Quatorzième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

mardi 19 septembre 2017, par Conseil scientifique d’Attac France

Le quatorzième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9 ; Numéro 10, Numéro 11, Numéro 12, Numéro 13.

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Éditorial : La prime à la fraude, nouveau principe de faveur (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

Peut-être, un jour, les historiens diront que la période que nous traversons aujourd’hui aura vu le capitalisme tellement engoncé dans une crise multiforme et inextricable qu’il n’avait pas d’autre recours que d’instaurer la fraude en mode de gestion permanent de la société. La fraude et l’évasion fiscales sont depuis longtemps déjà le sport favori des banques, des multinationales et des riches particuliers. L’imbrication des systèmes mafieux et du capital international est de plus en plus étroite. Le reportage du Monde pendant l’été 2017 sur la fraude à la TVA au milieu du marché européen du carbone en donnait un bel exemple. Mais il est une nouvelle fraude inaugurée par le président Macron dans les ordonnances qu’il s’apprête à signer sur le « marché » du travail. Celles-ci instaurent un barème maximum pour sanctionner les licenciements illégaux, c’est-à-dire « sans cause réelle et sérieuse », au contraire de ce qu’exigeait jusqu’ici le Code du travail.

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Dossier : Le travail

D’où vient la souffrance des salariés du XXIe siècle ? Ruptures et continuités entre management moderne et logique taylorienne (Danièle Linhart)

La modernisation managériale se prétend en rupture radicale avec la logique taylorienne. Elle prétend faire place à l’autonomie, la liberté d’initiative, la responsabilité, des salariés et promouvoir des modes de mises au travail en phase avec l’évolution de la société. Celle-ci est de plus en plus individualisée et les politiques à l’œuvre dans les entreprises affichent l’importance accordée désormais aux qualités personnelles de chaque salarié : son adaptabilité, sa créativité, son goût du risque…
Mais à y regarder de plus près, certains fondements du taylorisme restent omniprésents, bien que masqués derrière les formes hyper modernes de personnalisation, psychologisation de la mise au travail. Malgré « l’humanisation » revendiquée, la subordination impose toujours sa loi selon les bonnes vieilles recettes tayloriennes. Pour parvenir à gérer ces contradictions, les directions s’emploient à renouveler en permanence les moyens d’arracher le consentement de leurs salariés.

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Le management ne s’intéresse pas au travail (Isabelle Bourboulon)

Cela ressemble à un paradoxe. Pourtant, plus on écoute les salariés, plus on s’entretient avec les chercheurs, plus on avance dans la lecture des nombreux ouvrages et études consacrés au travail, plus on en vient à douter de l’adéquation des méthodes managériales actuelles aux attentes des salariés, et peut-être même à celles des directions d’entreprises, tant celles-ci sont parfois contre-productives. Entre un management de plus en plus contraignant et la réalité vécue par les salariés, le divorce est patent. Le management appréhendé sous des aspects uniquement quantitatifs ne s’intéresse ni aux conditions de réalisation du travail, ni à son contenu, encore moins à ce qu’il permet de construction des identités et de la santé.

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Salariat et code du travail (Gérard Filoche)

Le salariat n’a que sa force de travail à vendre. Le patronat achète cette force de travail. Le salaire est l’enjeu de cet échange. Le salaire, c’est à la fois le salaire net et le salaire brut et super-brut Avec le salaire net, on vit mois après mois. Avec le salaire socialisé, qui inclut toutes les cotisations, on vit toute la vie. Le niveau du salaire dépend en permanence des rapports de force entre salarié et employeur. Et ce rapport de force trouve son incarnation dans les droits du travail.

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Tribune collective : « Loi travail : les droits des femmes passent (aussi) à la trappe », Médiapart, 6 septembre 2017. (Stéphanie Treillet)

La loi El Khomri, puis les ordonnances Macron, dans la lignée des précédentes réformes du Code du travail, constituent différents épisodes d’une attaque réitérée et persistante du patronat et des gouvernements sur la question de la durée du travail. Le Medef en a fait en effet son cheval de bataille central depuis la mise en œuvre des lois Aubry en 1998-2000. Son objectif est double : revenir sur les 35 heures et créer les conditions d’une augmentation de la durée du travail dans tous les secteurs, mais, au-delà, parvenir à un abandon de toute référence à une durée légale du travail ; une entreprise qui cherche donc à faire régresser le monde du travail à l’aube du capitalisme.

