Geneviève Legay : « Je mènerai le combat jusqu’au bout »

jeudi 24 septembre 2020, par Attac France

4 questions à Geneviève Legay, après la publication par Mediapart du rapport de l’IGPN sur la charge policière à l’origine de ses blessures

1) Comment vas-tu, presque un an et demi après avoir été blessée par une charge policière lors d’une manifestation de gilets jaunes le 23 mars 2019 à Nice ? Gardes-tu encore des séquelles ?

Au niveau médical, la vue n’est pas bonne donc je titube toujours, le goût je n’ai que le salé/sucré et je vais toujours chez le kiné vestibulaire et l’orthoptiste depuis plus d’un an. Je suis donc toujours handicapée. De plus, j’ai zéro odorat mais je sens une odeur sans arrêt, 24h sur 24, une sorte d’hallucination olfactive appelée phantosmie. Par ailleurs, je vais toujours chez un psy, cet été j’ai fait une dépression.

2) Quelle est ta réaction après que l’IGPN ait reconnu que la charge policière à l’origine de tes blessures était « disproportionnée » et « inadaptée » face à une foule « calme » ?

Quand on voit que l’IGPN ne reconnait quasiment aucune violence policière habituellement, ça m’a mis du baume au cœur, ça permet de positiver. Au regard de ce qu’il se passe depuis quelques temps, l’IGPN a fait son travail pour une fois, j’espère que la justice en tiendra compte.
Quant au capitaine de gendarmerie qui a refusé de participer à la charge, je le remercie et le félicite d’avoir su refuser un ordre illégitime, comme c’est permis dans la fonction publique, car ce n’est pas évident. L’ayant fait moi-même en tant que fonctionnaire, je connais le poids à porter face aux directions.

3) Quelles suites attends-tu désormais ? Quelles sanctions pour le commissaire Rabah Souchi ? Et pour les autres ?

Quand je suis arrivé sur la place Garibaldi, j’ai vu ce commissaire, je me suis tout de suite dit « mais c’est un fou ». Le rapport de l’IGPN le confirme, ce qu’il a fait est totalement insensé. Il ne se passait absolument rien. De plus, il est inadmissible qu’il ait interdit aux street medics de m’approcher pour me soigner en attendant les secours qui sont arrivés 10 minutes plus tard. Il les a même mis en garde à vue 10h ! C’est de la non-assistance à personne en danger.
J’espère des sanctions, et même une radiation du commissaire Souchi. Mais j’ai toujours dit depuis le début que Souchi répondait à des ordres, ceux du directeur départemental de la sécurité publique Jean-François Illy, du préfet...
Illy, le préfet, Castaner et Macron doivent rendre des comptes, c’est eux qui ont donné les ordres et c’est leur politique qui a causé ça ! La commissaire Pedoya, compagne de Souchi, qui a tenté de le couvrir, doit aussi rendre des comptes. Quand je pense qu’ils ont osé remettre une médaille à Souchi au lieu de le sanctionner ! Quelle ignominie de le décorer, c’est insupportable.

4) Quelles nouvelles as-tu de la justice ? Quand peut-on espérer un procès ?

Le 30 janvier, quand j’ai rencontré la juge, elle n’avait pas connaissance du rapport du capitaine de gendarmerie, 7 mois après les révélations de Mediapart ! Franchement, je veux bien qu’il manque du personnel, mais n’y a-t-il pas une volonté délibérée de cacher les choses ? Depuis cette rencontre, je n’ai plus eu de nouvelles. De plus mon avocat Arié Alimi a demandé une reconstitution, ce qui a été refusé pour le moment !

Je mènerai le combat jusqu’au bout. Pas pour moi, mais pour offrir une victoire aux gilets jaunes et à tou·te·s celles et ceux qui luttent.

P.-S.

Propos recueillis par Raphael Pradeau

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