte à la démocratie. Enfin, les perspectives publiées par le FMI pourraient constituer un signal d’alarme si la croyance en l’éternité de la croissance économique n’était pas profondément enracinée. Et, pour que celle-ci dure encore un peu, quoi de mieux que de poursuivre le pillage de l’Afrique ?

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