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Le droit fondamental à la santé au travail, un instituant du contre-pouvoir syndical (Louis-Marie Barnier)

La santé au travail a été marquée par le compromis tissé à l’occasion de la loi de 1898 sur les accidents du travail, qui établit la primauté de la réparation sur la prévention des risques professionnels. Celui-ci s’est prolongé par la prévalence donnée aux compromis entre employeurs et représentants de salariés pour toute décision concernant la réglementation dans ce domaine (Henry et Jouzel, 2008). L’État s’est construit comme un acteur « modeste » (Crozier, 1987), confiant aux « partenaires sociaux » l’élaboration des règles et compromis qui définissent les normes de travail.

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Un revenu garanti au SMIC, la sécurité sociale professionnelle et la continuité des droits sociaux, c’est possible ! (Odile Merckling)

Les réformes actuelles du nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron, en détruisant le droit du travail, vont encore accroître le chômage. Aussi est-il plus que jamais nécessaire de s’entendre afin d’exiger un système d’assurance-chômage qui permette d’assurer une indemnisation correcte de tous les demandeurs d’emploi, de faire obstacle à la baisse généralisée des salaires et d’aller vers plus d’égalité.

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Déréglementation du marché du travail et immigration (Odile Merckling)

Les relations entre immigration et marché du travail ont plus d’un siècle d’histoire [1]. L’État français a, depuis les débuts du XXe siècle, mis en place une politique de contrôle des travailleurs migrants, notamment avec l’obligation de détenir un titre de séjour, accompagné pour les actifs - depuis 1926 - d’une autorisation de travail. Le patronat de certains secteurs a eu massivement recours à cette main-d’œuvre immigrée, qui lui permet de s’affranchir des règles du droit du travail. Dans les années 1970, cette situation a commencé à changer, du fait de l’entrée des syndicats dans les entreprises, de la présence des salariés immigrés dans de grands établissements de l’industrie, et d’un nombre croissant de conflits du travail dans lesquels ils ont été impliqués.

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Propositions face à la régression sociale et démocratique en cours (Emmanuel Dockès)

En France, les grandes conquêtes démocratiques et les grandes conquêtes sociales furent généralement simultanées. 1793, 1848, les années 1880, 1936 (qui est aussi une victoire sur février 1934), 1945, 1968… Ces grandes dates de l’histoire de la démocratie sont aussi les grandes dates de la construction du droit social. Il y a là une certaine logique. L’histoire de la démocratisation de l’État est l’histoire de la réduction, de l’encadrement, de la limitation des pouvoirs publics. L’histoire de la création du droit du travail est l’histoire de la réduction de l’encadrement, de la limitation du pouvoir patronal. Dans un cas comme dans l’autre, l’adversaire est le pouvoir. En sens inverse, dans les temps qui sont les nôtres, la mode est à l’autoritarisme sous toutes ses formes.

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Quelques résultats des enquêtes européennes sur le rapport au travail (Dominique Méda)

Que n’a-t-on pas entendu, ces dernières années, sur le rapport des Français au travail ! La valeur-travail se serait dégradée – principalement en raison des 35 heures –, les Français seraient les champions du loisir et n’aimeraient plus le travail, les jeunes seraient particulièrement frappés par cette maladie, étant devenus préoccupés prioritairement lors de leur recherche d’un emploi, par la quantité de congés et le faible volume horaire de travail… Très récemment, un court article de l’éditorialiste Christophe Barbier a enfoncé le clou en proposant de raccourcir les congés des Français d’une semaine, suggérant qu’ils auraient un problème avec leur rapport au travail… Ce qui est désespérant dans tout cela, c’est que la victoire idéologique remportée par tous ces gens ne prend appui sur rien, aucune étude, aucun témoignage. Nous allons le voir, l’ensemble des enquêtes vont au contraire dans le sens exactement opposé, mettant en évidence que les Européens, mais parmi eux plus encore les Français, entretiennent un rapport très spécifique au travail.

