Onzième numéro des Possibles, la revue éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac

mardi 11 octobre 2016, par Conseil scientifique d’Attac France

Le onzième numéro de la revue trimestrielle Les Possibles, éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac, est disponible. Retrouvez ci-dessous le sommaire de ce numéro et inscrivez-vous pour recevoir la revue.

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Les précédents numéro sont disponibles en ligne Numéro 1 ; Numéro 2 ; Numéro 3 ; Numéro 4 ; Numéro 5 ; Numéro 6 ; Numéro 7 ; Numéro 8 ; Numéro 9 ; Numéro 10.

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Éditorial : Travail et revenu sont dans un bateau… (Jean-Marie Harribey, Jean Tosti)

Le travail et le revenu sont dans un bateau. La tempête capitaliste arrive et une lame envoie par le fond le travail qui se noie. Plus personne ne ramant dans la cale, le revenu se tarit. Certains invoquent alors une génération spontanée de richesse venant de nulle part, mais pouvant se rendre indéfiniment dans toutes les demeures.

Cette histoire pourrait être celle du revenu d’existence inconditionnel ou de ses copies, allocation universelle et salaire à vie. La violence de la crise capitaliste est telle, avec le chômage, la précarité, les inégalités, l’affaiblissement du droit du travail et de la protection sociale, que des succédanés aux salaires décents et au partage du travail sont imaginés, aux deux bords de l’échiquier politique et idéologique.

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Dossier : Le travail en question(s)

Les enjeux de la « loi travail » (Gérard Gourguechon)

La « loi travail » en France a conduit au développement d’une mobilisation assez forte, assez longue, non terminée à ce jour (début septembre 2016) malgré le « vote » de la loi, et revêtant divers aspects (manifestations, grèves, occupations, pétitions très larges, installation de collectifs, mise en place de nouveaux lieux de rencontres et de débats, etc.). L’obstination du gouvernement dans son ensemble, même si c’est l’image du Premier ministre qui nous est régulièrement envoyée, ne peut être expliquée par des éléments « psychologiques », voire caractériels, liés à quelques personnes (entêtement, volonté de ne pas reculer, de ne pas « céder », etc.). La détermination du gouvernement à ne pas céder sur l’essentiel (qui est l’inversion des normes) nous éclaire sur l’exigence du capitalisme financier dans ce dossier pour conforter ses pouvoirs et ses avantages.

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Travail et non-travail dans l’Union européenne (Werner Rügemer)

Je remercie Nuit Debout-République d’avoir organisé cette conférence. J’espère qu’une coopération continue en résultera. D’abord une remarque générale : l’Union européenne n’est pas seulement une affaire européenne. L’UE est gouvernée et co-gouvernée par exemple par le pacte militaire OTAN dominé des États Unis, par le Fonds monétaire international, membre de la “Troika”, par des services secrets et digitaux américains, par des grands propriétaires et investisseurs surtout anglo-américains dans des entreprises importantes en Europe, par les trois grands agences de notation et autres acteurs.

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Luttes et outils de défense pour la santé au travail (Évelyne Perrin)

Pendant de nombreuses années, et notamment au cours des « Trente Glorieuses », la souffrance au travail et les maladies professionnelles concernaient plus les ouvriers et salariés exposés à des gestes répétitifs ou pénibles et à des substances dangereuses comme l’amiante. Mais le tournant libéral pris par les dirigeants des principaux pays d’Europe à la suite des États-Unis et du Royaume-Uni après le premier choc pétrolier, et l’adoption par ces derniers de la doctrine de compétitivité et de financiarisation à outrance, se sont traduits progressivement par de profondes transformations des objectifs et des modes de gestion des entreprises privées tout d’abord, puis des services publics eux-mêmes, ouverts à une privatisation rampante.

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L’avenir des retraites : une amélioration, vraiment ? (Christiane Marty)

Depuis la loi du 20 janvier 2014, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a la mission de produire chaque année avant le 15 juin un rapport d’évaluation et de perspectives des retraites. Ce document, basé sur des indicateurs de suivi définis par décret et sur différents scénarios de projections économiques, doit permettre d’évaluer la conformité du système de retraites avec ses objectifs en termes de pérennité financière, d’équité et de solidarité. C’est ensuite la mission du Comité de suivi des retraites (CSR), instauré par cette même loi, d’examiner cette conformité et de rendre un avis public avant le 15 juillet. S’il considère que le système s’éloigne de manière significative de ses objectifs, il « formule des recommandations » visant à en garantir le respect.

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Débats sur l’avenir du capitalisme : stagnation séculaire ou rebond technologique ? (Michel Husson)

Il est étonnant de constater que le débat sur l’avenir du capitalisme est aujourd’hui polarisé à l’extrême. D’un côté, certains anticipent une hécatombe d’emplois provoquée par l’économie numérique ; d’autres, au contraire, évoquent la perspective d’une « stagnation séculaire » et s’inquiètent, comme Christine Lagarde, d’une « nouvelle médiocrité ». Cet article, qui synthétise des contributions antérieures, cherche à éclairer ce paradoxe.

