Luttes contre la mainmise de la finance et solidarité avec la Grèce au Forum social mondial de Tunis

vendredi 27 mars 2015, par Fréderic Lemaire

Lors du Forum social mondial de Tunis qui se tient actuellement à Tunis, plus de 1 000 activités réunissent des participants venus du monde entier. L’objectif : échanger sur leurs expériences, leurs projets et construire des ponts entre les mouvements de résistances et les alternatives qui se développent partout dans le monde. Attac a participé, entre autres, à l’organisation de deux séries d’activité sur la lutte contre la mainmise de la finance et les résistances contre les politiques austéritaires, après la victoire de Syriza en Grèce.

La première a rassemblé de nombreux mouvements qui se mobilisent contre l’emprise croissante de la finance sur nos sociétés. Les ateliers ont abordé la capture des gouvernements par les grands groupes financiers, qui, malgré la crise, s’opposent avec succès à toute remise sous contrôle de leurs activités, à la séparation bancaire ou à toute mesure de lutte contre la spéculation. Ainsi, en Europe et aux États-Unis, les timides projets de régulation de la finance sont réduits en pièce par l’action des lobbies financiers.

Il a aussi été question l’impact de l’extension du domaine de la financiarisation dans les pays du Sud, dont les ressources naturelles attisent les intérêts et sont matières à spéculation. On savait que la dette était déjà un outil de discipline des gouvernements qui se voyaient imposer des plans d’ajustement structurels ; elle est aussi un instrument pour soumettre les populations les plus pauvres, un « marché » comme un autre à travers des innovations comme le microcrédit, dont le caractère prétendument « social » dissimule mal les effets pervers.

Concernant la Grèce, il s’agissait de faire le point sur la situation auquel fait face le gouvernement Syriza : quelles marges de manœuvres, face à l’inflexibilité, voire l’aveuglement coupable des créanciers ? Quel rôle pour le comité d’audit de la dette, commandité par le Parlement grec ? Quels enjeux pour les mouvements sociaux et les luttes contre l’austérité dans toute l’Europe, au Sud comme au Nord ? Les rencontres ont été l’occasion d’échanges entre les premiers concernés, experts participant au comité, membres de Syriza, représentants d’initiatives de solidarité concrète en Grèce et bien sûr mouvements sociaux venus de l’Europe et du monde.

Partant de ces premiers échanges et discussions, les nombreux mouvements, organisations et participants des activités se rassembleront lors des assemblées de convergence sur les luttes contre l’austérité et sur les résistances à la mainmise de la finance, qui se tiendront le samedi 28 mars. Déjà, de nombreuses propositions, initiatives et stratégies sont sur la table ; elles seront débattues et devront aboutir à des programmes d’action communs pour les mouvements sociaux, pour se donner ensemble les moyens de résister… et d’imposer, contre les diktats des multinationales, des créanciers et des élites politiques corrompues, les alternatives solidaires, démocratiques, écologiques portées par les mouvements sociaux du monde entier !

P.-S.

Photo : Olivier Tétard, licence Creative Commons BY-SA.