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La centralité du travail vivant (Jean-Marie Harribey)

Au cœur des emballements médiatiques au sujet du revenu universel qui ont accompagné la campagne électorale française de 2017 ou qui reviennent de façon récurrente dans certains milieux alternatifs, il y a la question du travail. D’autre part, les craintes exprimées face aux réformes du Code du travail sont d’autant plus vives qu’apparaît nettement le projet libéral de s’attaquer pas seulement à ce Code, mais au travail lui-même. Dans tous les cas, les explications avancées pour justifier tel ou tel projet sont principalement fondées sur l’idée que le travail aurait perdu sa « centralité », voire qu’il n’aurait jamais eu la centralité que certains lui prêtent, et que les droits qui l’entouraient seraient devenus obsolètes.

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Débats

Combien valent les manuscrits d’Alexandre Grothendieck ? (Gilles Rotillon)

Alexandre Grothendieck est un des plus grands mathématiciens du XXe siècle et, à sa mort, en 2014, après plus de vingt ans retiré du monde, on a trouvé chez lui 68 000 pages non publiées qui s’ajoutent aux 28 000 déjà répertoriées par le département de mathématiques de l’université de Montpellier et également non publiées. Ces pages font l’objet d’une demande d’évaluation de la part de ses héritiers, comme l’exige la loi, pour pouvoir déterminer les droits de succession qu’ils devront payer. De plus, une fois réglée cette question de succession, se posent celles du lieu et des conditions où ces textes pourront être consultés. La famille de Grothendieck a désigné Jean-Bernard Gillot, un expert en manuscrits, pour répondre à la première question et l’Université de Montpellier a donné une réponse partielle aux autres en mettant en ligne en accès libre 18 000 pages des manuscrits que Grothendieck avait laissés à l’université. Les réponses à ces questions (et particulièrement à la première) sont loin d’être anecdotiques. Elles relèvent au contraire d’un profond débat sur ce qui a de la valeur dans nos sociétés et sur la forme que prend cette valeur. Le texte qui suit tente d’apporter une contribution à ce débat.

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Les monnaies locales entre repli communautaire et libéralisme économique (Alain Beitone, Nicolas Danglade)

Les monnaies locales et autres monnaies alternatives sont à la mode : rapports officiels, publications universitaires, initiatives militantes, reconnaissance par la loi en France… Tout concourt à inscrire cette question à l’agenda politique et scientifique. Les périodes de crises (on pense bien sûr à la crise financière de 2007-2008) sont propices aux utopies monétaires. Mais ces utopies, alors même qu’elles visent des objectifs critiques et émancipateurs, véhiculent parfois (souvent ?) des confusions qui peuvent se révéler dangereuses. Ce confusionnisme est amplifié par les usages qui sont faits des réseaux de communication internet, dont la propension à véhiculer des informations erronées favorise la « démocratie des crédules » (Bronner, 2013). Nous nous efforcerons donc, dans ce texte, de faire le point, à la lumière des théories socio-économiques, sur ce que sont les monnaies locales.

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« L’écoféminisme et les mobilisations pour l’environnement dans les pays du Sud », suivi de « Le débat sur le care dans le féminisme nord-américain et sa convergence avec l’écoféminisme » (Joël Martine)

L’écoféminisme peut être lu comme une expression du rôle particulier des femmes des pays du Sud dans les luttes pour l’environnement, ce qui aide à comprendre les contrastes et la possible complémentarité entre l’écoféminisme et le féminisme de l’égalité qui s’est développé en Occident aux XIXe et XXe siècles. On verra ensuite ce qu’a apporté dans ce contexte le débat sur le care dans le féminisme nord-américain.