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Le partage du travail et les frères Bogdanov (Thomas Coutrot)

Les économistes critiques qui s’obstinent à prôner la RTT « se comportent comme les frères Bogdanov en physique, ils compensent un manque de reconnaissance scientifique par une surexposition médiatique ». Près de 20 ans après la première loi Aubry, le débat sur la réduction du temps de travail continue de diviser profondément la société française et les économistes. Ce débat s’est même radicalisé avec le pamphlet de MM. Cahuc et Zylberberg sur le « négationnisme économique ». De l’aveu même des auteurs, leur but principal est de discréditer les partisans de la RTT qui cherchent à reprendre l’offensive.

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L’économie collaborative et la robotique : par-delà la science-fiction ? (Matthieu Montalban)

Le changement technique est source de transformations des rapports sociaux : Marx et Engels faisaient de la contradiction entre le développement des forces productives lié à la technique et les rapports de production existants la source des crises des modes de production. Mais une même technologie peut donner le meilleur et le pire selon les rapports sociaux dominants. Marx avait effectivement noté l’ambivalence de la technologie, qui peut autant accroître l’exploitation des travailleurs que leur offrir les conditions de leur émancipation. Marx et Schumpeter avaient bien compris que l’une des caractéristiques principales du capitalisme est un bouleversement permanent des conditions de production par l’utilisation systématique des technologies et de la science pour augmenter la productivité, une destruction créatrice permanente qui entraîne des cycles de longue période du produit par tête via la disparition douloureuse de secteurs, firmes et technologies obsolètes au profit de d’industries, d’organisations et de technologies nouvelles.

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Des théorisations fragiles aux implications politiques hasardeuses. (Pierre Khalfa)

Bernard Friot poursuit inlassablement sa réflexion sur les voies possibles d’émancipation du salariat. Parti d’une analyse de la protection sociale, en particulier des retraites, il a élargi son propos pour aboutir aujourd’hui à une théorisation globale dont les implications politiques sont originales mais pour le moins problématiques.

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1946 change le salaire, et donc le travail (Bernard Friot)

Pierre Khalfa fait partie des lecteurs intéressés par Puissances du salariat (1998), puis en désaccord avec les propositions nouvelles que j’ai progressivement approfondies, avec des tâtonnements qu’il signale pour certains à juste titre, dans L’enjeu des retraites (2010), L’enjeu du salaire (2012) et Émanciper le travail, entretiens avec Patrick Zech (2014). Il avait été un des premiers responsables syndicaux à me demander de présenter mon travail dans une formation syndicale de Solidaires à la fin des années 1990 et nous avons participé en 1999, comme il le rappelle, à un ouvrage collectif de la Fondation Copernic naissante contre la réforme des retraites. Depuis ces dernières années, il critique une évolution de mon travail qu’il considère comme une dérive tant théorique que politique. De fait, je récuse comme « conduite d’évitement » une série de mots d’ordre syndicaux (mais ni la lutte pour la hausse des salaires, ni la promotion des services publics, comme il le laisse entendre). Cette divergence sur la stratégie syndicale est essentielle. Commençons par l’examiner, et nous verrons que c’est la clé de nos divergences théoriques.

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Mutations du travail et revenu social garanti comme revenu primaire (Jean-Marie Monnier , Carlo Vercellone)

La crise systémique qui traverse le capitalisme contemporain nous impose de penser non seulement des alternatives sur le plan des politiques de court terme, mais aussi des réformes structurelles susceptibles de poser les jalons d’un modèle de société alternatif. Dans ce cadre, pour répondre à l’épuisement de la société salariale fondée sur ce qu’André Gorz nommait le « travail-emploi », la proposition d’un revenu ou salaire social garanti, inconditionnel et indépendant de l’emploi, pourrait avoir un rôle important – à condition de bien préciser ses fondements et le projet de société dans lequel il s’inscrit.

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Travail collectif, valeur et revenu : l’impossible dissociation (Jean-Marie Harribey)

Par certains côtés, on peut se réjouir que, derrière les questions du travail et des revenus, vienne enfin au grand jour celle de la valeur, qui hante l’économie politique depuis ses origines, qui est niée par toute la science économique officielle, mais connaît une nouvelle actualité aujourd’hui. Cela parce que les finalités du travail sont remises en cause par la crise sociale et la crise écologique, parce que les conditions d’exploitation du travail et de la nature arrivent à un point extrême et parce que la répartition des revenus qui résulte de la domination du capital atteint des sommets d’injustice et d’insoutenabilité. L’origine de la valeur et son affectation sont alors sur la sellette. Ce regain d’intérêt mérite d’être approfondi, car les propositions de revenu universel, de salaire à vie et autres mesures de transformation de la protection sociale risquent de nous faire revenir en arrière à cause de leurs présupposés mal assurés.