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Chantal Mouffe ou les incertitudes de la « radicalisation de la démocratie » (1/3) (Patrick Braibant)

« Reformul[er] le projet émancipateur en termes de radicalisation de la démocratie », tel est, selon Chantal Mouffe, le cœur de la réflexion politique qu’elle mène depuis la rédaction, il y a plus de trente ans, de l’ouvrage retentissant cosigné avec Ernesto Laclau, Hégémonie et stratégie socialiste (1985). L’ambition du présent article est d’analyser la manière dont la philosophe envisage aujourd’hui cette « radicalisation » dans le cadre de ce qui est désormais le centre de sa réflexion sur la démocratie : « l’agonisme ». Ses textes récents la présentent comme double, comme l’articulation de deux radicalisations : « Ce que nous appelons de nos vœux est une radicalisation des institutions démocratiques en place [ou « institutions démocratiques libérales »] de façon à ce que les principes de liberté et d’égalité s’appliquent réellement à un nombre croissant de rapports sociaux ». La locution « de façon à ce que » indique clairement le rapport qui doit s’établir entre ces deux radicalisations : c’est par la radicalisation des institutions qu’adviendra la radicalisation consistant à étendre le plus possible la juridiction du « principe de liberté et d’égalité ». La première radicalisation commande la seconde.

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Les Lumières en question : À propos du livre de Jonathan Israel, Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne (Pierre Khalfa)

Cet ouvrage, synthèse d’une œuvre monumentale de quatre volumes de 1 000 pages, dont seul le premier a été traduit en français, permet d’entrevoir la nature encyclopédique du travail effectué par l’auteur, professeur aux États-Unis à l’Institute for Advanced Studies de Princeton. L’intérêt d’une synthèse, surtout quand elle est effectuée par l’auteur lui-même, est qu’elle permet d’aller à l’essentiel de sa pensée et facilite donc la discussion de la thèse avancée et de la méthode employée.

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Note de lecture de Mémoire éclatée, De la décolonisation au déclin de l’Occident de Nils Andersson (Martine Boudet)

À travers une somme monumentale (de 544 pages), Nils Andersson livre au lecteur l’expérience d’une vie consacrée au combat politique et à son moyen privilégié, l’édition. C’est l’occasion de dresser une fresque de l’histoire des relations intra-européennes, Est-Ouest (dans le cadre de la guerre froide) et Nord-Sud (à la lumière des luttes décolonisatrices). D’origine suédoise et résident en Suisse à Lausanne jusqu’à son expulsion par les autorités helvétiques pour activités « subversives », Nils Andersson est un citoyen du monde, attentif aux flux et reflux des luttes des peuples pour leur émancipation.

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Compte rendu de lecture de Kadour Naïmi La guerre, Pourquoi ? La paix, comment ? Éléments de discussion aux gens de bonne volonté (Charles Paradis)

Plus de 1450 télé-déchargements en un seul jour, celui de sa mise en ligne en accès libre, le 18 mars 2017, sur un site internet, du livre intitulé : La guerre, Pourquoi ? La paix, comment ? Éléments de discussion aux gens de bonne volonté.

Le livre n’est pas d’un expert pour experts, ni de vulgarisation simpliste pour lecteurs superficiels, ni une somme systématique pour doctrinaires. Le sous-titre précise l’esprit ayant présidé à la rédaction, ainsi que les destinataires.

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Revue des revues

Revue des revues (Jacques Cossart)

Le travail est mis à mal dans le monde entier, tant en ce qui concerne ses conditions que les salaires. Une revue internationale des publications ne laisse pas de doute à ce sujet. De plus, les conditions de vie sont menacées par les multiples pollutions : deux exemples scandaleux sont donnés par les constructeurs d’automobiles et par Monsanto. Encore une fois, ce constat s’accompagne d’une aggravation des inégalités, tant des revenus que de la fortune, ainsi qu’au sujet de l’accès aux soins de santé, notamment pour les enfants. La crise du capitalisme approfondit toutes ces contradictions. La Revue des revues s’étonnerait presque que les gouvernements ne comprennent pas l’extinction des espèces, le réchauffement du climat et la dégradation sociale. La crise est partie des États-Unis et la Revue des revues se demande si l’Afrique sauvera le capitalisme. Mais peut-on et doit-on le sauver ?

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