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Revenu d’existence, une nouvelle piste pour les politiques néolibérales (Stéphanie Treillet)

Le « revenu d’existence » (RE), ou « allocation universelle », semble avoir le vent en poupe. Une vague de rapports, tribunes, et projets d’expériences locales dans différents pays contribue à installer l’idée qu’il faudrait voir là la solution à l’échec patent des politiques de l’emploi et à l’extension du chômage et de la précarité. Pourtant nombre de questions, théoriques, politiques et pratiques, soulevées par ces propositions, restent obstinément sans réponse, ou appellent des réponses inquiétantes.

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Le régime des intermittents du spectacle, un modèle porteur dans une économie de la contribution ? (Olivier Landau)

Comme dirait le philosophe Bernard Stiegler, nous vivons dans une « absence d’époque ». Dit autrement, le changement d’époque que nous vivons est violent, rapide et transforme en profondeur notre société. Le numérique, la computation, la société de l’information donnent une place prépondérante au calcul dans la gestion de nos vies quotidiennes, de nos emplois, de la cité, des entreprises…

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Débats

Les nouvelles formes de la parole démocratique (Denis Sieffert)

Le quinquennat de François Hollande aura eu au moins un avantage : il aura hâté une prise de conscience collective sur la crise de la démocratie. Celle-ci en vérité préexistait au mandat de l’actuel président. Mais la perspective d’une victoire de la gauche en mai 2012 entretenait l’illusion d’une alternative tempérant au moins un peu le néolibéralisme de la droite. Une illusion largement alimentée par le discours du candidat, auteur d’un fameux « mon adversaire, c’est le monde de la finance », et d’une promesse de renégociation du traité budgétaire européen. On sait ce qui est advenu de ces propos de campagne.

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Le FSM à Montréal : Le défi de rassembler les luttes (Claude Vaillancourt)

Les forums sociaux mondiaux (FSM) se sont peu à peu détachés de ce qu’ils étaient à l’origine : une réaction des mouvements sociaux, réunis à Porto Alegre, au Brésil, au Forum économique de Davos. Ils se sont tenus par la suite en d’autres lieux et à d’autres moments dans l’année. L’édition de 2016 a tenté une expérience particulière : pour la première fois, le FSM se déroulerait dans un pays du Nord.

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Le transfert de la compétence GEMAPI, une malfaçon législative de plus (des membres de la commision Eau)

Le transfert de la compétence GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) fait partie de la réforme territoriale portée par les lois MAPTAM (Modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) de 2014 et NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) de 2015. Cette réforme territoriale, voulue par les gouvernements de droite et de gauche qui se sont succédé depuis près de dix ans, se propose de simplifier et rationaliser la décentralisation à la française. Cependant, les délais très courts d’application de la réforme et une prise en compte bâclée de l’histoire et des spécificités des territoires impactés font courir le risque que l’exercice des compétences par les collectivités locales et territoriales soit gravement perturbé pendant les quatre ou cinq années à venir.

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La transformation néolibérale revisitée, (Michel Cabannes)

Le néolibéralisme fait l’objet d’un nombre croissant de travaux, notamment en raison de son renforcement depuis la crise et de son impact négatif sur la démocratie. Dans cette perspective, Pierre Dardot et Christian Laval présentent dans leur dernier ouvrage Ce cauchemar qui n’en finit pas une actualisation de leur analyse de La nouvelle raison du monde.

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Le débat sur l’école : le camp progressiste doit se battre sur deux fronts (Alain Beitone, Raphaël Pradeau)

Il est sans doute inutile de souligner l’importance que joue l’école dans le débat social et politique. Les contenus des discours des candidats à l’élection présidentielle suffiraient à souligner l’importance de l’enjeu, sans compter les innombrables articles de presse et publications plus ou moins polémiques qui paraissent, surtout en période de rentrée scolaire. Fort heureusement, il existe une abondante production scientifique sur les questions scolaires dans laquelle il est possible de puiser pour tenter d’y voir clair.

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Revue des revues

Revue des revues 11 (Jacques Cossart)

Les institutions de Washington, Banque mondiale et Fonds monétaire international, disposent d’une panoplie considérable d’études sur la marche du monde et emploient de très nombreux économistes, souvent de qualité. Il eût été étonnant que certains d’entre eux ne finissent par faire partager leur interrogation à propos de la pertinence du Consensus de Washington. Bien entendu, ni le FMI ni la Banque mondiale ne reconnaissent, officiellement, devoir aller à Canossa. Quand même, l’ancien économiste en chef, Olivier Blanchard, précise « il n’y a pas revirement doctrinal, mais évolution ». Quant au nouveau, il confirme qu’il s’agit d’évolution et non de révolution.

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